Foutez-vous la paix
de Fabrice Midal

critiqué par Bafie, le 12 janvier 2017
( - 57 ans)


La note:  étoiles
Portes ouvertes sur mon jardin d'enfance
Je me sens bien en refermant ce livre : imparfaite mais heureuse, autorisée à être ce que je suis vraiment, à rejeter le corset des mille et quelques formatages subis depuis l’enfance !

Ce livre va rester sur ma table de nuit et, régulièrement, je m’y replongerai.
Il est la somme de 15 ans de pratique de Fabrice Midal en matière de méditation, sa vie lui a permis de décanter les mots de ce livre.

Ce sera aussi le travail de toute une vie que d’apprendre à ne plus avoir ce regard critique, sévère sur moi-même ; à me « foutre la paix ».

J’ai retrouvé dans cet ouvrage bien des idées, des pensées déjà lues, rencontrées, évoquées par avant ; comment ne pas penser à Imparfaits, libres et heureux de Christophe André, la notion des vagues de la vie me renvoie aux écrits de Thomas d’Ansembourg.

Rien, peut-être n’est vraiment neuf ou original dans ce livre si on le dissèque point par point, par contre l’ouvrage complet est sincère, connecté à la vie, à l’expérience sensible de l’auteur et c’est cet aspect qui touche et fait mouche.

Les mots qui coulent sur d’autres mots et sur nos maux ont un pouvoir si on leur offre le temps de percoler, j’ai pris énormément de plaisir à lire ce livre, à confronter le vécu, les pensées de l’auteur à ce que la vie m’a déjà offert d’expérimenter.

Merci à Flammarion et à Babelio de m’avoir permis cette lecture. Je l’avais fait livrer au boulot, il est déjà réservé par deux de mes collègues, je les encouragerai à venir déposer leurs impressions.

PS : pour prolonger la lecture : quelques méditations guidées accessibles gratuitement sur le site de l’auteur.
A mort la tyrannie du bien-être... 7 étoiles

Sur un ton aux allures certes un peu péremptoires, Fabrice Midal éclaire cette nécessité de remettre en perspective notre rapport au développement personnel et à la tyrannie du bien-être. On sait que certaines entreprises intègrent désormais la méditation dans le quotidien de leurs employés... mais est-ce pour autant qu'ils souhaitent leur épanouissement? N'y a-t-il pas derrière une volonté de détourner toute prétention à crier au stress et au burn-out, voire une tentative de rendement amélioré?
Mais au fond, méditer pourquoi, méditer comment, méditer c'est quoi?

La culpabilité de celui qui voudrait méditer mais n'y arrive pas est fréquente. Et ce livre a le mérite de désamorcer tout un tas de croyances oppressantes et douloureuses pour l'estime de soi. Combien nous luttons au quotidien ! Combien nous nous comparons, combien nous voulons braver le courant plutôt que d'accueillir les remous, combien nous nous leurrons sur les racines vivantes du désir !

Il cite Jean-Jacques Rousseau : "(...) l'amour-propre, qui se compare, n'est jamais content et ne saurait l'être, parce que ce sentiment, en nous préférant aux autres, exige aussi que les autres nous préfèrent à eux, ce qui est impossible."

On ne demande pas à Midal d'écrire un chef-d’œuvre de la littérature, mais de sortir son épingle du jeu dans cette nouvelle niche commerciale du développement personnel où, comme pour tout, on peut aujourd'hui trouver le pire et le meilleur. Nous ne sommes peut-être pas dans le meilleur, mais à défaut, on est dans le clair et le spontané. Et nous sommes dans une thématique où il faut souvent la répétition pour créer la notion.

Bienveillance, acceptation, confiance en soi. Des mots valises, mais qu'il nous appartient de remplir à notre façon...

Bluewitch - Charleroi - 39 ans - 30 décembre 2018


Quelques bons passages 7 étoiles

Je ne suis pas une grande fan de la méditation. Les rares fois où j'ai tenté l'exercice, je n'ai jamais réussi ne serait-ce qu'à me détendre. Il faut dire que rien que l'idée de devoir penser sans cesse à ne pas penser, ça m'épuise. Puis la position en tailleur ne m'est pas habituelle, du coup, j'ai vite mal au dos, au genou ou ailleurs ! Enfin, essayer de respirer, de se tenir droit, de ne pas penser... fichtre, je préfère m'abstenir et me vider l'esprit en lisant un bon bouquin.
Je ne suis pas sûre que "Foutez-vous la paix ! et commencez à vivre", le dernier livre de Fabrice Midal, connu comme philosophe et enseignant en méditation, participe de ma définition d'un bon bouquin. En revanche, c'est un ouvrage facilement abordable, qui évoque la vie de tous les jours, et le petites misères que l'on s'inflige soi-même quand elles ne viennent pas des autres, avec pas mal de franchise et de liberté.
Je regrette personnellement la formulation du titre et des chapitres, au format d'injonctions au final contradictoires (la forme impérative a quand même un côté contraignant qui jure à côté du message de se foutre la paix, non ?). J'ai moyennement apprécié le déballage de la vie de l'auteur, qui expose sa propre expérience pour nous démontrer comment il s'est sorti de cet engrenage, en prenant le temps de s'écouter et de constater ce qu'il en était de lui et de son état émotionnel du moment, grâce à la méditation pleine présence (et pas pleine conscience, ne pas confondre SVP !!). Du coup, il nous invite à y parvenir, comme lui y est parvenu ; ce qui est quand même un chouïa culpabilisant.
Ceci dit, je me trouve plutôt mauvaise langue : ce livre de F. Midal est, comme je l'ai dit, facile à lire et à appréhender. Ses messages sont relativement simples, et vont, me semble-t-il, dans le bon sens, celui d'un peu plus de bienveillance et de tolérance envers soi. Même si je parais un peu ironique, j'ai apprécié la précision du discours, l'attention portée par exemple à des mots pouvant paraitre proches mais qui sont significativement dissemblables : la pleine conscience vs la pleine présence (l'une procède de la conceptualisation, l'autre de la sensation), être calme vs être en paix (quand l'un se prémunit des émotions, les autres les acceptent pour ce qu'elles sont).
Je suis un peu critique sur cet ouvrage car il donne une impression de facilité "à se réconcilier avec soi-même", ce qui, finalement, ne dépend que de nous et de notre capacité à nous foutre la paix. Or, si les problématiques exposées me semblent à la fois pertinentes et bien amenées, il n'y a pas tellement de "solutions" apportées, en dehors d'une exhortation à moins de violence vis-à-vis de soi, et de l'apport que peut avoir la méditation pour certains. Un peu court, me dis-je, si des lecteurs de ce livre se trouvaient en souffrance...

Ellane92 - Boulogne-Billancourt - 43 ans - 2 février 2017