Contre toute évidence
de Tami Hoag

critiqué par Jfp, le 12 août 2018
(La Selle en Hermoy (Loiret) - 70 ans)


La note:  étoiles
délit de sale gueule
Un meurtre horrible est commis dans une famille de Minneapolis. Des témoins ont vu sortir un individu marginal à la mine patibulaire, connu dans le quartier pour sa violence et son peu de respect de la loi. Bref, il n'en faut pas plus pour faire de lui l'ennemi public numéro un, que policiers et journalistes vont pourchasser sans se poser trop de questions. Parmi eux, Sam Kovac, flic hors pair et colérique, croit dur comme fer à sa culpabilité, au vu de ses antécédents. Seule la juge Carey Moore, qui croit pourtant comme les autres à sa culpabilité, refuse de prendre en compte ses délits passés, au nom d'un certain sens de l'équité. Il n'en faut pas plus pour qu'elle se mette à dos cette communauté, blanche et propre sur soi, qui ne songe qu'à renouer avec les vieilles traditions de lynchage ayant fait sa gloire à l'époque de la ségrégation. La suite n'est qu'un maelström savamment organisé pour tenir le lecteur en haleine de bout en bout. Et ça fonctionne ! L'attention ne se relâche pas un instant, et l'on attend avec impatience de voir comment Sam et Carey, ces deux êtres que tout oppose, tant au social qu'au mental, vont résoudre le conflit qui les oppose. Un polar réussi, haletant à souhait, même si on se demande parfois si l'auteure n'en rajoute pas un peu dans la démesure, en multipliant les fausses pistes, les personnages glauques, perdant ainsi au passage le réalisme social qui aurait pu faire l'intérêt de l'ouvrage.