Quand sort la recluse de Fred Vargas

Quand sort la recluse de Fred Vargas

Catégorie(s) : Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Dixie39, le 25 mai 2017 (Inscrite le 12 mars 2017, 47 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 6 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 413ème position).
Visites : 2 037 

La morsure de l'araignée...

Toujours avant d'ouvrir le dernier Vargas : cette crainte que la magie n'opère plus, cette volonté de ne pas se laisser emporter par cette aura entourant ses livres, capable de nous ôter tout esprit critique, sous prétexte que « c'est du Vargas » ! Faire table rase de toutes les étoiles d'avant. Remettre les compteurs à zéro et se lancer.
Ça y est. J'y suis. Je le tiens entre mes mains. Ce n'est pas que j'hésite à le commencer, mais plutôt que je savoure l'instant. Un Vargas, c'est comme un bon vin. Ça se regarde, ça se hume, ça se rêve, avant d'entamer la première phrase. Les premiers mots…

Il y a une part de féerie dans l'écriture de Vargas, une injonction à ne plus douter, à se laisser porter et accepter son univers : celui où les recluses sortent de leur tanière, où les vieilles dames surfent sur internet avec autant de dextérité qu'un jeune geek, où les chats se portent au pied des gamelles et où les framboises se picorent pour ne pas crever.

"- Raconte-moi cette femme qui t'a offert une araignée morte.
- Les hommes offrent bien des manteaux de fourrure. Quelle idée. Imagine-toi serrer dans tes bras une femme qui porte soixante écureuils morts sur le dos.
- Tu vas porter ton araignée sur le dos ?
- Je l'ai déjà sur les épaules. Louis."

La magie opère. Perdue à travers les brumes, je suis les pensées évanescentes d'Adamsberg, les regarde se disperser doucement pour petit à petit laisser affleurer quelques vérités du passé. J'ai envie de botter le cul de Danglard, rajouter quelques ingrédients à la garbure, chercher la cellule et creuser la terre, amusée par ce nouveau visage de la Rétancourt… Je savoure doucement la lecture, me délectant des nouvelles inventions, bizarreries et trouvailles de l'auteure.
Mais ne vous y trompez pas : la noirceur des âmes n'a d'égale que la pesanteur des bulles qui naviguent entre deux eaux neuronales du cerveau de notre cher commissaire.

"C'est souvent, quand on a eu un enfer, qu'on en parle et on en parle, comme s'il fallait le tuer tous les jours. Vous me suivez ? Qu'on en parle même en rigolant, comme si ç'avait été un paradis. le bon vieux temps, quoi. Et eux, leur enfer, (...) ils l'appelaient 'La Miséricorde'."

Alors oui ! Vargas fait du Vargas. Mais c'est tellement bon, qu'on laisse le livre à portée de main, pour mieux rêver du prochain…

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Adamsberg a toujours une araignée au plafond …

8 étoiles

Critique de Pierrot (Villeurbanne, Inscrit le 14 décembre 2011, 66 ans) - 18 mai 2018

Avec ce roman, je retrouve le dessus du panier de Fred-Vargas. Avec notamment une triple enquête dont une femme très bien roulée qui passe nez en moins sous les roues d’un 4x4… Un voyeur qui ne tourne pas très rond, observant avec sa lunette sa victime aller au petit coin… Et puis cette histoire de recluse à huit pattes, qui réussit à déséquilibrer toute une brigade de bipèdes.
Sans compter un frangin qui rafraichit la mémoire du commissaire, un commissaire qui remet du plomb dans la tête de Danglard qui malgré son érudition, pète les plombs. De la psychanalyse, de l’arachnologie, et surtout des rapports humains plus vrais que nature !

meurtres sur la toile

10 étoiles

Critique de Jfp (Yerres (Essonne), Inscrit le 21 juin 2009, 69 ans) - 3 février 2018

Fred Vargas aime s’attaquer aux peurs ancestrales et aux grands mythes ayant traversé l’histoire de l’humanité. Ici, l’araignée, accompagnée de son fidèle compagnon le venin, est au centre de l’enquête particulièrement difficile que va devoir mener le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg à la suite de morts inexpliquées. Trois vieillards meurent des conséquences d’une piqûre d’araignée, avec des doses de venin sans commune mesure avec le pouvoir de cette araignée solitaire, guère amatrice de chair humaine, appelée "recluse brune" ou "araignée violoniste". Adamsberg va devoir reconquérir pas à pas la confiance de sa brigade, mise à mal par le caractère quelque peu bizarre de ses intuitions et une campagne de dénigrement savamment orchestrée par son adjoint Adrien Danglard. On va de surprise en surprise, comme sait le faire avec brio Fred Vargas, voyageant aux quatre coins de la France à la poursuite de l’araignée tueuse. Au passage, une belle leçon d’humanisme et un vibrant plaidoyer contre la maltraitance au travers d’une galerie de personnages en souffrance. Puisse ce message être entendu par nos dirigeants, tant civils que religieux…

Exterminer les blaps

7 étoiles

Critique de Marvic (Normandie, Inscrite le 23 novembre 2008, 59 ans) - 9 octobre 2017

Il ne faudra que quelques heures à Adamsberg, rappelé d'Islande, pour résoudre l'assassinat d'une femme écrasée. Mais le fait divers de morts par piqûres d'araignée, provoque en lui un malaise dont il ignore l'origine.
Trois morts en si peu de temps, par une araignée assez discrète, cela suffit à ce qu'il cherche à en savoir plus. Même si pour les membres de son équipe, il y a des limites aux divagations de leur commissaire.
Quelques irréductibles accepteront discrètement de l'aider, puis au fur et à mesure de l'évidence de meurtres prémédités, le rejoindront dans son enquête. Sauf le commandant Danglard. Malgré toute les preuves.

C'est toujours avec beaucoup de plaisir que je retrouve les personnages de Fred Vargas.
Je suis cependant surprise de trouver dans ce roman une intrigue aussi simple, elle qui nous a baladés en Islande, avec Robespierre dans son dernier roman, qui frôle l'ésotérisme, la superstition rurale, nous offre un roman assez banal comparé aux titres précédents. N'en reste pas moins le plaisir de retrouver ces personnages originaux, une intrigue singulière et une écriture très agréable.

Que du bonheur !

10 étoiles

Critique de Jyps (, Inscrit le 30 août 2017, 53 ans) - 30 août 2017

Fred Vargas au sommet de son art...
Super roman, très bien écrit, ça valait le coup d'attendre. Personnages toujours aussi attachants. Que du bonheur !
L'impression du bouquin est médiocre, je regrette Viviane Hamy.

lassant

4 étoiles

Critique de Nietniet (, Inscrit le 4 octobre 2015, 68 ans) - 9 août 2017

Troisième ou quatrième Vargas que je le lis et je dois dire que celui-ci ne m'a pas donné envie d'en lire d'autres. Très vite j'ai soupçonné quelle en serait la fin et j'ai obstinément poursuivi la lecture pour vérifier que mon intuition était bonne. Je veux bien apprendre beaucoup de choses sur les recluses, araignées ou autres mais franchement les bulles d'Adamsberg, le côté trop caricatural de ses adjoints, les invraisemblances dans leur relation au chef m'ont fait souvent sourire. Adamsberg est vraiment trop excentrique à mes yeux pour que je suive ses états d'âme permanents mêlant intuition fulgurante, paternalisme, humilité, doute et voyance auto-psychanalysée.
En résumé, j'ai pas aimé!

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