Zero K de Don DeLillo

Zero K de Don DeLillo
(Zero K)

Catégorie(s) : Littérature => Fantasy, Horreur, SF et Fantastique

Critiqué par Killing79, le 28 octobre 2017 (Chamalieres, Inscrit le 28 octobre 2010, 40 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 6 étoiles (basée sur 3 avis)
Cote pondérée : 4 étoiles (43 248ème position).
Visites : 1 275 

Dompter la mort

Présentation de l'éditeur
Choisir de mourir pour prendre la mort de vitesse, décider de se transformer en créature-éprouvette dans l'attente de jours meilleurs afin de revenir au monde en être humain augmenté, telle est l'offre d'un centre de recherches secret auquel son principal actionnaire, le milliardaire Ross Lockhart, décide de faire appel dès lors que s'avère incurable la maladie qui affecte la jeune femme adorée que ce sexagénaire a épousée en secondes noces. Sous la conduite du fils unique de Ross, Jeffrey, convoqué par son pare pour assister à la fin programmée de la jeune femme consentante, DeLillo invite le lecteur à faire l'expérience, aussi bouleversante qu'impitoyable, d'un voyage mental et sensoriel où la promesse de mondes meilleurs ne cesse de le disputer à l'acceptation de l'existence finie jusque-là allouée aux mortels. C'est à son tour en être humain "augmenté" que le lecteur revient de cette impressionnante plongée tant charnelle que métaphysique dans les luxueux mirages de l'immortalité.


Mon avis: Malgré le grand nombre de livres que j’ai pu chroniquer, je dois l’avouer, je n’avais jamais lu de Don DeLillo, honte sur moi ! Heureusement, j’ai pu corriger cette anomalie et enfin découvrir ce maître de la littérature américaine.

Dans ce nouvel opus, Don DeLillo s’attaque au futur proche. Même si, à première vue, le thème semble éculé dans le domaine de la science-fiction, je ne pense pas qu’il a déjà été traité de cette manière. Dans ce texte, il n’est pas question de créer une dystopie où tous les évènements servent de prévenir l’avenir du monde. L’auteur ne cherche pas non plus à donner des leçons, à imaginer le pire ou à poser des questions. Il met juste la cryogénisation au centre de son roman, comme une évidence. Ensuite, il fait évoluer ses protagonistes dans ce nouveau monde sans jamais apporter de jugement. Cette mise en scène rend l’univers plus réel et de fait plus effrayant.

En confrontant les acteurs à une fin de vie que l’on peut contrôler, ce livre traite simplement du rapport à la mort et par ricochet du rapport à nos existences. Chaque personnage appréhende son rôle dans la société de manière diverse et imagine donc sa destinée sous un angle différent. On remarque alors que les inégalités dans la vie se retrouvent dans la mort.

C’est un roman philosophique sur la déshumanisation qui se définit plus par son atmosphère que par son scénario. On entre dans cet univers comme dans une bulle et on laisse divaguer son esprit. Par son ambiance spirituelle et assez sinistre, il ne plaira pas à tout le monde. Mais l’écriture somptueuse et exigeante de Don DeLillo nous offre un texte visuel et poétique qui m’a hypnotisé de bout en bout.

Dès leur fermeture, j’oublie souvent certains romans, pourtant bourrés d’action et de péripéties, alors que « Zéro K », beaucoup plus méditatif, a hanté mon cerveau durant plusieurs jours. Belle expérience métaphysique par un grand écrivain.

