Les Vampires d'Airain, Tome 2 : Les Voleurs d'âmes
de Andy Remic

critiqué par Goupilpm, le 8 novembre 2017
(La Baronnie - 67 ans)


La note:  étoiles
Une baisse de régime.
Au tome précédent l'on avait quitté les trois protagonistes principaux en très mauvaise posture. Alors que Nienna, empoisonnée, était emmenée de force vers le territoire des Vachines par Myrian et ses deux acolytes Geoliers, son grand-père et Saark se trouvaient coincés en haut d'une tour en ruines de la cité de Vieille Skulkra par une meute de Chancres.

Ce second volume s'ouvre sur un prologue paisible par rapport au fond de la trilogie où l'on voit Kell à la pêche avec sa petite fille. Mais ce moment de quiétude ne dure qu'un instant. Puis le récit reprend exactement là où on l'avait laissé au tome précédent, Kelle et Saark, qui voyait déjà leur mort assurés, sont sauvé in extremis par un jeune enfant mystérieux issu d'une race ancienne que l'on croyait éteinte.

Comme au tome précédent le récit se centre essentiellement sur le vieil héros et sa fuite éperdue devant les monstres et les Vachines envoyés par le général Graal.

Même si les combats, plus nombreux, succèdent aux événements et rebondissements, le récit reste dans l'ensemble assez linéaire car l'on ne sait pratiquement rien de ce qui se passe hors de la fuite éperdue des deux protagonistes principaux poursuivi par les filles du général : les Voleuses d'Âmes. Les autres personnages de premier plan n'apparaissent que très peu dans le récit.

L'univers ne se développe que très peu, même si certains personnages de second plan apparaissent, notamment au niveau de la race ancienne disparue du jeune enfant qui n'est pas du tout exploitée. On aurait aimé en savoir plus, surtout sur le monde géographique qui ne se développe que très peu, l'on n'assiste sur ce point que sur la traversée des Montagnes Noires que traversent les deux héros, mais ce ne sont que des paysages désertiques et enneigés, et les quelques petites descriptions se veulent répétitives.

Dans le récit pour faire revenir les Seigneurs Vampires Graal a besoin des Gemmes de l'Âme mais dans le présent opus on ne sait rien sur ces gemmes et ces seigneurs. On aurait aimé découvrir l'origine des pierres et le passé de ces Seigneurs : on se situe clairement dans un tome de transition où l'intrigue n'évolue que dans les toutes dernières pages.

Le point fort de ce deuxième tome réside dans le développement des personnages principaux qui prennent de l’épaisseur notamment sur leur passé, peut être pas aussi glorieux qu'ils nous étaient présentés dans le premier. On notera également que ces personnages ont tendance à s'apitoyer sur leur sort et à se chercher des excuses, ce qui n'est pas sans créer quelques petites longueurs, mais qui sont tout de même bénéfique à la profondeur du récit et renforce la psychologie des héros.

Comme de son aîné dont il se revendique, l'auteur s'est essentiellement concentré sur l'action délaissant certains aspects quelques peu grotesques que l'on avait pu relever précédemment. Les échanges entre les deux protagonistes principaux apportent une part d'humour caustique qui fait un peu oublier le dramatique de l’histoire. La plume de l'auteur se révèle toujours aussi incisive et directe, parfaitement adaptée aux circonstances.

Même si le côté épique est toujours aussi présent , ce volume se situe légèrement en deçà du premier opus qualitativement parlant, car l'originalité a ici un peu perdu de son charme, peu de nouveautés sont introduites, et ces éléments nouveaux ou les personnages introduits sont peu exploités. On espère un troisième volume plus travaillé sur le fond.