Les démons de Berlin
de Ignacio Del Valle

critiqué par Vince92, le 2 juillet 2019
(Zürich - 41 ans)


La note:  étoiles
Arturo Andrade en enfer
Ignacio del Valle signe avec Les Démons de Berlin le second tome des aventures d’Arturo Andrade, l’ex-lieutenant de la Division Azul engagée sur le front de l’Est. Il se retrouve désormais enfermé à Berlin, capitale dévastée d’un Troisième Reich à l’agonie. Ultimes défenseurs de la ville, les restes des contingents étrangers, la Waffen-SS et le Volksturm livrent un combat désespéré face aux hordes soviétiques lancée à la conquêtes de ruines.
C’est dans ce Göttamederung qu’Arturo Andrade se voit confier l’enquête visant à résoudre la mort d’un homme, von Kleist, scientifique engagé dans le développement du programme atomique allemand. Assassiné à l’arme blanche alors qu’il se trouvait dans les parages de la nouvelle chancellerie, l’homme présente beaucoup de parts d’ombre, notamment son appartenance à la Société Thulé, cette organisation secrète, précurseur du parti nazi. Andrade va alors devoir comprendre les motivations d’une multitude d’acteurs du drame et devoir dans le même temps survivre, résoudre ses propres interrogations et continuer à espérer en l’humanité.

Alors que j’avais apprécié le premier roman avec Andrade comme protagoniste principal, ce volume est beaucoup moins convaincant du fait notamment de ses invraisemblances et des envolées pseudo philosophiques sur l’origine du mal, l’amour, la mort, le sens de l’histoire et toutes ces questions fondamentales mais qui traitées dans un polar par un écrivain de polar ne peuvent faire apparaître que des platitudes. Quant au développement narratif, il se perd trop souvent dans des clichés empruntés à d’autres ouvrages de fictions ou documentaires… plus gênant encore les invraisemblances donc qui émaillent le récit (comme par exemple l’attaque de la Reichbank par un commando de la Phalange, résidu du contingent espagnol envoyé à l’Est… comme si les Allemands n’avaient pas évacué leur stock d’or à l’approche de l’Armée Rouge de Berlin…) C’est dommage d’ailleurs car del Valle a par ailleurs pris le soin de soigner les détails de son récit par une documentation irréprochable et le cadre de ce récit tout comme l’idée principale de l’intrigue étaient intéressant. Peut-être que devant le succès de son personnage, l’auteur a voulu être trop ambitieux. La série comprend désormais quatre romans, je suis curieux de les voir tous traduits et édités par Phébus.