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3 étoiles

Critique de Faby de Caparica (, Inscrite le 30 décembre 2017, 58 ans) - 12 février 2020

" Zéro K " de Don Delillo ( 297P)
Ed. Acte Sud

Bonjour les fous de lectures ….
Cela n'arrive pas souvent mais voici un livre que j'abandonne en cours de route.
Est-ce dû à la narration très décousue ?
Est-ce dû à la traduction ?
Zéro K c'est le Zéro absolu. Température à laquelle peut se réaliser la cryogénisation.
Nous sommes dans une clinique bunker d'Asie centrale.
Jeffrey est invité par son père milliardaire à assister à la fin de vie de la seconde épouse de celui-ci, atteinte de sclérose en plaques.
Dans ce bunker, on choisit sa mort, on choisit de congeler son corps en attendant que les progrès scientifiques permettent de les ramener à la vie et leur offrent de vivre plus longtemps.
Le problème est que je n'ai rien compris au livre, les propos philosophiques sont décousus. Tout n'est que sous-entendus et métaphores, on y perd son latin !
Les phrases alambiquées n'arrangent rien.. on tourne en rond, on s'ennuie.
C'est froid. Peut-être réservé à certains lecteurs ?
Dommage car le résumé était alléchant ... grosse déception.
Le livre présenté comme une histoire de science fiction, se révèle être plus une histoire de réflexions .. mais tellement décousues qu'on s'ennuie très vite et on perd le fil
Et de réflexion... il n'y a point.
On se surprend à bailler, l'esprit s'égare;
Qu'a voulu prouver ou démontrer cet auteur ?
Il m' aurait peut-être fallu poursuivre jusqu'au bout ... le courage m'a manqué.

Anticipation feutrée

6 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 63 ans) - 18 janvier 2019

Etrange impression d’évolution dans « l’éther », dans un monde désincarné, à la lecture de ce « Zero K » (comme 0° Kelvin, bien sûr). En ce sens ce « Zero K » se rapproche des ouvrages classiques d’anticipation ou de Science-Fiction, mais c’est davantage, bien plus que ça.
L’atmosphère est en tout cas glaçante et le recul pris par Don DeLillo pour dérouler cette terrible histoire en rajoute sur le fait d’avoir le sentiment d’observer ça de loin, de haut, sans implication particulière.

« Tout le monde veut posséder la fin du monde.
C’est ce que déclara mon père, debout près des fenêtres à petits carreaux de son bureau de New York – gestion de fortune, transmission de patrimoine, marché émergents. Nous partagions un moment rare, contemplatif, impression parachevée par ses lunettes de soleil à l’ancienne, qui faisaient entrer la nuit. En observant les œuvres d’art dans la pièce, diversement abstraites, je commençai à comprendre que le silence prolongé qui avait suivi sa remarque n’appartenait à aucun de nous deux. Je pensai à son épouse, la deuxième, l’archéologue, celle dont l’esprit et le corps défaillant allaient bientôt dériver, à l’heure dite, dans le grand vide. »

C’est Jeffrey qui raconte, Jeffrey, le fils du milliardaire Ross Lockhart. Ross Lockhart marié à Artis, l’archéologue dont il est question, beaucoup plus jeune que Ross mais qui est aux portes de la mort.
Ross a fait venir Jeffrey là où il se trouve avec Artis, au Kazakhstan, un lieu qu’Artis explorait en tant qu’archéologue, mais il n’est pas question de conditions spartiates et de fouilles, il est question d’un Centre ultramoderne et sophistiqué, dédié par des illuminés financés par des gens comme Ross, pour « tenter » l’immortalité, une certaine immortalité puisqu’il s’agit de cryogénation dans des capsules dédiées. Du Kazakhstan il ne sera donc pas question mais de philosophie de vie, de mort et de supposée immortalité, oui, largement.
Le tout avec un détachement incroyable qui ne permet pas au lecteur de s’impliquer, se projeter, dans l’ouvrage. C’est froid, glacé, comme un compte-rendu chirurgical.

« Je pense à Artis dans la capsule et j’essaie d’imaginer, contre toute raison, qu’elle est en mesure de profiter d’une conscience minimale. Je pense à elle dans un état de solitude virginale. Pas de stimulus, pas d’activité humaine susceptible de provoquer une réaction, pas la moindre trace de souvenir. Puis j’essaie d’imaginer un monologue intérieur, le sien, autogénéré, ininterrompu peut-être, la prose d’une voix à la troisième personne qui est aussi sa voix, une forme d’incantation dans une tonalité basse. »

Soft anticipation très littéraire …

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