Soeurs de Bernard Minier

Soeurs de Bernard Minier

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Darkvador, le 18 avril 2018 (Falck, Inscrit le 1 février 2012, 52 ans)
La note : 10 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 016ème position).
Visites : 2 844 

Son meilleur roman!!

Après avoir complètement raté "NUIT" sont dernier roman : Avec son héros Martin Servaz qui était ridicule et surtout une incohérence de l'histoire avec le livre précédent : "Le cercle ", ainsi qu'une absence de scénario.. Car pour ma part après avoir lu le prélude j'avais tout compris.

Minier se rattrape avec "SOEURS" et de quelle manière!!! Il nous livre son meilleur roman. Plus fort que "Glacé ou "Le cercle".

L'histoire : Mai 1993. Deux soeurs, Alice 20 ans et Ambre 21 ans, sont retrouvées mortes. Vêtues de robes de communiantes, elles se font face, attachées à deux troncs d'arbre. le jeune Martin Servaz participe à sa 1ère enquête. Le dénouement de l’enquête laisse Servaz rongé par le doute. Il estime qu'une pièce essentielle lui manque.
Février 2018. L'écrivain Erik Lang découvre sa femme assassinée... Elle aussi vêtue en communiante. Servaz est rattrapé par l'affaire 25 ans après.

Minier a eu l'idée géniale de nous faire connaitre son héros Martin Servaz au tout début de sa carrière. Il a une vingtaine d'années. Il est encore marié et sa fille est encore très jeune. Il a les cheveux longs. Sa première enquête est sombre. Son équipe de l'époque aussi. Minier nous livre une garde à vue de 60 pages absolument époustouflante. Un pur chef d'oeuvre. On reste scotché et choqué. L'affaire semble être résolue du moins jusqu'en .....2018
On retrouve Martin Servaz avec tous ses travers, ses doutes et toute sa tête. Bref comme on l'aime (avec NUIT j'avais été très déçu de ce qu'il était devenu).
Rattrapé par l’enquête de 1993, il va tout reprendre à zéro. C'est jubilatoire. Toute son équipe est présente ainsi que tous ses autres personnages (comme Charlène) qui étaient pratiquement absents dans NUIT. Bien sûr Hirtmann son ennemi n'apparait pas mais son ombre plane tout le long du livre surtout sur la fin.

Minier est en grande forme. Très grande forme. La 4éme de couverture dit : Peur, Soumission, Mensonges, Manipulation. Tout est dit!
Il y a toujours autant de réflexion ou de citations superbes avec son style et son écriture dont il a le secret qui parcourt tout le livre. Pour le plaisir en voici 2 de Servaz qui fait qu'on aime ce personnage.

La 1ère très drôle : "Sur le mur , un seul grand poster sur lequel il était écrit : ACHTUNG BABY IT'S U2 IN PARIS , MAY 07,1992. Un groupe en concert. Servaz n'en avait jamais entendu parler".

La 2ème très sombre (mais vrai?) : "Selon certains spécialistes,la fin du monde avait bel et bien commencé l'année précédente.... La température ne ferait qu'augmenter d'année en année. Mais apparemment tout le monde s'en foutait.En particulier le crétin installé à la maison blanche.
Que l'humanité fut devenu folle, Servaz n'en doutait pas une seconde. La question était de savoir si elle l'avait toujours été : Cinglée, suffisante, autodestructrice -et si elle n'avait pas eu les moyens de son autodestruction qu'à une date récente."

Superbe je vous dis!!

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8 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 61 ans) - 24 juin 2019

1993 Martin Servaz, après de bons débuts dans la capitale, obtient rapidement un poste à la SRPJ de Toulouse grâce à un oncle bien placé. Ce qui ne plaît pas à tout le monde dans le service. Et encore moins quand Kowalski Léo, l’inspecteur principal le prend sous son aile .
Il va être, pour son arrivée dans le service, confronté à un meurtre particulièrement horrible et abject ; deux adolescentes, deux sœurs en tenue de communiante, ligotées à des arbres.
Très vite, l’enquête s’oriente vers un auteur de thrillers, Erik Lang, dont les jeunes filles étaient de grandes admiratrices ; d’autant plus troublant que certaines scènes sont extraites de l’un de ses romans.
Le disparition de l’un des suspects permettra de clore rapidement l’enquête même si Servaz ne semble pas convaincu par certaines culpabilités.

