Des hommes sans femmes
de Haruki Murakami

critiqué par Pacmann, le 5 mai 2017
(Tamise - 52 ans)


La note:  étoiles
Des nouvelles du maître japonais
Ce recueil de nouvelles a pour fil rouge des histoires d'hommes qui vivent ou qui ont vécu auprès de femmes dont ils se trouvent soudainement séparés.

Ces chroniques d'hommes qui ont été séparés souvent de manière brutale, voire violente nous mènent ainsi sur les traces d'un homme qui cherche à savoir pourquoi sa femme disparue l'a trompé, d'un médecin tombé amoureux d'une de ses nombreuses amantes, d'un patron de bar cocu qui quitte tout une fois qu’il prend sa femme en flagrant délit d'adultère et j’en passe.

L’adultère semble pour l’auteur une pratique tolérée, voire hypocrite, mais elle ne l’est plus une fois que le conjoint trompé l'apprend.

On retrouve évidemment l'atmosphère que sait développer Murakami et qui donne à son œuvre toute sa particularité. Comme d’habitude on passe par tous les sentiments qui se mêlent les uns aux autres : réalisme, tristesse, tragique ou encore mystère.

Je préfère cependant l'art du maître japonais dans ses romans fleuves que dans de courts récits même si on retrouve en filigrane les thèmes chers à l’auteur que sont l’amitié entre les hommes, les relations entre les sexes et le sens à donner à sa vie. Les femmes sont comme d’habitude très présentes et les évocations érotiques ne manquent pas, mais dans un style tellement naturel que le plus prude des lecteurs ne pourra s’offusquer.

Bien qu’inégales, ces nouvelles recueilleront un assentiment par les affidés de l’auteur ou plus généralement par ceux qui veulent se bercer de son écriture.
Sept petites nouvelles 8 étoiles

Comme chaque fois avec Murakami, on ne se trompe pas lorsqu'on se plonge dans l'une de ses œuvres.
J'ai bien apprécié le mystère qui plane dans chacune de ces 7 petites nouvelles.
Ma préférée est l'avant dernière qui s'intitule "Samsa amoureux". La tension dure jusqu'au bout pour savoir ce qui a bien pu arriver à cet homme nu, enfermé dans une chambre sordide sans fenêtres et qui, soudain erre, tel un cadavre, dans une maison bourgeoise désertée.. On apprend que des tanks sillonnent la ville.. Sont ce les tanks soviétiques envahissant un pays de l'Est, Hongrie ou Tchécoslovaquie ? On sait que l'homme s'appelle Gregor Samsa..

Ce qui est surprenant dans ces 7 nouvelles, c'est leur chute. on ne saura jamais ce qui est arrivé, on voudrait tant connaître la suite, mais non... L'auteur nous met l'eau à la bouche durant tout le récit, puis... Plouf! On reste sur sa faim. Cela me fait penser à l'un de mes animateurs d'ateliers d'écriture qui disait : "Une nouvelle se termine lorsqu'elle doit finir..."

Darius - Bruxelles - - ans - 14 septembre 2017