Les antimodernes
de Antoine Compagnon

critiqué par Colen8, le 2 mars 2018
( - 78 ans)


La note:  étoiles
Sur l’histoire des idées à travers l’éloge critique de la littérature
Le romantisme dans la littérature du XIXe illustre une tradition antimoderne comme résistance à la pensée des Lumières du XVIIIe et à la Révolution qui lui a succédé, pensée unissant science et progrès social dans une autre vision du monde. Eloignée du conservatisme réactionnaire ou du néoclassicisme, imprégnée de catholicisme renaissant c’est par Chateaubriand qu’elle s’exprime alors le mieux. L’anti-modernité rapportée à la création littéraire au sens que lui donne Antoine Compagnon est une autre face de la modernité, sa face négative et ambiguë issue d’une classe de grands écrivains qui après avoir été précurseurs pour la plupart se sont retrouvés en marge d’une façon ou d’une autre. Ils ont en commun, ces auteurs, un pessimisme opposé au progrès qui s’est répandu depuis l’ère industrielle, la crainte du déclin de la littérature marquée par la perte du langage qui en faisait toute la beauté, et que seule la poésie pourrait encore sauver. Avec érudition et brio Antoine Compagnon retrace deux siècles de création littéraire avec ses faits divers d’affrontements et de batailles, d’engagements et de trahisons, d’amitiés et de ruptures, dans une douzaine de monographies qui n’ont pas fait l’unanimité mais dont il assume les choix auprès de ses détracteurs.