Tous ceux qui tombent de Samuel Beckett

Tous ceux qui tombent de Samuel Beckett
(All That Fall)

Catégorie(s) : Théâtre et Poésie => Théâtre , Littérature => Anglophone

Critiqué par Septularisen, le 7 février 2018 (Luxembourg, Inscrit le 7 août 2004, 50 ans)
La note : 8 étoiles
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TOUS CEUX QUI MEURENT

Au début de l’histoire nous sommes sur une route en pleine campagne et faisons la connaissance de Mme. Rooney (Maddy). C’est une femme d’un certain âge et de très forte corpulence. Elle se rend à pied, et avec beaucoup de difficultés, à la gare, où elle veut faire une surprise à son mari qui revient de son travail, en allant l’accueillir à sa descente du train.

Maddy a beaucoup de mal à avancer et à monter les marches de la gare. Elle ne cesse de réclamer l’aide de l’une ou l’autre personne qu’elle connaît et avec qui elle fait la conversation. Bizarrement, tous ont une personne plus ou moins malade et en train de mourir dans leur famille. Quand enfin elle arrive sur le quai, elle apprend que le train de 12h30, qui a pourtant un très court trajet arrivera en retard.

A sa descente du train on découvre que son mari, M. Rooney (Dan) est aveugle…

Les thèmes récurrents de M. BECKETT - qui reviendront d’ailleurs dans toute son œuvre -, sont bien sûr présents : Le voyage sans but et sans destination précise d’arrivée, («En attendant Godot»), la lente déchéance physique des personnages («Oh! Les beaux jours»), la mort qui se rapproche inexorablement («La dernière bande»), le couple de personnages ("En attendant Godot") et "Oh! Les beaux jours), ici Maddy et Dan qui, - exception qui confirme la règle-, sont d’ailleurs vraiment un couple!
De même que les objets «symboliques» qui reviennent de façon récurrente dans l’œuvre de l’écrivain irlandais. Citons ici entre autre : Le parapluie, la bicyclette, la voiture, le sac, etc….

Écrite dans un style simple et épuré, presque minimaliste, comme toujours avec le grand écrivain irlandais, c'est un petit livre qui se lit en quelques heures. L’aspect métaphysique – primordial dans l’œuvre de BECKETT -, est toujours bien présent, comme dans « En attendant Godot » ou « Oh ! Les beaux jours », on peut en effet facilement interpréter «Tous ceux qui tombent » par : Tous ceux qui meurent…
En effet Maddy et Dan se «retiennent» l’un l’autre de mourir. Maddy elle se (re)tient à toutes les âmes charitables qu’elle rencontre le long du chemin et qui veulent bien l’aider. Dan, qui est aveugle et a pourtant l’air d’être beaucoup plus clairvoyant et lucide que sa femme, se (re)tient à Maddy pour avancer sur la route, alors que tout autour d’eux toutes leurs connaissances «tombent». Voici donc, exposé ici en seulement quelques pages, mais avec, bien sûr, l’extraordinaire talent de l’écrivain irlandais, toute la vanité, la futilité et l’inutilité de la vie!

«Tous ceux qui tombent» («All That Fall» 1956), est une très courte pièce radiophonique en un acte, traduite en français par M. Robert PINGET et l’auteur lui-même, en 1957. Elle a été diffusée pour la première fois en janvier 1957 à la BBC, puis en février 1959 à la RTF. Elle a également été adaptée pour la télévision française en 1963, toujours par M. Robert PINGET, avec Mme. Alice SAPRITCH dans le rôle de Maddy et M. Guy TRÉJAN dans le rôle de Dan.

Rappelons que Samuel BECKETT a été le lauréat du Prix Nobel de Littérature en 1969.

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