Keila la Rouge
de Isaac Bashevis Singer

critiqué par Veneziano, le 9 juin 2018
(Paris - 42 ans)


La note:  étoiles
Pour l'amour d'une ancienne prostituée
Bunem, jeune Juif aussi sérieux qu'austère et rangé du Varsovie de l'entre-deux-guerres, tombe amoureux de Keila, flamboyante rousse exubérante, connue pour s'être illustrée dans trois bordels de la ville. Or, Bunem est marié, ce qui ne l'empêche pas de tomber amoureux d'elle, et même éperdument. Elle l'est également, tant mariée que tourneboulée par lui. La morale et la religion s'en mêlent, l'ancienne prostituée ayant tenté de faire amande honorable, sans avoir renié son passé sulfureux encore récent. Tous les oppose a priori, mais les qualités et gentils défauts de l'autre les attirent comme un aimant, alors que la constitution du ghetto dans la capitale polonaise les pousse à fuir, tout autant que le caractère hautement atypique de leur union. C'est ainsi qu'ils décident de partir pour les Etats unis.
Ces deux époux non divorcés, fraichement immigrés, s'installent en couple dans la grouillante New York qui semble pouvoir engloutir tous les nouveaux venus. Ce n'est pas pour cela que les rebondissements s'arrêtent. Après leur installation mouvementée, ils reprennent de plus belle, leur passé en Europe les rattrapant, tout cela pour arriver à une chute tout aussi incongrue, au terme d'une intrigue foisonnante, voire touffue et rocambolesque. Les rires et les pleurs alternent dans cette tragicomédie mouvementée, que je vous recommande.