La chambre des époux
de Éric Reinhardt

critiqué par Killing79, le 8 septembre 2017
(Chamalieres - 38 ans)


La note:  étoiles
Belle écriture pour texte inconsistant
Présentation de l'éditeur
Nicolas, une quarantaine d'années, est compositeur de musique. Un jour, sa femme Mathilde apprend qu'elle est atteinte d'un grave cancer du sein qui nécessite une intense chimiothérapie. Alors que Nicolas s'apprête à laisser son travail en plan pour s'occuper d'elle, Mathilde l'exhorte à terminer la symphonie qu'il a commencée. Elle lui dit qu'elle a besoin d'inscrire ses forces dans un combat conjoint. Nicolas, transfiguré par cet enjeu vital, joue chaque soir à Mathilde, au piano, dans leur chambre à coucher, la chambre des époux, la symphonie qu'il écrit pour l'aider à guérir.


Mon avis: Eric Reinhardt m’avait envoûté avec son précédent roman « L’amour et les forêts ». C’était la première fois que je le lisais et j’en suis ressorti enchanté. J’avais découvert sa belle écriture aussi exigeante que poétique. Il avait même réussi à me passionner pour une histoire d’amour et de maladie, deux thèmes qui ne font pas vraiment parties de mes sujets de prédilection. En fermant les dernières pages, je m’étais alors dit que je venais de lire le grand livre d’un grand écrivain.

Dans cette dernière réalisation, l’auteur s’attaque une nouvelle fois aux ravages de la maladie. Il nous emmène dans le passé et nous raconte toutes les conséquences de ce drame sur sa famille. Au centre du roman, il utilise une mise en abîme qui lui permet de fantasmer son destin en accentuant les traits et embellissant les sensations. Le roman étant court, cette seconde partie n’est finalement qu’une copie de la première et devient de fait quelque peu répétitive. L’histoire semble tourner en rond.

Là où « L’amour et les forêt » se présentait comme un hommage au combat d’une femme face à son destin, « La chambre des époux » est beaucoup plus personnel et par le fait plus autocentré. L’auteur ne s’attarde que sur ses propres sentiments, certes avec talent, mais oublie en route les vraies victimes. A l’instar de certaines critiques, je trouve ce texte peut être un peu trop égocentrique. En parlant uniquement de lui, le narrateur semble vouloir laisser un témoignage, pour se libérer de ses démons. Cette délivrance apparaît alors plus indispensable à son auteur qu’à ses lecteurs.
La plume d’Eric Reinhardt reste tout de même au top niveau. A part certains tics de langage légèrement lassants (répétition à outrance de détails dans plusieurs phrases consécutives), il nous livre de belles lignes et de belles pages dont il a le secret et que l’on relit juste pour la forme.

En conclusion, je sors déçu par le manque d’intérêt de l’histoire même si c’est toujours un plaisir, pour un amoureux des mots comme moi, d’explorer une langue si bien maîtrisée.