Julie, ou, La nouvelle Héloïse
de Jean-Jacques Rousseau

critiqué par Bérénice, le 26 mai 2004
(Paris - 38 ans)


La note:  étoiles
Argh
Julie ou la nouvelle Héloïse, ou le best-seller de Rousseau. Il fut un temps où il était dans toutes les chaumières et où on ne jurait que par lui. Et maintenant ? Ah, maintenant !

Rousseau reprend l'histoire d'un couple légendaire, Héloïse et Abélard, la noble et le précepteur, qui tombèrent follement amoureux l'un de l'autre, s'enfuirent, furent récupérés par la famille ; Abélard fut castré, Héloïse enfermée dans un couvent. Ils finirent chacun de leur côté sans pouvoir jamais se revoir.
Rousseau les refait vivre à travers Julie et son précepteur, Saint-Preux. Ils tombent amoureux, tentent de résister à leur passion, couchent ensemble ; Julie fait une fausse couche. Puis elle épouse l'ami à qui son père l'avait promise, et Saint-Preux part faire le tour du monde.
La trame de ce roman, c'est comment deux êtres qui ont commencé leur vie dans la passion sans frein apprennent peu à peu à se contrôler, abandonnent les excès pour se vouer à la raison ; comment deux êtres impurs physiquement se purifient peu à peu jusqu’à devenir des parangons de vertu.
Tout cela, mélangé à des réflexions philosophiques, à des débats (La nouvelle Héloïse est un roman épistolaire), des cris, des pleurs, des veux-tu, des voila, des mon dieu, des chichis et des flaflas - bref, on meurt.

En résumé : c'est un classique, c'est du Rousseau, etc, mais croyez-moi, ce bouquin, c'est un vrai calvaire, une torture. Pas possible de rester dessus plus de 10 minutes d'affilée. C'est insipide. Ca m'a pris des mois et une bonne dose de volonté pour en arriver à bout. Deux tomes, en plus ! Mais encore une fois c'est du Rousseau, c'est un classique, c'est intelligent, etc etc. N'empêche que la seule raison pour laquelle on est susceptible de lire ces pages indigérables c'est qu'on passe l'agreg de francais. Et encore si on peut y échapper...
moi aussi j'ai adoré 10 étoiles

S'il y a un livre qui m'a profondément marqué - et même a transformé ma vie, c'est bien "Julie ou la nouvelle Héloïse". Je ne l'ai pas lu parce qu'il était au programme (je n'ai d'ailleurs pas fait d'études littéraires supérieures), mais parce qu'une personne que j'aimais beaucoup, Isabelle Jan (directrice de collection jeunesse chez Nathan à l'époque, années 70), et qui me connaissait bien, m'avait dit : "comment, Jean-Pierre, tu n'as pas lu Rousseau, en dehors des extraits en classe de 1ère ?"
Et de me conseiller de commencer par "Emile ou de l'éducation". J'ai enchaîné sur les "Rêveries du promeneur solitaire", puis sur "Julie", et enfin, sur "Les confessions".
Non seulement, je n'ai jamais regretté, mais j'ai été enthousiasmé. "La nouvelle Héloïse" reste pour moi - outre le fait que l'écriture de Rousseau est superbe - un des plus beaux romans d'amour jamais écrits. Pas sûr que je me serais marié (j'avais déjà plus de trente ans et on me considérait comme un vieux garçon "définitif") si je n'avais pas eu le bonheur de lire ce roman magistral. D'ailleurs, la femme que j'ai rencontrée peu après s'appelait Claire, comme l'une des protagonistes du livre.
Ce fut pour moi, en tout cas, un bonheur inouï. Mon amie Isabelle Jan avait raison : ce livre était fait pour moi ! Il fait partie des classiques à relire, que j'ai enregistrés sur ma liseuse, en vue d'un futur voyage au long cours. Car il est certain qu'il faut être très concentré pour lire ce livre merveilleux, ne pas avoir les diversions de la vie courante (la plaie du téléphone, par exemple).
Bien sûr, ça prend du temps, ce n'est pas absorbé (et aussitôt oublié) comme du Nothomb... Mais que c'est beau, fin, subtil, ça pousse à l'équilibre, ça pousse à se lancer dans une histoire d'amour un peu moins sordide et oubliable qu'un simple contact épidermique. En tout cas, c'est comme ça que j'ai vécu ces quelques semaines de lecture, et j'en ai tiré les conclusions. Oui, l'amour peut être extraordinaire ! Merci, Rousseau !

Cyclo - Bordeaux - 78 ans - 6 mai 2016


Rousseau devrait choisir son camp 4 étoiles

Il faudrait qu'il choisisse le petit Rousseau, soit romantisme soit Lumières, parce que là ça part dans tous les sens. Tantôt on voit les épanchements amoureux de deux jeunes gens, tantôt il nous dresse un tableau de l'éducation, de la morale et de la vertu... on s'y perd un peu. Alors, quand un philosophe joue les amoureux transis, ça donne ça? Un petit conseil il vaut mieux éviter de tomber amoureux d'un penseur! Pendant que miss Julie prépare des stratagèmes pour leurs rencontres, son précepteur lui parle de bienfaisance (synonyme, pour l'époque, je pense, de philanthropie). Es-ce vraiment ce que Julie voudrait entendre? on en doute. Outre ce petit décalage auquel on parvient à s'habituer, le livre est plutôt "bof". Enfin je dois avouer mon fanatisme total pour Laclos, alors à côté des Liaisons Dangereuses, La nouvelle Héloïse me laisse un peu sur ma faim.
Un livre à lire... en plusieurs fois!

Absolution - Quiévy - 35 ans - 16 avril 2005


Ben moi, j'ai adoré! 10 étoiles

J'ai sincèrement trouvé ce livre passionnant!
Et je ne passe pas l'agreg de français... Je l'ai lu pour le plaisir, et j'en ai pris!
Ce qu'il y a peut-être de moins louable dans ce livre c'est l'histoire d'amour... et encore... je n'ai pas pu retenir mes larmes...
En tout cas, je ne me suis pas du tout ennuyé, et j'ai même parfois appris des choses.
Les débats philosophiques, les questions existentielles, la théologie, les sujets concernant une meilleure et plus saine organisation de la société, des moeurs, du comportement individuel et collectif, la vie, la mort, les relations hommes-femmes... tant de sujets sont abordés et apportent des idées et des solutions on ne peut plus intéressantes, voire innovatrices, et même applicables à notre époque!
Bref, un livre à lire absolument!

Booklover - - 45 ans - 8 août 2004