L'aimant de Lucas Harari

L'aimant de Lucas Harari

Catégorie(s) : Bande dessinée => Aventures, policiers et thrillers

Critiqué par Hervé28, le 1 novembre 2017 (Chartres, Inscrit(e) le 4 septembre 2011, 49 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (20 005ème position).
Visites : 607 

Intriguant

Avant tout, il faut souligner la qualité éditoriale de cet ouvrage apportée par "Sarbacane"(malgré une malheureuse inversion des pages 23 et 22 ): grand format, dos toilé et superbes illustrations,où le rouge, le bleu et le noir dominent.

Dans un style très épuré, style ligne claire (d'ailleurs, pages 51 à 53, le héros,Pierre, est habillé comme "Tintin"; il y a même du Burns ou du Hergé dans ces pages), Lucas Harari nous propose un scénario qui oscille entre fantastique et polar. (un étudiant en architecture est persuadé que les thermes de Vals abritent un secret, une porte dérobée). A cela vient s'ajouter une légende , "les pierres qui volent", qui donne un côté encore plus mystérieux à cette aventure. Même les prénoms choisis (Pierre, Ondine) sont en parfaite adéquation avec le thème de ce récit intriguant.

Mais ce qui fait la force de cette bande dessinée , c'est le dessin très architectural d'Harari. (les pleines pages consacrées aux thermes sont incroyables).

Malgré son format et sa pagination (149 pages), cette bande dessinée se lit assez vite, et l'auteur apporte une touche presque réaliste à cette aventure avec un incipit et une fin assez originale.

Très belle découverte, en tout cas.

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Les éditions

  • L'aimant [Texte imprimé] Lucas Harari
    de Harari, Lucas
    Sarbacane / Collection dirigée par Frédéric Lavabre
    ISBN : 9782848659862 ; EUR 25,00 ; 23/08/2017 ; 152 p. ; Album
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En d’autres termes, la montagne est magnétique

8 étoiles

Critique de Blue Boy (Saint-Denis, Inscrit le 28 janvier 2008, - ans) - 31 mars 2018

Il est certains titres qui s’accordent si bien à l’œuvre que cela en est troublant. Tout d’abord, c’est le grand format qui retient l’attention mais surtout la reliure soignée avec son dos toilé. L’objet en lui-même semble exercer un certain magnétisme dès l’instant où on le feuillette. Grâce à sa colorisation trichromique et son graphisme « vintage », on est comme happé par cet univers singulier, à la croisée d’Hergé et de Charles Burns, fait de longues plages silencieuses et intrigantes.

De Hergé, on retrouve non seulement cette ligne claire et ce souci porté au réalisme des décors, mais également le personnage de Pierre qui évoque immédiatement Tintin, pas seulement dans l’aspect et la jeunesse mais aussi dans sa curiosité de détective et sa propension à se retrouver dans des situations périlleuses. En voyant Pierre sillonner les sombres dédales des thermes de Vals, dont la froide minéralité apparaît un rien menaçante une fois passée l’heure de fermeture, c’est l’image du reporter à la houppe qui se superpose, par exemple lorsque celui-ci arpente les labyrinthes de « l’Île noire », à moins que ce ne soit ceux de la pyramide dans les « Cigares du pharaon »… Et puis ces éléments mystérieux émaillant le récit, qui rapprocheraient plutôt « L’Aimant » de l’œuvre de Burns, tel ce Zippo, celui de Pierre, qui s’impose comme un objet-clé de l’histoire, mais cela on ne le comprendra qu’en toute fin de l’ouvrage. Et puis ces événements inexplicables, comme ce caillou projeté par une fenêtre du train où voyage Pierre, juste avant son arrivée à Vals, un caillou comme « aimanté » par le jeune homme, lancé ni d’on ne sait où ni par qui (la montagne ?).

Mais que donc cherche ce jeune étudiant, à coup de croquis savants, fortement attiré par ce bâtiment aux lignes si modernes et si pures qu’on finit nous-mêmes, en tant que lecteurs, par trouver fascinant ? Une porte dérobée sans doute, mais qui mènerait où ? Quant aux thermes, ils sont un personnage à eux seuls, comme doté d’une âme propre, formant avec Pierre et la montagne avoisinante une sorte de trio amoureux relié par une force irrépressible. Un trio dont la communication silencieuse semble inaccessible au commun des mortels, lequel peut au mieux déduire un lien évident avec la « pierre », représentée par ce minéral aux propriétés magnétiques, vraisemblablement contenu dans les entrailles de la montagne surplombant les thermes, elles-mêmes à moitié enfouies dans la terre. Et c’est peut-être bien, de façon consciente ou non chez son auteur, ce qui a inspiré le titre, car dans « aimant » il y a « aimer », et en amour il est toujours question d’attirance et de magnétisme…

C’est une bien belle découverte que cet auteur, dont c’est la première bande dessinée, et qui nous propose ici une promenade architecturale oscillant entre réalisme et onirisme, sur fond de légende locale. Même si le dénouement peut laisser une impression d’inachevé, Lucas Harari rentre incontestablement dans la caste des artistes à suivre dans le monde du neuvième art.

"L'Aimant" de Lucas Harari

8 étoiles

Critique de Lettres it be (, Inscrit le 7 mai 2017, 24 ans) - 26 novembre 2017

Après avoir tenté de percer les mystères de Paiement accepté, le dernier ouvrage d’Ugo Bienvenu publié chez Denoël Graphic, Lettres it be s’est penché sur L’Aimant, publié aux Editions Sarbacane. Une toute première publication pour Lucas Harari, qui quitte tout juste les études d’architecture pour se consacrer aux arts décoratifs et ici à la bande dessinée. De quoi retrouver un ouvrage qui mêle les deux à merveille ? Lettres it be vous dit tout !

# La bande-annonce
Pierre, jeune étudiant parisien en architecture, entreprend un voyage en Suisse afin de visiter les thermes de Vals. Ce magnifique bâtiment, conçu par le célèbre architecte suisse Peter Zumthor*, au cœur de la montagne, le fascine et l’obsède. Cette mystérieuse attraction va se révéler de plus en plus forte à mesure que Pierre se rapproche du bâtiment…

Ces murs recèlent un mystère, Pierre en est persuadé - une porte dérobée, qu'il doit absolument trouver.

# L’avis de Lettres it be
Comme dit, c’est en 2015 que Lucas Harari conclut ses études à Paris par un diplôme en arts décoratifs, spécialité image imprimée. Cela après avoir découvert brièvement l’architecture, toujours pendant sa vie estudiantine (fils d’architectes oblige). Tout un portefeuille de connaissances aujourd’hui mis au service du dessin avec ce premier ouvrage qui se présente sous les habits d’un thriller cotonneux, perdu entre les montagnes et les mures d’une station thermale suisse. Une intrigue bien ficelée venant animer le tout. Entre ces quelques 152 pages toutes en trichromie, il y fait froid, sombre, il y fait (un peu) peur. Mais pas que …

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