Aussi, quand 25 ans plus tard, il est appelé sur une scène de crime chez Lang, il ne peut empêcher ses souvenirs de remonter, de confronter les images du présent avec celles du passé. Surtout quand une autre robe de communiante est retrouvée sur la victime.

Contrairement aux critiques précédentes, je ne suis pas aussi enthousiaste surtout pour la première partie. J’ai trouvé quelques longueurs, et peu d’intérêt pour les histoires personnelles du héros.
N’ayant lu que Glacé de cet auteur, les évocations des titres précédents m’ont dérangée.
Il n’empêche que je salue le dénouement et les fausses pistes excellentes qui font douter le lecteur ;
la fin est véritablement bluffante.

Le serpent qui se mord la queue…

10 étoiles

Critique de Pierrot (Villeurbanne, Inscrit le 14 décembre 2011, 67 ans) - 13 avril 2019

Résumé :
Mai 19993. Deux sœurs sont retrouvées mortes en bordure de la Garonne. Vêtues de robes de communiantes et attachées à des troncs d’arbres.
C’est la première enquête du jeune Martin Servaz qui vient d’intégrer la PJ de Toulouse. Très vite il s’intéresse à Erik Lang, auteur de romans policiers à l’œuvre aussi cruelle que dérangeante. Les deux sœurs n’étaient-elles pas ses fans ? L’un de ses plus grands succès ne s’appelle-t-il pas La Communiante ? L’affaire connaît un dénouement inattendu, laissant Servaz rongé par le doute : Dans cette enquête, estime-t-il, une pièce manque, une pièce essentielle.
Février 2018. L’écrivain Erik Lang découvre sa femme assassinée… Elle aussi vêtue en communiante. Vingt-cinq ans après le double crime. Martin Servaz est rattrapé par l’affaire. Le choc réveille ses premières craintes. Jusqu’à l’obsession.
Une épouse, deux sœurs, trois communiantes…et si l’enquête de 1993 s’était trompée de coupable ?

Extrait :
C’était toujours la même chose, un enterrement. On sentait que les personnes présentes n’avaient pas envie d’être là. Parce qu’elles ne pouvaient s’empêcher de penser au jour où ce serait leur tour. Parce qu’une forme d’autoapitoiement était quasi inévitable. Parce que ça leur rappelait leur mortelle condition. Parce que personne n’aimait l’idée d’être mortel.
Bine sûr, les vieux étaient plus concernés que les jeunes, surtout ces adolescents qu’il apercevait et qui feignaient d’être tristes mais ne l’étaient pas vraiment, sans doute parce qu’ils se croyaient immortels ou presque. Ils devaient penser que la vie est longue alors qu’elle est brève. Il allait avoir cinquante ans. Il se demanda si la plus grande partie de son existence était derrière lui ou devant. Evidemment, la probabilité qu’elle fût derrière l’emportait largement, mais on ne pouvait exclure non plus qu’il devînt centenaire. C’était quand même une belle vacherie de ne pas savoir… Il aurait bien aimé connaître la date à l’avance. C’était le genre de pensée qui vient toujours aux enterrements, se dit-il.

Nota:
Cocktail : Les communiantes. Prenez trois fruits de la passion, trois oranges sanguine, un avocat, ajoutez-ci deux dattes, puis joignez-ci de l’eau-de-vie, mixez d’abord, brassez ensuite le contenu par un givré, et enfin servir froid …Un vrai délice !

Soeurs

8 étoiles

Critique de Joelabeille (, Inscrite le 17 juin 2018, 64 ans) - 17 juin 2018

Pas mal, pas le meilleur qui reste pour moi « Glacé », mais on retrouve avec bonheur Martin Servaz qui a évolué, et j’avoue qu’habitant Toulouse je suis avec délectation ses parcours dans la ville rose comme si j’y étais ! (J’ai même visualisé la villa dont il parle sur le golf!) L’intrigue est prenante, certaine(s) situation(s) un peu tirée(s) par les cheveux quand même.... mais au final on ne s’ennuie pas.
Ma note: 8/10

Confirmation

9 étoiles

Critique de Killing79 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 40 ans) - 5 juin 2018

Il y a quelques années, « Glacé », le premier roman de Bernard Minier m’avait laissé une très bonne impression. J’avais découvert un thriller efficace et surprenant. Depuis, sans véritables explications, je suis passé à côté des différentes suites qui sont sorties. J’ai donc ouvert le cinquième épisode des aventures de Martin Servaz avec un certain enthousiasme.

