Biologie du pouvoir de Jean-Didier Vincent

Biologie du pouvoir de Jean-Didier Vincent

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Scientifiques , Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités

Critiqué par Colen8, le 28 juin 2018 (Inscrite le 9 décembre 2014, 77 ans)
La note : 7 étoiles
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Une alchimie complexe

Le neurobiologiste navigue avec une aisance sans pareille pour décrire l’animation des structures sous-jacentes à ce qu’il nomme le cerveau social, animation observable par les techniques d’imagerie IRMf, tDCS, TEP(1). Au risque de noyer parfois le lecteur il détaille l’effet des neurotransmetteurs et des hormones s’exprimant chez les vertébrés dans leurs émotions, leurs actions, leurs vies sociales, enfin leurs pensées lorsqu’il s’agit des humains.
La sérotonine intervient dans la formation d’une hiérarchie sociale, la dopamine dans celle du circuit du désir, du plaisir et de la récompense. Le rôle de l’ocytocine est primordial dans les relations sociales et dans les comportements d’attachement, celui des neuropeptides W montre une implication dans la perception de la dominance déjà présente chez le jeune enfant. La testostérone trop souvent associée à l’agressivité est engagée dans la conservation du cerveau social tout au long de la vie.
Grâce au nombre croissant d’expérimentations sur les neurosciences la complexité des interactions respectives de ces molécules, leur impact sur le leadership, mais aussi sur l’empathie et la solidarité ou a contrario sur la méchanceté synonyme de cruauté, voire sur l’entretien de la crainte se révèlent au gré des publications.
L’irruption du numérique (big data) et de la technologie chère aux transhumanistes est à prendre avec précaution d’autant que les algorithmes peuvent être des boites noires dont on ne maîtrise pas toujours la pertinence. Parallèlement l’addiction aux écrans tendrait à rendre dérisoire les rôles des politiques.
Des considérations d’ordre historico-philosophique dans la seconde partie font intervenir Georges Balandier, Günther Anders, mais aussi Thomas Hobbes, Machiavel ou Michel Foucault, car depuis l’Antiquité les exemples de monstres tyranniques régnant par la terreur ont été légions.
(1) Imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, stimulation transcrânienne par courant direct, tomographie par émission de positons

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