Divorce à la musulmane à viale Marconi
de Amara Lakhous

critiqué par Jfp, le 10 mars 2018
(Yerres (Essonne) - 70 ans)


La note:  étoiles
arabesques
Une exquise pantalonnade romaine, par un Amara Lakhous en verve, habile à travestir son message antiraciste sous les habits d'Arlequin. Dans un quartier "ethnique" de Rome où vivent de nombreux musulmans, une opération est montée par les services secrets, destinée à déjouer une préparation d'attentat kamikaze. Nom de code de l'opération : "Little Cairo". Un italien de pure souche, fort connaisseur de la langue et de la culture arabe, est infiltré au sein du quartier, où il se fera passer pour un Tunisien prénommé Issa. Il va se faire embaucher comme "pizzaïolo" et se fera rapidement des amis mais Issa va tarder à voir le moindre signe d'une quelconque opération clandestine. Le temps passe et ses tribulations, dans ce quartier où il coule des jours tranquilles, lui font oublier petit à petit sa mission d'origine. Il va (presque) finir par rencontrer l'amour, sous la forme de la belle Sofia, jusqu'au jour où l'auteur décide, dans une pirouette finale qui laisse le lecteur pantois, de l'exfiltrer et de sa mission et du roman. Mais ne soyez pas déçus à l'avance, car tout l'intérêt de ce petit livre ne réside pas dans le scénario à la James Bond, où l'auteur lui-même s'est empêtré, mais dans la description au quotidien des mille et une avanies auxquelles les immigrés de fraîche date ont à faire face dans une métropole moderne. On rit, car la cocasserie est omniprésente tout au long de l'ouvrage, mais on réfléchit aussi, et en profondeur, à la complexité des rapports humains dès lors que religion et loi se mêlent de les régir.