Le Choix du Roi - Tome 01 : Première trahison
de Jean-Claude Bartoll (Scénario), Aurélien Morinière (Dessin)

critiqué par Shelton, le 30 septembre 2017
(Chalon-sur-Saône - 61 ans)


La note:  étoiles
Une série qui en surprendra plus d'un...
Cet album ne fait plus partie des livres de la rentrée mais j’avoue que sa sortie en mai dernier permet quand même de l’inclure dans les albums du moment même si j’ai bien compris que ces derniers temps les durées de vie en librairie sont de plus en plus courtes… Donc, ouvrons cette série, Le choix du roi, avec son premier volume, Première trahison.

De quoi s’agit-il ? On serait tenté d’affirmer très vite que nous sommes en présence du énième ouvrage ou documentaire sur l’arrivée sur le trône britannique d’Edward, prince de Galles et amant de Wallis Simpson… Cette affaire est connue et on se demande bien ce que l’on va pouvoir découvrir de nouveau…

C’est un peu le sentiment avant d’entrer dans la bande dessinée… car, en fait, cette affaire reste encore très mystérieuse. On a beaucoup dit sur cette femme, on lui a beaucoup prêté de sentiments, d’amitiés, d’amants, d’idées politiques, d’accointances avec le régime nazi mais si on veut rester factuel, il n’y a pas grand-chose de prouvé, d’établi, de démontré, d’historique… Il faudrait avoir accès aux archives, à des courriers privés… et ce qui n’a pas été détruit est bien enfermé !

Alors, il n’est pas étonnant de voir un scénariste comme Jean-Claude Bartoll s’emparer de l’affaire – il semblerait qu’il y ait une longue préméditation – en tentant de respecter les faits apparents et en meublant astucieusement les vides, les blancs, les absences, les creux… Du coup, un beau récit par la femme de chambre de Wallis Simpson…

Le premier album de cette série commence à la mort de George V et on va vivre les premières heures d’Edward au pouvoir… rappelons que son aventure ne va durer que quelques mois et qu’il ne sera jamais couronné. C’est son frère qui va prendre le relais après son abdication…

Officiellement, il s’agirait d’une affaire de cœur et de religion. Edward est amoureux d’une femme divorcée et l’Eglise Anglicane ne souhaite pas ce mariage. D’ailleurs, signalons au passage que le roi est le chef de l’Eglise Anglicane et qu’à ce titre il doit être exemplaire…

Très vite, on comprend qu’il pourrait bien y avoir des causes d’une autre nature… Et si Wallis Simpson avait des relations trop proches des nazis, si elle espionnait pour cette puissance étrangère, si elle trahissait son pays… Enfin, son pays, c’est beaucoup dire car elle n’est pas anglaise mais américaine… Donc, un scénario très bien construit, crédible et on attend avec une grande impatience la suite de cette série…

Quant à la narration graphique d’Aurélien Morinière, je fais partie des lecteurs qui la trouvent très efficace, certes assez sombre mais sombre comme cette époque et comme l’ambiance familiale des Windsor… Donc, je ne suis pas choqué du tout. L’encrage est dur et épais, ce qui rend les visages anguleux et encore plus noirs, angoissés, tristes… Et soudain, Wallis Simpson est au lit avec un de ses amants – oui, elle n’en a pas qu’un – et les couleurs reviennent, la lumière jaillit et on devine quelques sourires… Attention, n’achetez pas cette bande dessinée pour des scènes hypothétiques de sexe, vous pourriez être très déçus… Le propos n’est pas là, elles ne sont présentes que pour expliquer certains fonctionnements et rouages de cette affaire.

Voilà donc pour moi une bonne bande dessinée que j’ai lue avec plaisir sans jamais m’ennuyer…