Les écrivains et le fait divers
de Minh Tran Huy

critiqué par Colen8, le 1 septembre 2017
( - 78 ans)


La note:  étoiles
Leur source d’inspiration
Bof, les faits divers, vraiment ? Eh bien oui ! On se laisse aisément surprendre en suivant cet étonnant itinéraire dans des sentiers mystérieux de la création romanesque, poétique et dramaturgique qui dépassent largement le cadre anecdotique. Avant même l’imprimerie circulaient sur formats volants dits « occasionnels » ou canards les événements marquants, exceptionnels, réels pour certains, fantasmés pour d’autres, les nouvelles sur la vie des personnages illustres, les histoires plus scabreuses, tout ce qui alimente les médias encore aujourd’hui. En bonne logique les mythes de l’antiquité semblent dériver de la même source. Il y a une fascination toujours renouvelée du public pour les récits sortant de l’ordinaire, en particulier pour « les chroniques de sang » autrement dit pour essayer de comprendre les motivations insensées des auteurs de crimes relayées par les chroniques judiciaires. Après avoir pendant des années recherché et exploré des centaines de références Minh Tran Huy sert magistralement l’histoire de la littérature, par une tentative inachevée selon elle, alliant néanmoins virtuosité, finesse et précision. « Le Rouge et le Noir » n’échappe pas à ce panorama où sont aussi largement commentés les romans populaires de Dumas et Sue, les romans naturalistes de ces écrivains-journalistes tels Balzac, Zola, Flaubert, les romans policiers classiques des Poe, Leblanc, Leroux, l’œuvre des surréalistes prenant l’opinion à revers et tant d’autres créations jusqu’aux plus récentes conçues à partir de faits divers découverts fortuitement, puis entrés en résonance dans l’esprit de leurs auteurs. A la fin, elle reconnait avoir écrit son roman « La Double Vie d’Anna Song (2009)» en mariant des éléments autobiographiques à une imposture vraie parue dans la presse anglo-saxonne.