La disparition de Josef Mengele
de Olivier Guez

critiqué par Anna Rose, le 5 octobre 2017
( - 46 ans)


La note:  étoiles
Sinistre sujet
L'auteur nous raconte l'histoire effroyable de la fuite du docteur Mengele, médecin des camps de concentration dont les actions relevaient non pas du soin mais de la torture et actes de barbarie. A la fin de la guerre, il réussit à échapper aux alliés en se cachant dans une ferme avant de se réfugier en Argentine comme bien d'autres compatriotes. Il n'aura de cesse pendant plus de trente ans d'espérer revenir dans son pays natal.
Ce roman raconte le processus d'exfiltration des nazis vers l'Argentine et d'autres pays d'Amérique latine à l'issue de la seconde guerre mondiale. Il s'attache à décrire les conditions de vie de ces "réfugiés" qui bénéficieront de largesses et facilités de la part des gouvernements en place. Il faudra la prise de conscience mondiale de la Shoah pour bousculer cet exil doré et commencer à faire trembler ces nazis.
Romancé, cet épisode sinistre de l'Histoire est passionnant à lire, en plus d'être instructif.
Mengele, Mengele, Mengele… 5 étoiles

Je n’ai pas grand-chose à ajouter aux très bonnes et très nombreuses critiques précédentes.
Ce livre est donc l’histoire de la cavale du criminel de guerre Josef Mengele, de sa fuite de l’Allemagne occupée en 1949 jusqu’à sa mort par noyade (accidentelle?), au Brésil où il se cachait en 1979.
C’est une très belle introspection de la part de M. Olivier GUEZ (*1974) bien que l’on se demande souvent au cours de la lecture du livre, quelle est la part du vrai et quelle est la part de l’imagination de l’auteur.

C’est bien écrit, prenant et les pages se tournent toutes seules mais on n'a bien sûr (et heureusement pour nous d’ailleurs!...) aucune possibilité de trouver le personnage principal ne fut-ce que "sympathique" et à éprouver une quelconque empathie pour lui. Forcément vu le «pedigree» du personnage, qui est plus un monstre qu'autre chose, l’auteur ne fait rien pour nous le rendre plus humain et le lecteur se surprend plutôt à espérer que Mengele se fasse attraper ou même pourquoi pas, assassiner!

Malgré tout, le livre souffre d’une certaine lenteur. Des pages et de pages de digressions et de détails viennent s’ajouter au récit dont on se demande parfois ce qu’elles viennent faire là? (augmenter l'épaisseur du livre ?) P. ex. la vie et les mœurs de Juan PERÓN ou encore d’Alfredo STROESSNER. Franchement je me serais volontiers passé de la biographie détaillée d’aussi sinistres personnages, j’aurais bien mieux aimé que M. GUEZ nous donne celle d'autres personnes présentes dans le livre comme Simon WIESENTHAL (1908-2005) ou encore le Procureur général du Land de Hesse, Fritz BAUER (1903-1968) qui fit tellement d’efforts afin d'obtenir justice et compensations aux victimes du régime nazi et qui est aujourd’hui totalement oublié, même dans son propre pays!

Je finis donc le livre plutôt mitigé, c’est un «bon cru» pour le Renaudot, mais j’en ai lu de biens meilleurs! C’est surtout destiné aux amateurs d’histoire (en particulier celle de la Deuxième Guerre Mondiale), mais le livre peut aussi être lu comme une simple biographie. Il y a un très grand travail de recherche et on voit bien que M. GUEZ maîtrise son sujet, mais il y a quand même quelques erreurs. Ce n’est pas mauvais, mais pas franchement bon. C’est une histoire intéressante, mais je me demande ce qui me restera en mémoire dans quelques temps? C’est distrayant mais en aucun cas de la très grande littérature…
Je finis donc ma lecture un peu... Disons... "Confus"?..

Rappelons que ce roman est lauréat du Prix Renaudot 2017.

