La société dopée
de Jean-François Bourg, Jean-Jacques Gouguet

critiqué par Colen8, le 2 septembre 2017
( - 76 ans)


La note:  étoiles
L’hypocrisie aujourd’hui, le post-humanisme demain, ou alors…
La question formulée dans le sous-titre contient la réponse à la négation près. L’introduction résume l’argumentation de la première moitié du livre sur les motivations conjointes des instances du sport, des médias, des soignants, des sponsors, enfin des sportifs « à l’insu de leur plein gré », ayant pour conséquence l’avance permanente des tricheurs sur les gendarmes. Les législations antidopage apparues seulement vers la fin des années 1960 se sont avérées irréductibles vis-à-vis de pratiques couramment admises et connues de tous. L’idéologie de la performance qui règne majoritairement dans une société soumise au néolibéralisme déborde sur le domaine du sport professionnel certes, mais aussi amateur. Les enjeux financiers ont attiré les mafias pour lesquelles les produits dopants ne sont qu’un revenu de plus. On en vient à redouter les avancées cumulées de la techno-science, biotechnologies et génie génétique, neurosciences, prothèses intelligentes qui conduisent tout droit au post-humanisme. Quelques optimistes prônent une régulation du dopage sous contrôle médical dans un souci de santé publique. Les plus sages ont conscience des limites physiologiques du corps humain qu’ils jugent à l’aune d’une croissance illimitée dans un monde aux ressources finies. Leur solution serait le renoncement au sport business, au gigantisme inutile des manifestations mondiales, un retour à l’éthique des valeurs d’épanouissement et de convivialité que l’on perçoit encore un peu dans les pratiques des amateurs purs.