Douleur
de Zeruya Shalev

critiqué par Veneziano, le 25 janvier 2019
(Paris - 42 ans)


La note:  étoiles
Refaire sa vie, le projet et ses complications
Iris est devenue une directrice d'école réputée, alors que son auditoire était basé sur une base sociologique défavorisée. Mariée avec enfant, tout semble lui sourire. En apparence, c'est bien le cas, si ce n'est qu'elle n'a pas forcément su se remettre au mieux de l'attentat auquel elle a réchappé, que son mari s'éloigne et qu'elle retrouve son amour de jeunesse. Ce pourrait être anodin si ces retrouvailles ne lui faisaient pas espérer une nouvelle escapade sentimentale. De là, il s'ensuit une série de remises au point avec ses enfants, partagés entre l'incrédulité et la déception de n'avoir jamais totalement assouvi les attentes de leur génitrice. De cette nouvelle cascade, il découle la plus essentielle, celle selon laquelle elle n'a pas réussi à se faire comprendre et aimer. Il s'ensuit qu'elle se met à faire des tonnes pour rattraper l'estime de ses enfants, plutôt dépités qu'autre chose, comme si l'incompréhension s'engendrait dans un mauvais cycle, bien que des lueurs d'espoirs apparaissent par instants.
Psychologiquement aussi fort que désabusé, ce roman fait réfléchir sur la situation de couples, la relation mère-enfant et les cycles de vie. Il vaut donc le détour.