Pourvu que ça brûle
de Caryl Férey

critiqué par Killing79, le 5 février 2017
(Chamalieres - 38 ans)


La note:  étoiles
La révolte dans les veines
De la Nouvelle-Zélande à l'Australie en passant par l'Indonésie, la Jordanie, le Chili ou les Etats-Unis, un carnet de route très rock, l'autoportrait en noir et blanc de l'auteur de Zulu, Mapuche et Condor, Caryl Férey, chantre du thriller engagé, avec qui la réalité devient fiction survoltée. Caryl Férey a grandi en Bretagne, près de Rennes, une terre qu'il aime pour ses côtes déchiquetées, ses concerts dans les bistrots et ses tempêtes. Grand voyageur, il a bourlingué en Europe à moto et fait un tour du monde à 20 ans. Depuis, il n'a plus cessé de le parcourir. En 1998, Haka a marqué ses débuts d'auteur de polar. Suivront Utu, Zulu (grand prix des lectrices de Elle policier, prix Quais du polar, etc.), adapté au cinéma, et Condor, paru en mars 2016.


Mon avis: Même si vous n’avez entendu que du bien sur Caryl Ferey (et c’est vraiment mérité !), même si le design de la couverture est vraiment attrayant, vous ne devez pas vous lancer dans ce livre sans avoir lu au préalable quelques romans de l’auteur. Car à travers ces pages, il a décidé de nous raconter son histoire, pleine de voyages et d’aventures mais toujours par le prisme de ses écrits. Moi, qui suis un grand fan, j’avais lu ses trois derniers opus. Et bien dans ce texte, ce sont bien les passages correspondants à ces ouvrages qui m’ont le plus passionné. J’ai fait le lien entre la réalité qu’il a décelée et les histoires qui en ont découlé. J’ai pu constater alors toute la résonance que les lieux, les personnes et les contextes qu’il a rencontrés, ont eue sur son œuvre. Grâce à ces précisions, j’ai mieux compris ses luttes et les choses qu’il veut faire passer dans son travail.

Caryl Ferey nous fait découvrir sa vie de baroudeur. Il nous emmène aux quatre coins du monde. On le suit de l’innocence de ses débuts jusqu’à son couronnement cinématographique. Des plus petits troquets aux plus vastes espaces naturels, il entraîne le lecteur dans son périple aux côtés de sa bande de bras cassés. Au détour de grands moments aussi déjantés que touchants, il se révèle être un homme avide de nouveauté, de rencontres mais surtout de justice. Et c’est d’ailleurs ce qui m’a le plus marqué tout au long de ce récit: la révolte qui bouille en permanence dans ses veines ! Il semble constamment en quête de vérité comme s’il se nourrissait de tous ses combats.

Dans ses aventures parfois rocambolesques, il improvise sans cesse et se fie souvent au hasard. Mais lorsqu’il pose ses doigts sur le clavier, lorsqu’il décide de poser l’histoire sur le papier, le génie de Caryl Ferey reprend le dessus. Sa plume, d’une grande qualité littéraire, fait naître un texte fluide, tranchant et toujours juste. Par ce style exigeant et la puissance de ses messages, Caryl Ferey prouve une nouvelle fois qu’il fait partie du haut du panier et qu’il est une pièce maîtresse du roman noir français.
C’est un artiste qui a besoin d’attiser le feu qu’il a en lui pour alimenter sa rage. Donc, croisons les doigts : pourvu que ça continue de brûler !