Cette histoire démarre dans les années 90. On retrouve le commandant lors de ses premiers pas dans la Police Judiciaire. En tant que bleu, il assiste à ses premiers meurtres et découvre le métier dans l’ombre des anciens. Cette affaire résolue va laisser des traces dans son esprit et un sentiment de doute va le suivre tout au long de sa carrière. Le lecteur est ensuite projeté vingt-cinq ans plus tard, avec un Servaz plus expérimenté à la manœuvre. Il est confronté à un nouveau crime dont les liens avec le passé semblent évidents.

Le retour en arrière de la narration permet au lecteur de constater les changements qui ont pu intervenir dans l’organisation du système judiciaire. Les méthodes utilisées à l’époque ne sont plus d’actualité et la manière d’appréhender un suspect est plus « respectueuse ». Certains policiers sont nostalgiques de ces procédés, mais pas Martin Servaz. Son mode de fonctionnement personnel est beaucoup plus adapté au monde moderne et on constate qu’il se sent plus à sa place aujourd’hui.

L’auteur profite aussi de cette enquête pour développer le rapport aux fans. Quand la réalité rattrape la fiction, les lecteurs peuvent devenir des acteurs à part entière d’une histoire. C’est alors une mise en abyme dans laquelle l’écrivain et ses admirateurs sont la clé du mystère, surtout lorsque le fanatisme devient délirant et incontrôlable.

Même s’il m’a manqué quelques références, j’ai pris un véritable plaisir à retrouver cette série. Grâce à une écriture fluide, Bernard Minier m’a une nouvelle fois bluffé. Le scénario très bien ficelé et le personnage attachant en font un page-turner de grand niveau. Bernard Minier fait mieux que confirmer et s’impose comme un maître du genre. Autant vous dire que les autres épisodes viennent de passer dans ma PAL !

Passionnant est l'homme...

10 étoiles

Critique de Henri Cachia (LILLE, Inscrit le 22 octobre 2008, 57 ans) - 21 avril 2018

Je ne connaissais pas Bernard Minier, lorsque je me suis rendu à la Médiathèque Jean-Lévy de Lille, pour une rencontre avec cet auteur singulier, mercredi 18 avril à 17h.
Quel parcours ! Il dit avoir toujours écrit, participant à d'innombrables concours de nouvelles, en en remportant de très nombreux, sans avoir cherché à se faire publier.

Ne se sentant pas encore capable de passer du « court au long » tout seul, il avait proposé à un ami concurrent d'écrire un roman à "deux mains". Après avoir lu les 60 pages de Bernard Minier, l'ami en question lui révéla que c'était excellent et qu'il n'avait pas besoin de lui. Il l'encouragea à aller au bout tout seul. Bernard Minier a insisté sur cet encouragement déterminant. De là naîtra « Glacé ». Envoi par la poste et publié par XO. A 51 ans en 2011.

Il raconte faire un retour en arrière de 25 ans dans « Soeurs », situant son policier Martin Servaz, en 1993 pour sa première enquête et cela change complètement la donne, et le point de vue. Il insiste que pour lui, était aussi important que l'intrigue policière d'aborder le changement du monde pendant ce dernier quart de siècle.
Avant internet, portables et autres réseaux sociaux...

 
« Une nouvelle forme de sauvagerie a émergé, inhérente au marché total, qui a moins besoin des formes et de la politesse bourgeoise, que de l’extase, de l’hystérie, de l’intensité, de l’injonction à jouir. Les gens ont toujours su qu’ils ne pouvaient pas tout avoir, ni tout être. Mais le marché, plus encore avec la révolution numérique et sa «tyrannie de la visibilité» sur les réseaux sociaux, leur dit exactement l’inverse : être et avoir tout. Ce mensonge-là déstabilise profondément les sociétés, produit une forme inédite de haine et de frustration rentrée, qui un jour rompt le lien social ».
François Cusset dans Libération du 21 avril 2018.

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