Leopard Hall
de Katherine Scholes

critiqué par Alapage, le 14 mai 2017
( - 51 ans)


La note:  étoiles
Troublant!
Leopard Hall est un roman à la fois touchant, mais également difficile à lire en raison de nombreuses scènes de guerre. La notoriété de l'auteure n'est plus à faire, d'avance nous savons à quel point celle-ci est investie dans ses œuvres.

Ce roman à deux voix alterne entre Anna qui part à la recherche de son père et Dan, ce père qui ne sait pas que bientôt il retrouvera enfin sa fille. Avec en toile de fond, la révolution qui débute au Congo!

Anna vit en Australie depuis le divorce de sa mère. Sa vie se voit chamboulée lorsqu'un détective lui apprend que son père va bientôt mourir et qu'il voudrait la voir avant de trépasser. Il veut qu'elle vienne le rejoindre au Congo. Sa mère, Marilyn, est apeurée, et ce, pour deux raisons : le climat politique au Congo est instable, mais il semblerait également que Marilyn ait peur que son ex-mari dévoile certains secrets à sa fille. Pour une fois, Anna tient tête à sa mère et décide de suivre son cœur d'enfant. Elle quitte donc pour le Congo afin d'aller à la rencontre de son passé et de ce père dont elle n'a presque plus de souvenirs.

Entre-temps, Dan reçoit une lettre pendant son congé et qui l'obligera à faire un choix assez rapidement soit celui de continuer son petit bout de chemin en Tanzanie ou revenir sur les routes de son passé au Congo en étant à la tête d'un groupe de mercenaires. Pour lui, partir au Congo et aller délivrer le peuple est un but noble et veut apporter son soutien à cette cause et à ce pays où il a vécu autrefois.

Dès l'arrivée d'Anna au Congo, les choses se corsent. Son père décède immédiatement après leur première et brève rencontre. Elle apprendra par la suite qu'il l'a adoptée et que son père biologique est en fait le premier mari de sa mère. Elle décide donc de partir à la recherche de celui-ci.

Quant à Dan, il a la chance d'avoir un groupe d'hommes aux nombreuses qualités qui lui permettront de rendre à bien sa mission, mais un événement imprévu l'obligera à ne pas poursuivre sa route vers le Nord. Il doit absolument partir à la recherche de sa fille qu'il ne savait pas être au Congo.

L'un comme l'autre au cours de ce récit, leur chemin croisera celui d'Eliza. Cette Américaine au fort caractère qui semble avoir un lien avec les rebelles de cette révolution. Pour Anna, elle sera une amie qui l'aidera à trouver son père. Pour Dan, elle sera la belle rousse à la Jaguar. Elle jouera un rôle prédominant non seulement dans leur vie, mais également dans ce début de révolution. Tous deux se demanderont à un moment donné : mais qui est-elle?

Je dois dire qu'au début du roman, j'ai eu beaucoup de difficultés à adhérer au personnage de Dan. Peut-être en raison de toute cette violence qui l'entoure, peut-être en raison du départ lent de l'intrigue... je ne pourrais pas dire. Il est vrai que la guerre n'est jamais rose et l'auteure décrit les scènes avec tellement de réalisme que parfois cela m'a perturbée. Et de savoir qu'encore aujourd'hui il y a beaucoup d'instabilité dans ce pays, cela rend encore plus horrible ces événements. Malgré que ce soit une œuvre de fiction, il n'en reste pas moins que l'auteure s'est appuyée sur des faits réels. Il y a une scène particulière qui m'a beaucoup émue : "Il se rapprocha et remarqua des traces de pas rouges qui s’entrecroisaient, empreintes de rangers et de pieds nus entremêlées. Son regard s’arrêta sur une empreinte qui était seule, à part. Nette, parfaite. Laissée par le pied d’un enfant. La nausée l’envahit, il sentit un poids se déposer en lui, lourd et dur comme une pierre..."

Toujours est-il que je reste assez mitigée quant à savoir si j'ai apprécié ou non ce roman. Difficile avec un tel contexte... Je reste choquée, troublée par ce que vivent les Congolais. L'auteure a su m'ouvrir les yeux sur une réalité que je ne connaissais pas. C'est ce que je retiendrai le plus de ce roman.