Volcano
de Shūsaku Endō

critiqué par Dirlandaise, le 5 mars 2017
(Québec - 62 ans)


La note:  étoiles
Le mal ne dort jamais
Jimpei Suda, un spécialiste japonais en météorologie et sismologie ayant passé de longues années à étudier le volcan situé près de la ville où il réside doit faire face à sa retraite et à une maladie grave. Malgré de nombreux signes annonciateurs d’une éruption imminente, le vieil homme persévère à nier une telle possibilité habité par la conviction voulant que le volcan soit désormais inoffensif encourageant ainsi un conseiller municipal à poursuivre la construction d’un centre de retraite catholique situé sur le flanc de la montagne. Mais Jimpei doit aussi faire face à une découverte qui le bouleverse en surprenant une conversation entre son fils ainé et sa belle-fille à son sujet. Il réalise alors que, depuis sa retraite et sa maladie, il est devenu un fardeau pour sa famille et n’a jamais été aimé par sa femme qu’il a toujours traitée comme une servante et par ses fils qui le considèrent comme un étranger. Un autre personnage vient se greffer à cette histoire : il s’agit d’un vieux prêtre catholique d’origine française occupant la chambre contigüe à celle de Jimpei à l’hôpital où il est soigné. Le vieil ecclésiastique défroqué vit sa vieillesse cyniquement en provoquant malicieusement des scandales presque partout où il se présente. Il reste convaincu de la dangerosité du volcan et cela devient pour lui une idée fixe.

Roman pathétique dont le thème principal est la vieillesse et la mise au rencart de la vie professionnelle. Le personnage principal est aux prises avec les doutes et les souffrances morales exacerbées par l’approche de la mort. Un roman bouleversant écrit de main de maître par un des plus grands écrivains japonais d’après-guerre.