L'univers est une éponge
de John Richard Gott

critiqué par Colen8, le 9 janvier 2018
( - 77 ans)


La note:  étoiles
Les surprises de taille de la cosmologie depuis Einstein
L’éponge naturelle reconnue comme le plus ancien animal de la terre définit également un objet mathématique. Il s’agit en l’occurrence d’une structure topologique 3D faite de pleins d’un seul tenant enchevêtrés de vides d’un seul tenant également. Les simulations théoriques sur ordinateur menées depuis les années 1980 se sont accordées avec les relevés SDSS(1) des télescopes terrestres et spatiaux, pour reconnaître à l’univers une structure topologique spongieuse, conséquence de l’inflation ayant précédé le Big Bang et des effets gravitationnels prédits par Einstein. En 1931 Hubble énonce la loi d’expansion de l’univers que lui et ses équipes mesurent par le décalage dans le rouge (effet Doppler) des myriades de galaxies. Peu après Zwicky émet l’hypothèse d’une matière noire constituée de particules exotiques massives quasiment sans interaction avec la matière ordinaire visible pour expliquer la dynamique de ces objets célestes. La découverte en 1965 du fond diffus cosmologique ou rayonnement fossile, a ouvert un domaine d’exploration fructueux qui a conduit à imaginer la structure de l’univers aux plus grandes échelles(2). Après des décennies de confrontations entre les modèles cosmologiques occidentaux et soviétiques a émergé cette idée d’univers spongieux dans lequel des zones plus denses où se sont formés les objets matériels et des zones moins denses à peu près vides sont séparées par de grands murs filamentaires que les images publiées ont rendus familiers. Une nouvelle surprise attendait les astrophysiciens quand est apparue en 1997 l’énergie sombre dont on n’explique toujours ni la nature ni l’origine. Faute d’unification entre la théorie d’Einstein et la physique quantique en une théorie quantique gravitationnelle, les spéculations sur le devenir de l’univers fleurissent. Il se peut aussi qu’il faille dépasser la relativité générale comme le suggèrent certains astrophysiciens aujourd’hui.
Certes même si on nage parfois dans la théorie, l’expérience vécue et racontée par Richard Gott lui-même, ses contributions successives à Cambridge, à Caltech avant d’enseigner l’astrophysique à Princeton, les images reconstituées des structures découvertes, ses rencontres avec le gratin, dont il fait partie, des grands scientifiques contemporains donnent un intérêt indéniable à cette publication.
(1) SDSS (Sloan Digital Sky Survey), programme de relevé des objets célestes, principalement des galaxies, des amas de galaxies et des superamas en lumière visible, en infrarouge et en ondes radios. https://utinam.cnrs.fr//…
(2) Les distances se mesurent en mégaparsecs valant chacun 3,26 millions d’années-lumière !