Star Wars Atlas Galactique
de Emil Fortune, Tim McDonagh (Dessin)

critiqué par Numanuma, le 15 février 2017
(Tours - 44 ans)


La note:  étoiles
Geek only
Sur le fonds, bonne idée. Sur la forme, il y a à redire.
Cet atlas galactique de l’univers Star Wars est sorti en novembre 2016, soit presque un an après Le Réveil de la Force et un mois avant la sortie de Rogue One. Il se rattache donc plus au plan marketing de ce dernier volet mais son propos lui permet de s’inscrire dans une ligne éditoriale globale visant à soulager encore un peu plus le portefeuille, déjà sérieusement mis à mal par les nombreux produits dérivés, du fan, produits qui vont du sous-verre aux beaux livres richement illustrés en passant par les figurines et les mugs, etc. …
En effet, contrairement aux beaux livres ou aux romans, qui peuvent attirer des lecteurs curieux qui ne sont pas forcément des adeptes du sabre laser, cet atlas est un objet purement geek. L’introduction précise que le volume est l’œuvre du « grand artiste Ithorien Gammit Chond ». Voilà…
Suivent alors : une très belle carte de la galaxie et une précieuse chronologie, qui regroupe les événements majeurs survenus en films et dans les séries Clone Wars et Star Wars Rebels. Encore une fois, le principe du multivers est mis en branle. La datation se fait à partir de la bataille de Yavin. Pour les non-initiés, il ne s’agit ni plus ni moins que de la date de la destruction de la première étoile noire, celle de l’épisode IV. Un événement fondateur donc.
Suivent alors, sur une double page, une série de figures historiques qui regroupe des figures ultra connues comme Dark Vador, Luke Skywalker ou R2 D2, ainsi que des personnages culte, en ce sens que seuls les fans sauront les reconnaître, comme Lobot ou Wedge Antilles.
Ensuite, le livre prend sa vitesse de croisière selon le système suivant : une double page présentant les différentes planètes d’une région de la galaxie à l’aide d’une carte, toujours de très bonne facture, puis, une série de doubles pages présentant la carte d’une planète en particulier et les événements qui s’y sont produits.
Comme je l’ai dit plus haut, sur le fond, l’idée est bonne car, dans un univers aussi vaste, avoir une datation précise des faits est d’autant plus nécessaire que les épisodes sont sortis dans le désordre. Les cartes galactiques permettent de situer les nombreuses planètes citées dans les films, séries et romans. Elles permettent également d’envisager à la hausse les temps de trajet à vitesse lumière, les distances étant parfois gigantesques.
Sur la forme, tout n’est pas bon. Si les cartes galactiques sont très belles, les cartes des planètes le sont beaucoup moins. De plus, les illustrations des événements ou d’éléments typiques de la faune ou de la flore, sont parfois à la limite du ridicule. Par exemple, p. 46, sur Endor : l’un des stormtroopers est tellement étrangement dessiné que son casque évoque une parodie du tueur des films « Scream ». Sur Kashyyk, la planète natale de Chewbacca, le portrait de Yoda est tout simplement horrible.
Pire encore, les illustrations, accompagnées à d’une date et d’une description, semblent placées au petit bonheur la chance. La BD obéit à des règles de lecture. Ces règles semblent absentes ici, rien ne permet de savoir dans quel sens se fait la lecture des cartes, ni même s’il y a un sens… Enfin, certaines cartes ne mentionnent aucune date, ainsi en est-il de la carte de Jedha, alors qu’une grande partie de Rogue One s’y déroule…
Visuellement, le résultat est donc mitigé, le très réussi partageant la vedette avec le moyen, voire le raté.
Il s’agit donc d’un ouvrage geek, d’un gadget utile dans une certaine optique, par exemple si vous faites un jeu de rôles dans cet univers. Pour le non-fan, il s’agit de 20€ perdus au fond de la passe de Kessel (référence geek). Même pour les autres, l’intérêt est douteux. Je m’explique. La série de films n’étant pas finie, d’autres événements surviendront, qui rendront ce 1er volume obsolète. On imagine sans trop de mal que, dans quelques années et autant de nouveaux épisodes, un nouvel atlas, actualisé, viendra remplacer celui-ci. Certes, ce sera une aubaine pour les collectionneurs. Personnellement, j’attends un manuel du jeu de sabbac avec ses variantes. Geek, je vous dis !