Les prénoms épicènes de Amélie Nothomb

Les prénoms épicènes de Amélie Nothomb

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Catinus, le 26 août 2018 (Liège, Inscrit le 28 février 2003, 67 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 7 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (20 765ème position).
Visites : 1 991 

Un bon p'tit roman sympa !

Après avoir lu les trente premières pages, je me suis dit : « Attends, mon p’tit père ! ». J’ai regardé la couverture du livre : « Amélie Nothomb - Les prénoms épicènes- » On y voit même un portrait de l’auteur ( je dis un portrait d’où : « ceci n’est pas Amélie Nothomb ! ») >>> « Oui, pas de doute possible, c’est bien le dernier-né d’Amélie ». Reprenons la lecture… Elle y parle d’une certaine Dominique, d’un certain Claude, de leur fille nommée Epicène. De la haine, qui est le thème du roman. La suite, pas d’embrouille, ça se lit comme du p’tit lait, … pardon, du champagne.

Une p’tite remarque en passant, comme ça, bien fait vite fait : dans un roman, un excès de dialogue, c’est quand même un peu une solution de facilité, non ?
Un bon p’tit roman sympa !

Extraits :

* La nuit, il lui arrivait de se réveiller en proie à des crises de haine : non seulement elle ne se rendormait pas mais en plus elle souffrait autant que si elle avait eu du poison dans le sang. Quand on a été mordu par un serpent, il faut aspirer le venin et le recracher. « Comment procéder quand la morsure est située partout en soi ? » se demandait-elle.

* Ses condisciples déploraient qu’une si belle fille fût à ce point inaccessible. Elle en souffrait aussi. Quand elle était attirée par quelqu’un, elle se sentait retenue par une force qui la clouait au mur. Elle consacra sa thèse au verbe « to crave »(*), de son apparition à nos jours. Sceptiques, les professeurs tentèrent de la dissuader : « Vous ne tiendrez pas la distance avec un pareil sujet. » Elle ne se laissa pas intimider. Elle répondit :
- Ce verbe, c’est moi.
- Et quel est ton complément ?
- Si je le savais !
(*) to crave : avoir un besoin éperdu de.

* Il y a un poisson des abysses qui s’appelle le cœlacanthe : quand il n’a plus les moyens de vivre, il programme sa mort. Il se met en mode comateux jusqu’à ce que les conditions de sa vie se rétablissent. Le temps n’existe plus pour lui.

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Peut mieux faire

6 étoiles

Critique de Le rat des champs (, Inscrit le 12 juillet 2005, 68 ans) - 12 janvier 2019

Comme trop souvent chez Amélie Nothomb, on a des personnages caricaturaux à l'extrême, le pervers narcissique de service, l'une ou l'autre oie blanche qui réussiront à tirer leur épingle du jeu, se montrant plus futées qu'on ne l'aurait cru, et un sens de la psychologie au ras des pâquerettes. Vite lu, vite oublié. Et à part ça? Euh, rien.Sauf que l'auteure maîtrise à la perfection l'art de l'imparfait du subjonctif. Qu'eussiez-vous désiré que je vous disse de plus?

Encore un pneu pas assez gonflé

6 étoiles

Critique de Pacmann (Tamise, Inscrit le 2 février 2012, 54 ans) - 3 janvier 2019

C’est sans doute l’absence de nuance qui caractérise le plus ce dernier roman de l’auteur belge. Ce n’est pas de l’étonnement qui m’habite mais j'observe le paroxysme d’un de ses principaux défauts qui apparaît dans ce livre au grand jour.

Après le très bon « Frappe-moi le cœur », Amélie Nothomb retombe dans ses travers et dans le manque d’ambition romanesque. Dommage !

