Salinger intime
de Denis Demonpion

critiqué par ARL, le 17 avril 2018
(Montréal - 33 ans)


La note:  étoiles
Salinger après l'écriture
Salinger n'a rien publié de 1965 à sa mort en 2010, et pas davantage de manière posthume. Pourtant, "Salinger intime" est la quatrième biographie de l'auteur de "L'Attrape-coeurs". La première en France, certes, et c'est peut-être l'unique intérêt pour Robert Laffont de récupérer ce projet d'abord conçu puis abandonné par Grasset. Demonpion prétend se rapprocher de l'auteur comme aucun biographe avant lui; entrer, comme l'annonce le titre, dans son intimité. Il bénéficie en effet d'avoir effectué une partie de ses recherches après la mort de l'écrivain, ce qui lui a donné accès à certaines correspondances inédites, ainsi qu'à des témoignages un peu moins farouches. Maintenant, il faut se demander si cette nouvelle documentation apporte quelque chose de substantiel. En somme, pas vraiment.

Demonpion est tellement occupé à décrire le détail banal du quotidien de l'auteur après 1965 qu'il bâcle les chapitres destinés à la publication de textes incontournables comme "Franny et Zooey" et "Seymour, une introduction". Un chapitre entier est cependant dédié aux habitudes de jardinage de Salinger... C'est donc, oui, une biographie plus intime, mais ce n'est pas forcément une bonne chose, le biographe ayant parfois sacrifié l'essentiel au profit de l'anecdotique. Dommage, car la première moitié du livre est fort réussie et fait preuve d'une objectivité qui manquait aux deux précédentes biographies par Paul Alexander et Kenneth Slawenski.