Septularisen - Luxembourg - 50 ans - 16 septembre 2018


L'ange de la mort 7 étoiles

Olivier Guez nous relate la fuite et l’exil de Joseph Mengele, le tristement célèbre docteur d’Auschwitz, qui pratiquait des expériences sur les déportés, et en particulier sur les jumeaux, au nom d’une pseudo-science .

A l’instar d’autres livres, comme en particulier « La mort est mon Métier » de Robert Merle, qui évoquait la vie du chef de ce camp de la mort, Rudolf Hoess, l’auteur décrit la pensée fanatique du docteur Mengele, sa froideur et son esprit calculateur déshumanisé.

Un livre qui intéressera certainement les lecteurs attirés par l’histoire de la seconde guerre mondiale, le nazisme et les filières ayant permis les exfiltrations des criminels de guerre.

Le style est très fluide et efficace ; de très courts chapitres s’enchainent et conduisent le lecteur dans un récit sans lui permettre de se lasser une seconde.

Aucune déception possible sans pour autant être face à un très grand roman d'une haute valeur littéraire.

Pacmann - Tamise - 53 ans - 29 août 2018


Passionnant 9 étoiles

Ce Livre m'a passionnée, car couvre une époque que l'on raconte rarement : celle de l'après guerre, celle des criminels en fuite, des nazis reconvertis. Il est très bien écrit, la trame est bien menée et l'auteur est bien renseigné.
A lire, pour ceux que l'Histoire intéresse !

Krys - Haute-Savoie - 35 ans - 10 juin 2018


Le vrai du faux ? 8 étoiles

On a énormément parlé de Josef Mangele dans la presse de l’époque et dans les innombrables livres qui ont traité du sujet. Comment démêler le vrai du faux ? ... Mission presque impossible !
Olivier Guez en a rajouté un, ni meilleur ni moins bon, avec sa part d’authentique (recherches assez poussées) et sa part romanesque qui donnent un assemblage digeste. On va dire que ce qui écrit est sans doute ce que les gens veulent lire, les prix littéraires sont frileux et doivent se conformer à l’attente du « politiquement correct ». (sauf bien entendu les exceptions)
Le livre ici cité est bien écrit (toujours un plus de lire de la qualité), le récit est cohérent et la description de Mengele est intéressante. Le lecteur apprend à le détester méthodiquement et le suspense consiste à se demander s’il souffrira assez.
La foule crie lors des exécutions publiques, elle attend du spectacle… le monstre doit souffrir à petit feu.
L’auteur a-t-il réussi son pari ? Un Renaudot ce n’est déjà pas si mal.
Un bon livre, sans plus.

Monocle - tournai - 58 ans - 6 juin 2018


Docteur Mengele 8 étoiles

L'histoire de Josef Mengele, docteur bourreau nazi dans les camps de concentration.
Qui jouait a la vie ou à la mort avec les prisonniers.
Fait prisonnier à la fin de la guerre, il fut libéré???????? Parti se réfugier en Amérique du Sud, soutenu par un réseau, il se cacha tout le reste de sa vie.
Bien documenté, j'ai appris des choses sur cette période qui fait froid dans le dos.

Free_s4 - Dans le Sud-Ouest - 44 ans - 27 février 2018


Intéressant 6 étoiles

"La disparition de Josef Mengele" se lit très bien, d'une traite, et ne possède pas, pour ma part, de qualité littéraire particulière.

Je lis peu de choses concernant la Seconde Guerre mondiale et à ce titre, oui, j'ai appris des éléments de la vie de Mengele, même s'il est gênant de ne pas savoir toujours ce qui était purement historique et factuel, et ce qui provenait de l'imagination de l'auteur. (Donc on check Wikipedia de temps en temps, même si okeyyy ce n'est pas la meilleure source historique).

Je le conseille pour ceux qui souhaitent avoir une première approche de ce personnage et de l'organisation de l'exil des nazis en Amérique centrale/du Sud, car pour les autres, je pense que cela manquera d'épaisseur.

