Et si Platon revenait...
de Roger-Pol Droit

critiqué par Colen8, le 17 juillet 2018
( - 78 ans)


La note:  étoiles
Au nom du Vrai, du Juste, du Bien, du Beau, et après ?
Inutile de le faire revenir nous dit Roger-Pol Droit, Platon n’ayant jamais quitté la scène. Vingt-cinq siècles de lectures, commentaires, interprétations n’ont pas épuisé son héritage. L’élève de Socrate, l’auteur des innombrables dialogues reste un inconnu aux multiples facettes que chacun tente de s’approprier au gré de sa compréhension. Aristocrate jeune et beau, sportif de haut niveau, philosophe, écrivain, conteur, poète, il délivre une œuvre fluide, ambiguë mais dans laquelle il n’exprime aucune doctrine précise. C’est une œuvre qui questionne, invite à lever la tête par-delà les apparences trompeuses de la caverne d’ombres qu’illustre si bien le web d’aujourd’hui.
Née en Grèce la démocratie n’en est pas moins vilipendée par Platon pour avoir condamné par préjugé un innocent en la personne de Socrate. De là vient sa préférence pour la Cité radieuse gouvernée par le philosophe roi, seul maître de la connaissance, établie sur les idées d’ordre et d’obéissance qui ont influencé tous les totalitarismes ultérieurs, hélas ! La métaphore du château de cartes, illustrée par la série américaine « House of Cards » révèle que le monde est fait de paradoxes, d’équilibres instables, de chaos et d’anarchie, de confrontation des opinions et des idées. Comme il est par là impossible à réorganiser sans contrainte ni entrave à la liberté, il revient à chacun en son âme et conscience de composer comme il peut avec l’incertitude.
La philosophie n’est pas une recette de bonne conduite, pas davantage un gage de bonheur terrestre. Elle est un cheminement interpersonnel au fond de soi-même, avec et au milieu des autres. Ecrite dans un style vif, clair et spontané sous la forme de chroniques, prenant ses exemples dans l’actualité, c’est une navigation proposée par Roger-Pol Droit au sein de l’œuvre foisonnante d’un géant de la pensée qu’il admire profondément.