Rocher rouge
de Éric Borg (Scénario), Michaël Sanlaville (Dessin)

critiqué par Pucksimberg, le 8 mai 2018
(Toulon - 39 ans)


La note:  étoiles
Une BD de genre réussie
Des jeunes gens, amateurs d'émotions fortes, passent trois jours sur une île tropicale reculée. A eux de vivre comme ils l'entendent et de se débrouiller dans ce cadre idyllique. Les pulsions se libèrent et le plaisir est accru dans cet espace paradisiaque qui invite à la nonchalance et à l'assouvissement de certains désirs. Cette île qui pourrait rappeler le lieu idéal de certaines émissions de télé-réalité devient ici un espace clos, éloigné du continent et sujet à certaines croyances inquiétantes : celle du Maboukou, créature monstrueuse qui décapite et mange la tête des hommes.
Ces vacances ne seront donc pas de tout repos. Ce ne sera pas que sea, sex and sun ... Il y aura du blood aussi.

Cette bande dessinée est très bien ficelée et parvient à happer rapidement le lecteur. On pense à certains films d'horreur à la mode et cette production ne démérite pas. L'histoire est bien construite. Les deux artistes prennent le temps de planter le décor, de présenter les personnages. Le lecteur découvre assez vite comment le sexe semble au centre de toutes les relations. Certains personnages semblent assez déséquilibrés et deviennent vite suspects à nos yeux. Tout est mis en place pour que les actes violents interviennent et interrogent le lecteur. Le bande dessinée se lit d'une traite et permet de passer un bon moment. Elle appartient à un genre qui est souvent sous-estimé, pourtant elle possède de grandes qualités et saura plaire à un public amateur du genre.

Les expressions des personnages sont parlantes. Et beaucoup de choses passent par le regard. Leurs réactions sont aussi réalistes, comme leur langage. L'on pourrait tout à fait penser à certains individus d'aujourd'hui. Derrière cet univers horrifique c'est une certaine fange de la jeunesse qui est dépeinte.
Cette bande dessinée est réussie et répond bien aux codes de ce genre.