Je n’ai pas cependant dit que c’était le plus mauvais de ses romans, mais il ne surprendra personne et on t’attend encore Amélie pour nous étonner … s’il te plaît ! Je reste tout de même un pneu confiant pour l'avenir

De bonnes idées traitées de manière grossière

5 étoiles

Critique de Veneziano (Paris, Inscrit le 4 mai 2005, 41 ans) - 30 octobre 2018

Je suis très partagé. L'idée générale m'est apparue intéressante, mais je la trouve mal traitée. Les illusions du couple, l'hypocrisie de l'amour polluée par l'arrivisme, les conséquences subséquemment néfastes sur la progéniture, l'attrait factice pour le luxe et la vie bourgeoise constituent des thèmes classiques, mais complexes à un point qu'ils restent inaltérables et peuvent être développés sans fin. Le démarrage du roman m'a donc bien plus.
Mais que de glauque ! Quelle psychologie grossière pour des personnages taillés à la hache ! et quelle vision sectaire de la bourgeoisie qui ne peut pas correspondre à une réalité sociale univoque et monocolore ! Tout cela est malencontreusement bâclé et risque de laisser peu de souvenirs, alors que je logeais d'assez grands espoirs dans un projet prometteur. C'est bien dommage. Cette rédaction hâtive détruit presque tout.

Nouvelle...

5 étoiles

Critique de Cecezi (Bourg-en-Bresse, Inscrit le 3 mars 2010, 38 ans) - 5 octobre 2018

Bon, ça y est, je l'ai lu à mon tour...
Il s'agit simplement d'une nouvelle, aux personnages stylisés, caricaturaux et brossés à gros traits, qui pose à sa façon des problématiques intéressantes (vengeance, amour, sens de la vie, lien mère/fille)...
C'est vite lu, et pas désagréable à lire...
A quand un retour vers l'autobiographie ? A quand quelque chose d'un peu plus ambitieux ?

Amour et Haine

9 étoiles

Critique de Ddh (Mouscron, Inscrit le 16 octobre 2005, 77 ans) - 27 septembre 2018

Claude, Dominique sont des prénoms épicènes : ils peuvent être attribués tant à une fille qu'à un garçon.
Dominique en pince pour Jean-Louis mais celui-ci est séduit par Reine qu'il épouse ; ce couple s'enrichit de trois enfants : Florence, Éléonore et Caroline. Dominique se marie avec Claude et ils appellent leur fille Épicène, évidemment ! Mais les caractères sont tranchés, l'amour se fait déborder par la haine. Les sentiments s'escaladent au fil des pages et frisent la violence.
L'auteure n'oublie pas son amour de la langue française : quel bonheur de retrouver un subjonctif imparfait employé à bon escient !
De nombreux dialogues apportent de la vivacité qui convient à l'atmosphère générale où les nuages sont lourds et chargés d'orages.

Très bon cru

10 étoiles

Critique de Faby de Caparica (, Inscrite le 30 décembre 2017, 57 ans) - 28 août 2018

Bonjour les lecteurs ….
Une rentrée sans le roman d'Amélie Nothomb n'est pas une rentrée.
Ce livre d'à peine 150p est attendu chaque année avec impatience par tout son fan club.
Cette fois, l'auteure aborde la relation père/fille tout en maintenant ses thèmes de prédilection à savoir la manipulation et la vengeance, l'amour et la haine.
Claude vient de subir un revers amoureux, il n'aura de cesse de se venger et va se servir de Dominique pour arriver à ses fins.
Dominique, femme très belle mais peu sûre d'elle, tombe sous le charme de ce séducteur, ils auront une fille Epicène.
Claude, d'entrée de jeu, déteste sa fille.
La mère et la fille, très fusionnelles pendant des années, vont cependant s'éloigner l'une de l'autre ...
Epicène va cultiver la haine de son père.
Les pions sont posés, le décor planté
Difficile d'en dire plus sans dévoiler le déroulement machiavélique de ces 150 pages.
L'écriture est brève, directe et nous happe d'entrée de jeu.
Il est difficile de ne pas lire ce roman d'une traite.
Que dire de plus?
Un bon cru selon moi où l'on retrouve les sujets favoris de l'auteure.
J'y ai vu une similitude avec " Frappe-toi le cœur" ( où là c'était une relation mère/fille qui était complexe).
Petit bémol: Je déplore l'époque où ses romans étaient plus touffus et où le plaisir se savourait un peu plus de 2h !
Néanmoins, à déguster sans modération ( avec champagne ou pas ) et n'oubliez pas de vous prendre au jeu.: dans chacun de ses récits, Amélie glisse le mot " pneu" .. à vous de le découvrir

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