Chantier
de Richard Bachman, Stephen King

critiqué par FightingIntellectual, le 6 juin 2004
(Montréal - 36 ans)


La note:  étoiles
L'héritage de Dostoïevsky
Qu'on le veuille ou non, King est un grand. Sous son vrai nom, il se veut le prolongement logique de l'oeuvre de H.P Lovecraft et de Edgar Allen Poe. King est le maître de l'horreur contemporain.

Cependant sous son pseudonyme de Richard Bachman, sa perspective du récit change. Il s'attaque beaucoup plus au côté psychologique du personnage, essayant de mettre des mots sur des états d'esprits qui nous semblent a première vue complètement barjos. J'avais adoré l'impénétrabilité adolescente de Garraty dans "Marche Ou Crève" Cette impénétrabilité qui cache souvent cette angoisse face au vide.

Dans "Chantier" ou "Roadwork" en anglais, le personnage y est tout le contraire. De manière similaire et non identique au souterrain de Dostoïevsky, Bart Dawes se confie peu à peu, dévoile sa vie et ses traumatismes à un auditeur absent. La marche solitaire de Dawes vers le néant est poignante, voire terrifiante. King réussit à faire voir le point de vue de celui qui va contre la société , contre son "progrès".

En fait, Barton Georges Dawes travaille dans une blanchisserie depuis très longtemps. Cette entreprise est toute sa vie, son voisinage et ses amis forment la totalité de son univers. Mais un jour, lorsque la ville met a jour le projet de rallonger la route 784 au prix de démolir sa maison et son usine, Dawes se met au travers de leur chemin. Refusant d'être relocalisé et de changer de bâtiment dans son usine, Bart Dawes se bat pour son idéal et ses points de repères dans la vie... plus il les perd, plus il sombre.

Coup de maître mésestimé de King qui, tel le grand Dostoïevsky, nous donne un aperçu du point de vue du différent dans une foule homogène.

À lire!
Sans fantastique 10 étoiles

Ce livre m'a fait beaucoup de peine. Bart est attaché à cette maison où a grandi son fils, trop tôt disparu. Et on veut la détruire pour une autoroute, personne ne voit ou ne veut vraiment s'en préoccuper, voir que Bart sombre dans la dépression. J'ai toujours le marque page quand King nous explique x façons de pouvoir se donner la mort ...
Une histoire en apparence simple, un lieu et un homme. Pas de fantastique mais une histoire humaine. J'ai beaucoup aimé

Marlène - Tours - 41 ans - 17 décembre 2011


La goutte de trop 5 étoiles

"Chantier" pourrait être inspiré d'un quelconque fait divers d'un journal local. C'est l'histoire d'un homme qui a perdu son fils (mort d'une tumeur), son travail et bientôt sa maison à cause des travaux de construction d'une bretelle d'autoroute. Pourquoi ne veut-il pas accepter l'offre du gouvernement et partir refaire sa vie ailleurs ? Si l'idée de départ est intéressante ; le récit piétine. Je me suis un peu ennuyé.

Kalie - Sarthe - 49 ans - 5 décembre 2010


Puissant 9 étoiles

Un énorme roman, à la lisière du thriller psychologique (le héros a un beau vélo dans sa tête, faut avouer) et de la satire économico-sociale. Un des meilleurs King/Bachman. Il faut le lire, même si certains passages peuvent sembler un peu longuets et peu utiles au déroulement de l'intrigue.

Bookivore - MENUCOURT - 36 ans - 30 mars 2008


Bachman 8 étoiles


Mes deux Stephen King préférés sont « Chantier » et « Marche ou crève ». Ils sont vraiment excellents tous les deux bien que sans points communs apparents. Pourtant, des points communs, plus discrets donc, il doit bien y en avoir puisque Fightingintellectual lui non plus, ne peut pas parler de l’un sans évoquer l’autre… De l’excellent Richard Bachman, donc. A conseiller sans réserve.
4 étoiles polar

Sibylline - Normandie - 68 ans - 14 septembre 2004