La disparition de Josef Mengele
de Olivier Guez

critiqué par Anna Rose, le 5 octobre 2017
( - 45 ans)


La note:  étoiles
Sinistre sujet
L'auteur nous raconte l'histoire effroyable de la fuite du docteur Mengele, médecin des camps de concentration dont les actions relevaient non pas du soin mais de la torture et actes de barbarie. A la fin de la guerre, il réussit à échapper aux alliés en se cachant dans une ferme avant de se réfugier en Argentine comme bien d'autres compatriotes. Il n'aura de cesse pendant plus de trente ans d'espérer revenir dans son pays natal.
Ce roman raconte le processus d'exfiltration des nazis vers l'Argentine et d'autres pays d'Amérique latine à l'issue de la seconde guerre mondiale. Il s'attache à décrire les conditions de vie de ces "réfugiés" qui bénéficieront de largesses et facilités de la part des gouvernements en place. Il faudra la prise de conscience mondiale de la Shoah pour bousculer cet exil doré et commencer à faire trembler ces nazis.
Romancé, cet épisode sinistre de l'Histoire est passionnant à lire, en plus d'être instructif.
Une rencontre à faire 8 étoiles

C'est un étonnant voyage que l'on fait dans ce livre : la ligue de "solidarité " des pro-nazis qui se construit autour de la survie puis de l'installation, dans un monde qui doit leur être favorable.
Mengele y est décrit comme un véritable monstre d'égoïsme, incapable de la plus petite prise de recul, auto-centré, ignoble envers tous, même et surtout envers ceux qui jusqu'au bout, ont (pourquoi ?) tenté de l'accompagner
Le personnage a tout du méchant : sa vie de nazi, son déni du serment d’Hippocrate, son absence totale de réflexion sur ce qui fut son monde, ses ignobles expériences, et ensuite, sa pauvreté d'être et cette étonnante capacité à se sentir supérieur au reste du monde et à croire que tout lui est dû ... et je ne parle même pas de son rapport aux femmes !
Si on doit penser qu'un être incarne le mal absolu, alors oui, Mengele en est bien un des symboles.
Ce livre est, à ce niveau, de la belle ouvrage, triste, très triste ...
Sur un plan purement littéraire, je mets de gros bémol : des phrases lourdes qu'il faut parfois relire plusieurs fois pour comprendre, des fautes de syntaxe et d'orthographe gênantes...
Une belle découverte, un livre qui a sûrement nécessité beaucoup de recherches, mais , pour moi, pas un "Renaudot"

DE GOUGE - Nantes - 61 ans - 17 novembre 2017