Clous - Poèmes hongrois et français de Agota Kristof

Clous - Poèmes hongrois et français de Agota Kristof

Catégorie(s) : Théâtre et Poésie => Poésie , Littérature => Européenne non-francophone

Critiqué par Pjb33, le 19 décembre 2016 (Bordeaux, Inscrit le 15 août 2016, 67 ans)
La note : 10 étoiles
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vertiges de la mémoire

Agota Kristof (1935-2011) est surtout connue pour son œuvre romanesque d’inspiration autobiographique ("Le grand cahier" et ses suites). Hongroise, elle fait partie de ces nombreux écrivains d’origine étrangère qui ont choisi une autre langue pour écrire, en l’occurrence le français. Mais elle avait commencé à écrire en Hongrie.
Elle a réuni avant sa mort ses poèmes que les éditions Zoé de Genève publient aujourd’hui. On y trouvera en édition bilingue les poèmes hongrois de jeunesse qu’elle a reconstitués de mémoire, car elle avait perdus en fuyant la Hongrie en 1956, auxquels s’ajoutent des poèmes plus récents écrits aussi en hongrois et des poèmes écrits directement en français.
Elle y explore l’éloignement : "tu es loin aussi loin que l’été / des visages et des barrières s’interposent entre nous" (Des routes hurlantes), l’usine : "Les jours se ressemblaient autant que les heures / qui couraient au long de la chaîne et sur nos mains / mille dix mille quelque part / assurément se transformaient en montagne / car nous sentions son poids sur nos cages thoraciques et moi / je n’ai vu personne parmi nous qui aurait eu / une seule raison pour éclater de rire " (Dans l’usine), le temps qui passe : "Tu aurais aimé te souvenir encore / mais de quoi / l’usine a pris pour elle le souvenir la jeunesse / et de quarante années de labeur il ne reste que / la fatigue mortelle " (La mort d’un ouvrier), la perte et la mort : "demain je sortirai dans la rue où les morts déambulent" (La fenêtre la nuit).
Elle y déploie un style simple et sans apprêts, qui coule et entraîne le lecteur : "chaque mouvement fait mal toute chute passe / chaque pensée est sans forme incompréhensible" ( Le vent). Un lyrisme discret apparaît ça et là : "avec mes yeux pleins de feuilles / à venir dans les arbres / j’attendais l’été" (Clous), quand elle évoque la nature, souvent présente : "les pierres dorment / parfois le lac les frappent [sic] brusquement" (Tout est loin).
Toujours difficile de se faire une idée de la qualité des poèmes étrangers, tant ça dépend de la traduction, en fait, transposition dans une autre langue. Mais ici, en dépit de quelques scories comme celle que je viens de signaler avec le [sic], on peut remercier la traductrice Maria Maïlat de mettre à notre disposition cet ensemble de textes que tous les admirateurs d’Agota Kristof vont s’empresser de découvrir.
Du moins, je l’espère, car la poésie aujourd'hui...

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