Le vertige des falaises de Gilles Paris

Le vertige des falaises de Gilles Paris

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Nathavh, le 14 janvier 2018 (Inscrite le 22 novembre 2016, 53 ans)
La note : 9 étoiles
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LE VERTIGE DES FALAISES

Le dernier roman en date de Gilles Paris change de registre avec brio. Gille Paris nous avait habitué à utiliser des mots d'enfant avec succès dans entre autres "Le pays des kangourous" et "Autobiographie d'une courgette". C'est toujours d'une enfance dont il est question mais avec une vision de Marnie - 14 ans - qui d'entrée de jeu dans le roman est mature et quitte l'enfance en devenant adulte en nous narrant son histoire. Le livre débute par "Papa est mort".

C'est un roman choral qui nous est proposé. L'histoire de trois générations de femmes : les Mortemer.

Marnie (14 ans) vient de perdre son père et son grand-père. Elle vit sur l'île. Une île sauvage avec ses falaises vertigineuses où elle aime se promener, et y défier les éléments.

Par le biais de chapitres courts qui s'entrelacent, nous allons découvrir la vie d'Olivia (sa grand-mère), de Rose (sa mère) et celle de Marnie. Un secret les unit, quel est-il ?

Avec brio, Gille Paris nous distille peu à peu des éléments, il brouille les pistes. Sa plume nous tient en haleine, c'est un roman d'atmosphère, un peu Hitchcockien, avec une touche d'Agatha Christie et de Daphné du Maurier.

Les mots sont bien choisis, pesés. La plume est intrigante et dévoile peu à peu la vérité de chaque personnage. L'ambiance est glaciale, prenante, troublante. Les pages tournent et la magie opère.
Il y a une grande sensibilité et de l'humour malgré la gravité parfois du sujet.

Mais quel est donc ce secret ? Sur l'île, Marnie vit avec sa mère et sa grand-mère dans une maison de verre et d'acier nommée GLASS, construite par Aristide son grand-père.

Les femmes Mortemer sont meurtries et se font leur place malgré les hommes :

- Aristide, le grand-père brillant architecte, violent
- Luc le père de Marnie, égoïste, croqueur de vie et flambeur attiré vers le continent.

Je ne vous en dirai plus. J'ai aimé le contraste entre l'habitation de verre et d'acier - transparence et lumière - et l'opacité, la noirceur du récit.

Bravo et merci Monsieur Paris, j'ai passé un excellent moment.

Ma note : 9.5/10

Les jolies phrases

J'ai quatorze ans, j'ai cent ans. Peu importe. Je sais des choses. J'ai vécu avec ces mots-poisons qui m'ont rongée à l'intérieur.

Les hommes sont des enfants qui grandissent malgré eux. Et Dieu sait combien leur bêtise est sans limites. Certes, ils ne cassent plus de jouets. Ils brisent le coeur des femmes.

C'est le sang des Mortemer qui est ainsi, bouillonnant comme la lave, ou froid comme de la glace.

Les adultes pour moi sont aussi rigides et secs que les bûches entassées dans la remise. Ce n'est que lorsqu'il craque et s'enflamme que ce bois-là m'intéresse. Sinon, c'est juste un tronc et rien d'autre.

Et ce chagrin qu'elle tentait de cacher aux autres a dû la brûler tout à l'intérieur comme le feu qui se consume lentement dans une cheminée.

Le temps qui passe éloigne plus souvent les êtres qu'il ne les rapproche. L'amour de Rose pour Luc relevait à la fois de l'incompréhension et de l'envie d'une famille comme la nôtre. Un amour semblable à une constellation si rare dans les cieux nuageux de l'Île.

Les sentiments sont des lierres qui grimpent aux arbres pour mieux cacher l'écorce.

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Les éditions

  • Le vertige des falaises [Texte imprimé], roman Gilles Paris
    de Paris, Gilles
    Plon
    ISBN : 9782259252836 ; EUR 16,90 ; 06/04/2017 ; 256 p. ; Broché
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