La Douceur du sang
de Boris Schreiber

critiqué par Henri Cachia, le 25 décembre 2017
(LILLE - 62 ans)


La note:  étoiles
... "Comment supporter, sans jouer la comédie, la tragédie de la vie"...
... « Comment supporter, sans jouer la comédie, la tragédie de la vie »...

Boris Schreiber, avec « La douceur du sang », continue d'explorer les méandres de son moi d'écrivain, en se torturant presque toujours autant que dans ses précédents livres « L'excavatrice » et « Hors-les-murs », qui viennent juste après « Un silence d'environ une demi-heure », long journal romancé.

Cette fois, il y introduit un autre écrivain que lui-même Arnold, qui semble à la lecture plutôt bienveillant et stimulant pour Boris, mais que celui-ci considère, dans le fond, comme un ennemi.

Oui, Boris Schreiber est un être pour le moins torturé, écorché.
Bref, bien que toujours à l'abri au niveau financier – il hérite à la mort de son père d'une petite fortune, et particulièrement encensé par sa mère qui lui voue un amour inconditionnel – elle ne cessera jamais de lui prédire un avenir d'écrivain de grande envergure. Il est vrai que Gide aussi l'encouragera dès ses treize ans.

Sans être devin, son grand malheur, aura sans doute été de ne pas parvenir au niveau où sa mère le mettait.

Extrait :

... « En effet, qu'est-ce que mon drame comparé à celui du monde ? Comme l'on dit en russe : « Une mouche l'emporterait sur sa queue. » Et même, à l'extrême rigueur, ne plus pouvoir écrire à cause de l'aiguille-salope (la mort) qui me paralyse, quelle importance ?
Je m'approche de la fenêtre. La grisaille. Pourtant, je le connais le rôle de l'écrivain : être l'empreinte digitale des manchots. »...