Badzu - versailles - 43 ans - 13 février 2018


La force du destin 7 étoiles

Très intéressante et très documentée cette première partie du livre, où l'on découvre l'implication de l'Argentine de Peron et des suppôts du nazisme.On comprend aussi que nombre de nazis se sont habilement reconvertis et fondus dans l’Allemagne d'Adenauer sans être poursuivis. Mais la biographie du médecin SS n'a rien de vraiment palpitant. Ce qui aurait intéressé c'aurait été les états d'âmes du personnage vus de l'intérieur. Mais comme son intérieur est totalement dénué de sentiments ou de la moindre trace d'humanité, c'est évidemment difficile! L'approche est donc factuelle et simplement descriptive, comme dans un reportage. Il est glaçant de se rendre compte que ce sinistre personnage , une sorte d'incarnation du mal absolu, ait pu s'abrité derrière un mur de solidarité et de silence grâce à la fortune de sa famille.

La seconde partie du livre, celle où l'on suit l'errance du pervers narcissique Joseph Mengele de traque en traque et comporte d'insoutenables flashbacks de sa vie de bourreau nazi devient par contre bien plus intéressante. Il est terrorisé par la perspective d'être exécuté comme Eichmann qu'il a croisé dans son exil. On s'aperçoit que les agents du Mossad on failli l'arrêter... mais que la destinée a choisi autrement: lui faisant subir à ciel ouvert un emprisonnement bien plus terrible que tout jugement et punitions infligées par une instance humaine. C'est cet élément qui rend à ce livre une valeur plus universelle.

Deashelle - Tervuren - 9 ans - 18 janvier 2018


Dans la peau d'un bourreau 9 étoiles

Joseph Mengele, médecin-bourreau à Auschwitz, a disparu ; il est en fuite.
Joseph Mengele est médecin à Auschwitz, il met en pratique les grands principes de la race pure allemande. A la chute du Reich, il s'enfuit, aidé par sa famille, de gros industriels à Günsburg. Il se retrouve en Argentine sous un faux nom, où se sont réfugiés bon nombre de nazis et où la dictature péroniste ferme les yeux sur ces étrangers au passé trouble. L'argent arrange bien des choses. Mais le Mossad israélien veille et donne des sueurs froides à ce « Grégor » ! Heureusement pour lui qu'il est protégé par des proches qui le font déménager au Paraguay, au Brésil.
Olivier Guez a réalisé un remarquable travail de recherche autour de ce personnage abject qu'est Joseph Mengele. Tout ce qu'a réalisé Josef Mengele a Auschwitz est horrible, mais selon une idéologie bien orchestrée par une propagande au service de l'Etat. Cela fait réfléchir le lecteur ; est-ce possible que pareille idéologie revienne en vainqueur ?

Ddh - Mouscron - 76 ans - 6 janvier 2018


Une rencontre à faire 8 étoiles

C'est un étonnant voyage que l'on fait dans ce livre : la ligue de "solidarité " des pro-nazis qui se construit autour de la survie puis de l'installation, dans un monde qui doit leur être favorable.
Mengele y est décrit comme un véritable monstre d'égoïsme, incapable de la plus petite prise de recul, auto-centré, ignoble envers tous, même et surtout envers ceux qui jusqu'au bout, ont (pourquoi ?) tenté de l'accompagner
Le personnage a tout du méchant : sa vie de nazi, son déni du serment d’Hippocrate, son absence totale de réflexion sur ce qui fut son monde, ses ignobles expériences, et ensuite, sa pauvreté d'être et cette étonnante capacité à se sentir supérieur au reste du monde et à croire que tout lui est dû ... et je ne parle même pas de son rapport aux femmes !
Si on doit penser qu'un être incarne le mal absolu, alors oui, Mengele en est bien un des symboles.
Ce livre est, à ce niveau, de la belle ouvrage, triste, très triste ...
Sur un plan purement littéraire, je mets de gros bémol : des phrases lourdes qu'il faut parfois relire plusieurs fois pour comprendre, des fautes de syntaxe et d'orthographe gênantes...
Une belle découverte, un livre qui a sûrement nécessité beaucoup de recherches, mais , pour moi, pas un "Renaudot"

DE GOUGE - Nantes - 61 ans - 17 novembre 2017