Lettre encyclique- Redemptor hominis de Jean-Paul II

Lettre encyclique- Redemptor hominis de Jean-Paul II

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Spiritualités

Critiqué par Emilien Halard, le 17 mars 2017 (Inscrit le 19 mai 2016, 31 ans)
La note : 8 étoiles
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La 1ère encyclique de Jean-Paul II

Redemptor hominis est la première encyclique du pape Jean-Paul II. Ecrite 4 mois après son élection, elle fait office de livre-programme du nouveau pape.

L’Eglise est alors en pleine crise. Presque 15 ans après la fin du concile Vatican II, le flou est entretenu par les médias et par une partie du clergé sur la nature des changements réellement opérés durant le concile.

LIVRE-PROGRAMME DE JEAN-PAUL II

Beaucoup de fidèles catholiques sont complètement désorientés.
C’est pourquoi, Jean-Paul II consacre cette encyclique à clarifier un certain nombre de points.

CLARIFIER L’OECUMENISME

Sur l’œcuménisme, tout d’abord.

Bon nombre de chrétiens croient sincèrement qu’aucune branche du christianisme ne détient à elle seule la vérité, et que les différentes églises doivent donc chercher ensemble quel est vraiment le message du Christ concernant leurs points de dissension.

Seulement, ce n’est pas le point de vue de l’Eglise catholique. Le pape le rappelle avec force : « la véritable activité œcuménique (…) ne peut signifier que l’on renonce ou que l’on porte un préjudice quelconque aux trésors de la vérité divine constamment confessée et enseignée par l’Eglise ».

Autrement dit, l’Eglise catholique ne changera pas son enseignement sur les points de désaccord avec les protestants. Et elle continuera à considérer que les protestants sont dans l’erreur (dans l’ « hérésie », pour reprendre le langage religieux) sur ces questions. En revanche, l’Eglise catholique recherchera la vérité avec les non-catholiques sur les points que son Magistère n’a pas encore tranchés.

Deux autres points de la foi catholique avaient été particulièrement obscurcis lors de « la difficile période post-conciliaire ». Il s’agit de la nature du sacrement de l’eucharistie et de la nécessité de la confession.

LE SACRIFICE DU CHRIST

Dans l’eucharistie, rappelle le pape, « le mystère du Christ s’offrant lui-même en SACRIFICE au Père se renouvelle continuellement ». Et en raison de sa dimension sacrificielle, l’eucharistie ne peut pas être uniquement une occasion de célébrer la fraternité entre chrétiens. Il en découle un « devoir d’observer rigoureusement les règles liturgiques ».

Saint Paul est ensuite cité (« Que chacun s’éprouve donc lui-même et qu’il mange de ce pain et qu’il boive de ce calice ») pour rappeler « le lien étroit qui existe entre l’eucharistie et la pénitence ».

LA CONFESSION INDIVIDUELLE, UN DROIT DU CHRIST LUI-MÊME

Le Pape insiste sur la nécessité de la dimension individuelle de la confession des péchés. Il y voit un droit du pénitent à une rencontre plus personnelle avec le Christ qui lui pardonne, mais aussi « un droit du Christ lui-même à l’égard de chaque homme qu’il a racheté ».

Ce droit qu’a le Christ est un droit de « rencontrer chacun de nous à ce moment capital de la vie de l’âme qu’est le moment de la conversion et du pardon ».

Au-delà de ces rappels de l’orthodoxie catholique, Jean-Paul II développe un thème qui sera un leitmotiv de son pontificat. En effet, le pape est émerveillé par la nature humaine.

Dans les aspirations qui habitent le cœur de tout homme, quelle que puisse être son ignorance de l’évangile, il voit les traces du Dieu créateur.

Il en résulte un vif désir de reconnaître et valoriser tout ce qu’il y a de bon et de beau chez des non-chrétiens : « la recherche de la vérité, l’insatiable nécessité du bien, la faim de la liberté, la nostalgie du beau, la voix de la conscience ».

Jean-Paul II reprend à ce propos la phrase de Saint Augustin : « Tu nous a fait pour Toi, Seigneur, et notre cœur est inquiet jusqu’à ce qu’il repose en Toi ».

LA MISSION, NOUVELLE CONSTRUCTION

Cette considération n’est pas purement théorique. Elle emporte des implications très concrètes sur l’attitude missionnaire de l’Eglise.

L’attitude missionnaire doit en effet commencer par « un sentiment de profonde estime face à ce qu’il y a en tout homme, pour ce que lui-même, au fond de son esprit, a élaboré au sujet des problèmes les plus profonds et les plus importants. La mission n’est jamais une destruction, mais elle est une reprise à son compte des valeurs et une nouvelle construction ».

L’admiration du pape s’étend même au contenu des religions non-chrétiennes dans lesquelles il voit « autant de reflets d’une unique vérité ».

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