Nous autres les gones
de Joseph Lavarenne

critiqué par Falgo, le 17 décembre 2017
(Lauris - 78 ans)


La note:  étoiles
Particularités de Lyon
Joseph Lavarenne, évêque, recteur de la Faculté Catholique, écrivain lyonnais, connaissait sa ville comme sa poche. Dans ce petit livre, il décrit ce qu'est un lyonnais de son époque et les manières par lesquelles la ville de Lyon s'est constitué une identité particulière. Il en dessine les traits majeurs, soulignant en particulier le personnage de Guignol et son influence sur les enfants et les adultes. Je retiens avec plaisir le chapitre consacré au parler lyonnais. Déjà en son temps, cette langue n'était pratiquement plus parlée dans la ville, aujourd'hui elle a pratiquement disparu du paysage. Or elle a eu une véritable existence, comme en témoigne un dictionnaire, "Le Littré de la Grand'Côte". Publié plusieurs fois aux débuts du XX° siècle par Nizier du Puitspelu (de son vrai nom Clair Tisseur), il est toujours édité et marque sur plus de 350 pages l'existence de ce parler. Comme le montre l'utilisation par Eric Vuillard (L'ordre du jour) du vocable "rognonner' pour "grommeler". Il m'est arrivé, en cours, d'utiliser "débarouler" en étant sûr qu'il s'agissait d'un pur vocable français et j'ai dû m'en expliquer. Issu d'un mélange étrange de bas-latin, de réminiscences grecques, de fonds gaulois et de termes techniques de l'industrie de la soie, ce parler, qui n'est ni d'oc ni d'oïl, comporte un réel vocabulaire et, surtout, un esprit, une manière de dire les choses, qui a son particularisme dont Lavarenne donne plusieurs savoureux exemples.