La Vouivre de Marcel Aymé

La Vouivre de Marcel Aymé

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Palmyre, le 15 avril 2004 (Inscrite le 15 avril 2004, 55 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 5 avis)
Cote pondérée : 6 étoiles (10 529ème position).
Visites : 3 395  (depuis Novembre 2007)

Une belle histoire un peu triste

L'histoire se passe dans la campagne du Jura dans l'entre deux guerres. La vouivre est une créature fantastique, une jeune femme très belle, toujours accompagnée de serpents auxquels elle semble commander. Les paysans qui disent l'avoir rencontrée l'ont vue la plupart du temps se baigner dans les mares ou les rivières. C'est d'ailleurs les seuls moments où elle enlève son diadème orné d'un gros rubis...
Arsène, un jeune fermier, découvre un beau matin qu'elle n'est pas qu'une légende...
Un beau roman, teinté d'une touche de fantastique qui parle bien de la vie des paysans et nous brosse une galerie de personnages très attachants.

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Toujours aussi savoureux Marcel Aymé...

10 étoiles

Critique de JEANLEBLEU (Orange, Inscrit le 6 mars 2005, 49 ans) - 18 mai 2015

Ce roman mêle plusieurs des thèmes de prédilections de Marcel Aymé :
- un village dans la campagne jurassienne de l'entre deux guerres (avec ses histoires de familles, ses luttes entre les cléricaux et les anti-cléricaux, ...),
- le fantastique (représenté ici par le personnage de la Vouivre,
- l'humour à la fois caustique et tendre envers ses personnages,
- l'importance des animaux (notamment ici les chiens pour le côté domestique et les vipères pour le côté sauvage et le symbole phallique),
- la liberté des mœurs de certains personnages (on n'est pas ici dans la "Jument Verte" mais quand même ... !).

L'ensemble donne un cocktail savoureux qui porte tantôt à sourire, tantôt à méditer...

A noter quelques scènes d'anthologie (comme la construction d'une maison en une nuit !) ou certains personnages dignes de San-Antonio (comme le fossoyeur Requiem).

Un très bon moment de lecture servi dans la langue si pure, si précise et si expressive de Marcel Aymé !

J'ai prolongé cette lecture par le visionnage du film avec Lambert Wilson et je dois dire que j'ai été un peu déçu car le film a tellement simplifié le roman et ses personnages qu'il en est devenu un peu caricatural. Heureusement que Jean Carmet (extraordinaire dans le rôle de Requiem) sauve l'ensemble.

Tentation...

8 étoiles

Critique de Lecassin (Saint Médard en Jalles, Inscrit le 2 mars 2012, 61 ans) - 16 juin 2012

« La vouivre », en Franche-Comté, est un animal fabuleux, sorte de grand serpent -chauve- souris dont l'habitude est de déposer sur la berge, le rubis qui orne son front pour aller au bain. Gare à celui qui s'aventurerait à voler la pierre précieuse : il serait immédiatement assailli et mis à mort par une « armée » de vipères.
Natif du Jura et d'origine rurale, Marcel Aymé ne peut qu'être frappé par cette légende aux origines celtiques. Aussi nous fait-il entrevoir La vouivre, ou plutôt la fait-il apparaître au bain, à Arsène Muselier alors qu'il fauche près d'un étang. Résistera-t-il à la tentation malgré son intérêt pour Juliette Mindeur , qu'une querelle ancestrale lui interdira d'épouser ? Et Rose Voiturier, la fille de maire ? Et Belette, la servante « avenante » ?
Publié en 1943, « La vouivre », c'est avant tout et surtout pour Marcel Aymé, l'occasion de présenter au lecteur une galerie de portraits campagnards savoureux où l'on découvre le duo habituel maire-curé, mais aussi, et c'est moins habituel, le fossoyeur… et Rose, Juliette et Belette…
Un conte fantastique, certes, mais également une comédie de mœurs, bucolique et savoureuse.

Vipères et beauté immortelle.

8 étoiles

Critique de Tistou (, Inscrit le 10 mai 2004, 61 ans) - 1 mars 2010

On le sait, Marcel Aymé est originaire du Jura. Pas étonnant dans ces conditions qu’il ait exploité ce qui serait une légende régionale ; celle de la vouivre.
Qui est la vouivre ? Une jeune femme de grande beauté, immortelle et à l’éternelle jeunesse, une divinité (du Malin ?), qui hante les bois et commande aux vipères. Elle porte une coiffe où étincelle un rubis gigantesque, objet bien entendu de toutes les convoitises.
Soit donc un petit hameau du Jura où vivent en mauvaise entente les familles d’agriculteurs des Muselier et des Mindeur. Le genre de haine tenace nouée depuis des lustres, tellement longtemps qu’on ne sait même plus pourquoi. Soit une population rurale crédule et bonasse, ballotée entre les convictions républicaines et laïques du maire et l’ardeur religieuse du curé. Soit le simplet du village local, soit Belette la pauvre fille servante chez les Muselier et amoureuse du fils cadet, Arsène Muselier, plus malin que les autres. Soit … toutes ces choses de la ruralité telles qu’on les imaginait (ou qu’elles existaient ?) dans l’entre-deux guerres ou l’après-guerre, et qui évoquent irrésistiblement « Clochemerle ». Beaucoup de clichés donc, et saupoudrez-y une légende jurassienne, celle de la vouivre.
La vouivre qui erre à travers bois et champs pour se baigner dans une mare par-ci, dans une rivière par-là, complètement déshabillée et nue, et donc notamment sans son fameux rubis qu’elle porte en diadème, revient dans les environs et apparait tout à coup à une succession de locaux. L’évènement est au mieux nié, au pire ridiculisé, mais … la vouivre est apparue également à Arsène Muselier. Il est plus malin, on l’a dit. Et Arsène a vu la femme, pas seulement le rubis comme les autres. Et la vouivre a vu qu’Arsène l’avait vue comme femme. Elle tombe du coup amoureuse, ou en affection, avec Arsène qui a déjà bien à faire avec l’amour que lui porte Belette et le mariage de raison qu’il entend mener auprès de Rose Voiturier, la fille du maire.
Quand on saura que les visionnaires de la vouivre n’auront de cesse que d’essayer de voler le rubis lorsqu’elle se baigne et qu’ils meurent alors sous les assauts de milliers de vipères inféodées à la vouivre et qui protègent son rubis, ça va faire beaucoup de morts, créer beaucoup de problèmes, agiter maire et curé … C’est sur tout cela que va broder Marcel Aymé pour nous faire passer son amour du pays, avec comme de coutume le brin de fantastique – la vouivre en l’occurrence – qui lui est habituel, pour gloser sur les rivalités laïques républicaines et catholiques, pour … écrire un roman au goût de sauvageonne.

Un personnage fantastique peu crédible

6 étoiles

Critique de Franaud (, Inscrite le 23 mars 2004, 42 ans) - 25 juillet 2006

J'ai eu du mal à rester concentrée sur les pages du livre par moments: en effet la Vouivre m'a paru assez peu crédible: ses discours sur les premiers jurassiens sont un peu trop didactiques, et la Vouivre en gants blancs et petit chapeau à la ville m'a semblé ridicule!
Mais comme ce n'est pas le personnage principal de ce livre, juste un des ressorts de l'action, cela n'a pas beaucoup entaché la lecture.
L'impression qui m'en reste est assez bonne, et je me demande simplement comment le livre a été exploité au niveau cinématographique. Ce sera sûrement une des mes prochaines locations.

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