Histoire philosophique des arts - Moyen Age et Renaissance
de Carole Talon-Hugon

critiqué par Veneziano, le 11 février 2018
(Paris - 40 ans)


La note:  étoiles
Philosophie de l'art du Vème au XVIème siècles
Cet ouvrage court n'en est pas moins dense, car il présente le fondement philosophique des oeuvres d'art du Moyen-Age et de la Renaissance, la spiritualité restant très présente mais étant amenée à évoluer. Aussi l'idée d'art en elle-même n'existe-t-elle pas réellement au Moyen-Art, où il est question d'artefact, au sens d'artisanat. Cela n'exclut pas une recherche de beauté, mais subsidiaire au savoir-faire et à la technicité, d'autant plus que ces biens à concevoir représentent des services à destination d'une idée transcendantale et des institutions qui la portent, essentiellement l'Eglise. Dans ce contexte, est né la querelle des images, portant sur la possibilité ou non de représenter Dieu, ou au moins Jésus, son incarnation visible.
Puis la Renaissance accentue l'idée de recherche de beauté, en réinvestissant l'héritage gréco-romain. L'idée d'art est véritablement forgée, les différents pouvoirs monarchiques devenant des commanditaires s'ajoutant à l'Eglise. Le Quattrocento italien et le début du XVIème en France révolutionnent donc l'univers des représentations.

Ce livre nous parle donc de la naissance de l'art en tant que technique particulière, avec les grandes évolutions qui l'ont guidée. Il répond à la question de l'identité et de la constitution de l'oeuvre, amenée à évoluer, inévitablement, par la suite. Conçu par une philosophe et universitaire, il présente des éléments de jargon, sans doute un peu trop pour le grand public, pour qui la lecture risque d'être ralentie, en sus de l'éventuelle austérité perçue dans le sujet, malgré le renouveau de la Renaissance et de l'identité de notre culture et de notre civilisation dont il est question de la représentation, par les questions évoquées, de nature fondamentale.
Ce livre traite donc de questions utiles, y apporte des réponses essentielles, à méditer pour en profiter pleinement, avec des compléments vers l'histoire contemporaine. Mais le propos est volontairement concentré vers un tournant essentiel.