Exister suffit de Véronique Joyaux

Exister suffit de Véronique Joyaux

Catégorie(s) : Théâtre et Poésie => Poésie

Critiqué par Cyclo, le 4 août 2017 (Bordeaux, Inscrit le 18 avril 2008, 71 ans)
La note : 10 étoiles
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quand l'amour s'en va

Avec son nouveau recueil, Véronique Joyaux nous livre les états d’âme de l’amour perdu (“Il n’y a que les sons de l’absence”), où le silence règne désormais en maître (“Les phrases ont coulé à pic dans le silence”), où il faut se réhabituer à vivre dans la solitude (“Et l’on vit sans trop de présence / Tout se ressemble à l’horizon”), dans la douleur corporelle même : “Toujours se redresser fatigue”. Sachant aussi que : “En fait ce que nous avons perdu / nous ne l’avons jamais possédé”.
Ce qui fait que, pourtant, la vie continue : “La vie est simple / Il n’y a rien à attendre / simplement laisser la porte ouverte”, ce qui laisse l’espoir, puisque maintenant on sait “où l’on va où l’on aime où l’on se brise les ailes”. Sans doute, on a compris que “Nous sommes parfois des êtres sans fond”, mais on peut toujours laisser voler “l’instant pour que ne meurent pas tous ces jours qui ont existé”.
Au fil des jours, elle se demande si la poésie ne va pas la quitter : “J’attends que les hêtres s’agitent / Le jour vient de si loin / Le temps lance ses arches / Les mots n’arrivent plus”, tant elle ressent : “Je suis un coquillage vide”. Mais pourtant elle a toujours cette envie furieuse de “Toucher sans cesse la douceur des mots”, et elle peut même proclamer :“mais je prends à deux mains la lumière”, et : “Avec les mots je deviens”.
D’où le titre de ce petit recueil qui complète une œuvre déjà abondante : “Exister suffit / Exister vraiment / Emplir nos vies / Ne pas se contenter d’être”. Sans doute ce que le poésie permet, justement.

Quelques poèmes choisis :


Aube cendrée horde vanneaux
qui tissent dans le soir une nuit avancée
le fil de leur bec coupant le ciel en deux
Je croyais t’aimer à en mourir
Nous nous sommes quittés et nous sommes en vie
Certes plus fragiles et plus désespérés
mais la vie est puissante et têtue
Les blessures que l’on croyait à toujours ouvertes
se ferment en cicatrices comme des empreintes
Et l’on se surprend à rêver d’un autre amour


Cette nuit gorgée de sève comme un arbre
se lève avec une senteur de jasmin et de miel
Étoiles irrépressibles évadées de l’heure exacte
rides opalescentes sablier du temps
elle ne démantèle ni l’aube ni les mots


On est là
On attend toujours quelques chose
On croit vivre parfois
quand on ne fait qu’être là


Un bien beau recueil qu’apprécieront tous ceux qui ont aimé.

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