La plus grande serial-killer de tous les temps: Veuve Becker
de Elisabeth Lange

critiqué par Catinus, le 15 décembre 2016
(Liège - 66 ans)


La note:  étoiles
Palpitant
Elisabeth Lange nous raconte d’où vient Marie Petitjean, son arrivée à Liège à l’âge de 16 ans, ses premiers petits boulots. Son mariage avec Charles Becker qui est à la tête d’une scierie à Liège. Dès leur mariage en 1906, le couple habite rue Hocheporte, dans le quartier Sainte-Marguerite ; ils y resteront jusqu’à la mort de Charles en 1932. Entretemps, la veuve Becker est devenue une excellente et réputée couturière dans un magasin chic de la rue du Pot d’or. Elle a un jeune amant, Hody, elle aime le luxe et s’amuser. Ruinée à cause de la grande guerre et la crise de 1929, Marie Petitjean devient la confidente d’autres veuves ou de femmes délaissées qui ont toutes un dénominateur commun : une certaine aisance financière. Ensemble, elles boivent du thé « spécial » ou du porto avec un soupçon de digitaline, versé en catimini par la veuve Becker. Et quelques heures ou deux jours plus tard, les compagnes de la veuve agonisent et meurent. La meurtrière a eu largement le temps de dépouiller ses victimes. Lors de son procès en 1938, quelqu’un dira : « Elle met de la digitaline dans un breuvage comme nous, nous mettrions du sucre dans notre café. »
La seconde partie de ce livre, très agréable à lire, est consacrée au procès ; y compris quelques anecdotes croutsillyantes qui vont avec…

« Elisabeth Lange, née en 1923, est un auteur confirmé depuis de nombreuses années. Elle a notamment participé à la grande aventure des éditions Marabout. Depuis toujours, elle a fait du récit historique sa spécialité. »


Extrait :

- En Hocheporte, en 1906, tout se passait comme si les habitants de cette rue évoluaient dans un périmètre donné dont ils ne sortaient que pour les dévotions dominicales, où les habitudes se transmettaient de génération en génération, où la moindre fantaisie était commentée et répercutée à l’infini. Un riverain de Hocheporte aurait-il eu l’audace de s’aventurer en direction du boulevard de la Sauvenière, pourtant proche, ses voisins se seraient posé la question : que diable va-t-il faire … à Liège ?
Sans avoir l’allure des belles demeures patriciennes des grands boulevards, les maisons y étaient cossues, bâties par et pour des artisans. Vers l’arrière, faisant suite au logis principal, on trouvait les ateliers, les entrepôts de marchandises, des cours assez vastes pour y loger des charrettes de livraison, des stalles pour les chevaux. Toute la superficie disponible était occupée au fur et à mesure que grandissait la renommée et la famille de l’artisan. Sa plus grande fierté étant d’ajouter à la suite de son nom : et fils.
La scierie Becker père et fils était installée à l’intersection de Hocheporte et de la rue de l’Académie. La maison ne manquait pas d’allure avec les deux fenêtres de part et d’autre de porte d’entrée précédée de deux larges marches en pierre bleue usées en leur centre. Sur la gauche, un portail en fer forgé ouvrait sur les entrepôts de bois.