Malefica - tome 3 La voie du sang
de Hervé Gagnon

critiqué par Goupilpm, le 27 juillet 2017
(La Baronnie - 62 ans)


La note:  étoiles
Du progrès mais trop prévisible dans son ensemble.
Après La voie du livre et La voie royale, deux tomes pour ma part en demi teinte car le sexe prenait trop le pas sur l'intrigue, j'ai finalement décidé de lire cet ultime tome de la trilogie.

L’inquisiteur Guy de Maussac, qui avait été embastillé avec la complicité du Capitaine des mousquetaires le comte de Tréville, est libéré et n'a qu'un désir se venger. Anneline qui vivait paisiblement en Bretagne avec sa fille va être rattrapée par l'histoire. D'un autre côté les nostalgiques de la Fronde veulent mettre la main sur le secret des Dujardin pour détrôner le jeune roi Louis XIV. Anneline et les siens sont une nouvelle fois en danger car nombreux sont ceux qui veulent percer leurs secrets… mais il reste encore un élément à découvrir.

Avec le dernier élément à trouver l'intrigue est relancée avec une histoire que l'auteur arrive à rendre historiquement plausible mais la répétition des faits devient parfois lassante. En effet l'auteur utilise à plusieurs reprises les mêmes procédés pour relancer et donner du rythme à l'histoire. Si cette manière de procéder a l'avantage de donner une bonne dynamique au récit, la répétition des mêmes procédés finit par lasser le lecteur qui a tendance à sauter des lignes pour trouver quelque chose de neuf. On a parfois l'impression d'avoir un brin de remplissage alors que le lecteur préférerait qu'on aille à l’essentiel. Toutefois la rencontre avec des personnages de l'Histoire (avec un grand H) est très intéressante, la crédibilité de l'histoire n'en est que renforcée.

Les personnages des Dujardin manquent quelque peu de nuances, on ne trouve que peu de différences au niveau psychologiques notamment du côté féminin où la petite fille ressemble par trop à sa mère et à sa grand-mère. On a parfois l'impression de copier-collé. D'un autre côté même l'auteur a tendance à un peu trop insister sur la méchanceté des antagonistes.


L'auteur a voulu bien faire ressortir l'atmosphère qui régnait à l'époque de l'Inquisition sur le peuple mais il a tendance parfois à trop pousser au paroxysme cette cruauté, à manquer un peu de retenue et le lecteur a l'impression que hormis les Dujardin tout le monde est atteint des pires vices.

Certes c'est bien rédigé, il y a de l'action, tout est sa place, rien n'est laissé au hasard mais le côté prévisible de certains faits fait perdre auprès du lecteur de l'intérêt. On aurait préféré par moments que l'auteur nous envoie sur de multiples fausses pistes ce qui aurait permis au lecteur d'être immergé d'une aura de mystère qui n'est pas assez prononcée. On aurait également aimé que l'auteur, à l'instar des Damnés, nous sorte un final venu de nulle part, dès la moitié du roman la fin étant malheureusement connue du lecteur.

Au final, le postulat de départ de la trilogie était intéressant, mais le récit par trop prévisible, et dans les premiers volumes trop axé sur le sexe, nous donne une série certes divertissante mais manquant quelque peu d’intérêt. On espère retrouver l'auteur dans une autre histoire plus addictive.