Drive-in & grindhouse cinema : 1950's-1960's de Régis Dubois

Drive-in & grindhouse cinema : 1950's-1960's de Régis Dubois

Catégorie(s) : Arts, loisir, vie pratique => Cinéma, TV

Critiqué par AmauryWatremez, le 9 mai 2017 (Evreux, Inscrit le 3 novembre 2011, 48 ans)
La note : 9 étoiles
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les perles du cinéma d'exploitation

Le cinéma dit « bis », les « séries Z » selon le terme en vigueur un peu méprisants, sont devenues à la mode depuis déjà quelques années. N'importe quel pékin moyen peut se déclarer cinéphile en déterrant de l'oubli un film d'épouvante, de SF fauchée ou d'horreur. Un peu à cause de Tarantino, se voyant comme grand cinéphile devant l'éternel, et de « Pulp Fiction » où il cite de nombreux films « d'exploitation » qu'il connait par cœur. Car plutôt que d'évoquer des « séries B » ou « Z » sans trop savoir ce qu'il y a derrière ces termes, il convient plutôt de parler pour les longs métrages parfois transgressifs, parfois talentueux, mettant en scène des extra-terrestres aux yeux pédonculés poursuivant des jeunes filles terrifiées en bikini, ou sans bikini.

Ce cinéma d'exploitation, il n'existe plus, tué par la vidéo, se divisait aux Etats-Unis en « Grindhouse », cinéma de quartier avec un triple voire quadruple programme de films, et « Drive-in » où les œuvres présentées étaient surtout conçues pour permettre aux garçons de « conclure » avec les filles et aux filles de feindre la peur pour donner l'impression de ne pas se laisser faire trop rapidement. En Italie on les appelait les films de « filons » (le filon copie de « Mad Max », de « Star Wars » etc...). Regarder ces films, ou d'autres, devant sa télévision, tout seul ou avec d'autres, ce n'est pas du tout la même chose que d'aller le voir au cinéma.

On me rétorquera que le cinéma commercial américain actuel, ultra-formaté à de rares exceptions, s'inspire fortement de ce qui était projeté dans les circuits d'exploitation. Avec cependant beaucoup plus de moyens, mais les scenarii sont toujours autant invraisemblables, les ficelles énormes, les psychologies des personnages croquées grossièrement. Bien entendu, comme avant, certains parviennent encore à contourner les règles et s'exprimer vraiment au sein d'un système de production beaucoup plus directif et cadré qu'auparavant...

...Les grands producteurs des années 40 étaient de gentils « boy scouts » à côté des « executives » actuels.

Les « séries B » étaient des films « de studio » tournés dans de bonnes conditions dans des décors déjà existants afin de les rentabiliser. Comme il fallait néanmoins économiser la pellicule, entre autres, les cinéastes inventèrent d'autres formes de cinéma, telles celles au sein du « film noir » (le dialogue des deux personnages face à la caméra, les éclairages expressionnistes marqués etc...). Ces « séries B » ont eu leurs génies aussi, elles ont permis à des figures marquantes comme Fritz Lang de continuer à créer ou à quelques fous de cinéma de montrer leurs délires, de Ed Wood à Russ Meyer, le compulsif des gros seins.

L'intérêt du « Grindhouse » est que c'est du vrai cinéma, du cinoche qui n'oublie pas ce qu'il était au début, à savoir une attraction foraine. Le spectateur suspend son incrédulité et que les trucages soient simplistes n'y change rien, il suit l'histoire, il se laisser mener. S'il recèle cependant parfois des pépites notables, comme par exemple le très beau « Carnival of souls », la plupart de ces bandes sont des innommables navets sauf peut-être au trente-deuxième degré et encore. Et chose curieuse des réalisatrices, citons Doris Wishman, ont travaillé en son sein, en particulier pour la plupart des « nudies » et des films de « sororités » tournés dans les années 60. L'un de ces films fût le dernier de Buster Keaton.

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