Thé à l'opium
de Bianca Tam

critiqué par Jfp, le 1 octobre 2017
(Yerres (Essonne) - 69 ans)


La note:  étoiles
amours et trahisons
Mère (elle aura six enfants), prostituée (de haut luxe), espionne (au service du Japon de l'empereur Hirohito), spéculatrice (pour ne pas dire contrebandière), mannequin (pour Christian Dior, du temps de sa splendeur), Bianca Tam aura tout fait, sauf le ménage, la cuisine et la toilette de ses enfants. Ses atouts : sa beauté, dont elle se vante abondamment, restée inentamée après ses multiples grossesses, et son intelligence, dont elle ne se vante guère mais qui lui permettra pourtant de vaincre toutes les difficultés. Elle raconte sa vie, mouvementée comme on s'en doute, et plus particulièrement son périple à travers la Chine en guerre contre l'envahisseur japonais. Issue d'une riche famille patricienne de Rome, au temps du fascisme triomphant, elle va tomber follement amoureuse d'un jeune élève-officier chinois, qu'elle épousera et suivra, pour le meilleur et pour le pire, dans cette guerre qui mit aux prises trois adversaires : japonais, chinois nationalistes et communistes. La suite est faite de hasards, de rencontres et de la nécessité de faire vivre sa nombreuse famille, tout en assouvissant ses désirs amoureux et financiers dans un pays en plein chaos. Quel tempérament ! Bianca Tam se raconte avec franchise, sans rien cacher des aspects assez troubles de sa personnalité, et l'émotion est présente à toutes les pages. Malgré la répulsion que l'on peut avoir pour une personne capable de trahir ceux qu'elle aime au plus profond d'elle-même, on vibre pour cette jeune femme au destin hors du commun…