ADN, quand les gènes racontent l'histoire de notre espèce
de Adam Rutherford

critiqué par Colen8, le 13 août 2018
( - 78 ans)


La note:  étoiles
Généalogies assistées par ADN
Le séquençage complet du génome humain entrepris à l’échelle mondiale, partiellement abouti depuis une quinzaine d’années a ouvert un immense domaine au savoir dans lequel s’engouffrent non seulement médecine, biologie, statistiques et informatique, mais aussi histoire et préhistoire. Ainsi, génomique et génétique mises au service de la paléoanthropologie sont venues enrichir le récit de nos origines en apportant leur lot de découvertes, inattendues pour certaines voire controversées. Les génomes anciens gardent les traces des migrations en ce qu’ils permettent de remonter aux ascendances par le chromosome masculin Y, et par l’ADN mitochondrial féminin et de réécrire tout ou partie de l’Histoire.
Après la sortie d’Afrique d’Homo Sapiens il y a 100 000 ans et sa dispersion dans le bloc continental eurasiatique on a longtemps cru à sa seule rencontre avec l’homme de Neandertal déjà présent en Europe depuis des centaines de milliers d’années jusqu’à l’identification d’autres groupements, celui de Denisova en Russie, celui des petits hommes de Florès en Indonésie. Les individus vivant il y a 3 400 ans environ après avoir hérité au passage de gènes de leurs divers prédécesseurs sont à l’origine des 7 milliards que nous sommes aujourd’hui, dont chacun peut quasiment retrouver une tête couronnée dans son ascendance.
Au vu de l’analyse génomique la notion de race ne veut rien dire, les différences de morphologie comme de couleur de peau observables étant par trop superficielles et fluctuantes sur la durée au gré de l’environnement. Le mystère du génome humain, sa complexité, sa richesse, son évolution sont encore loin d’être révélés. Déjà il y a eu la surprise de ne compter que 20 000 gènes quand on s’en imaginait facilement 100 000, que 2% de partie codante pour les protéines qui dessinent le vivant. L’épigénétique traduisant le développement et l’acquis par rapport à l’inné purement génétique remplace le déterminisme par des facteurs probabilistes. Peu de maladies dites génétiques sont la résultante d’un gène unique. Une seule conclusion s’impose : au travail !