La nuit de l'oracle de Paul Auster

La nuit de l'oracle de Paul Auster
( Oracle night)

Catégorie(s) : Littérature => Anglophone

Critiqué par Jules, le 5 avril 2004 (Bruxelles, Inscrit le 1 décembre 2000, 73 ans)
La note : 9 étoiles
Moyenne des notes : 8 étoiles (basée sur 29 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (631ème position).
Discussion(s) : 2 (Voir »)
Visites : 5 072  (depuis Novembre 2007)

L'imagination et la réalité

Un nouveau livre de Paul Auster ne se met pas sous une pile d’ouvrages qui attendent d’être lus. En faire un résumé ne suppose pas trop de difficultés dans la mesure où l’on se limite à l’essentiel.

Sidney Orr est un jeune écrivain d’une bonne trentaine d’années. Il sort d’un choc physique qui l’a laissé entre la vie et la mort pendant des mois. Enfin il quitte l’hôpital et retrouve sa femme, Grace, dont il est éperdument amoureux. S’il est guéri, il n’en est pas moins très faible. Un matin, une de ses promenades dans le quartier le fait passer devant la vitrine d’une papeterie. N’ayant pas écrit une seule ligne depuis des mois, il entre et achète ce qu’il lui faut pour tenter d’écrire à nouveau. Il tombe sur un carnet portugais qui l’attire terriblement. Celui-ci a un format qui lui plaît et sa couleur bleue l’attire. Il l’achète donc après avoir fait une causette avec le propriétaire du magasin, un chinois répondant au nom de Chang.
Rentré chez lui, il prend sa plume et, sans beaucoup d’espoir, entame la première page du cahier. Elle court sur le papier et il ne s’arrêtera que plusieurs heures plus tard, ne s’étant même pas rendu compte que sa femme était déjà rentrée du bureau depuis un bon moment. L’inspiration est là et ce qu’il a écrit lui semble bon…

Bien plus tard, il va se poser de très nombreuses questions quant à ce carnet bleu !

Ce livre nous réserve de très nombreuses surprises et rien ne permet de nous rendre compte où Auster va mener Sidney et Grace ainsi que leur ami John Trauser, grand écrivain américain nettement plus âgé qu’eux.

Par contre, le travail d’écriture que Sydney a réalisé dans son carnet bleu portugais nous instruit très fort quant à la manière dont une histoire peut se construire. Elle est si passionnante que l’on voudrait à tout prix en connaître la suite.

Mais la grande question n’est pas là ! L’essentiel réside dans le fait de savoir si le travail de l’écrivain n’est pas une anticipation de la réalité, un futur qui arrivera, plutôt que la simple construction d’une fiction. Et Auster fait dire à John Trauser : « Les pensées sont réelles, disait-il. Les mots sont réels. Tout ce qui est humain est réel et parfois nous savons certaines choses avant qu’elles ne se produisent, même si nous n’en avons pas conscience. Nous vivons dans le présent, mais l’avenir est en nous à tout moment. Peut-être est-ce pour cela qu’on écrit, Sid. Pas pour rapporter les événements du passé, mais pour en provoquer dans l’avenir. »

Un petit reproche quand-même : aux environs des deux tiers du livre, j’ai eu le sentiment qu’Auster se perdait un peu dans des digressions qui affaiblissaient le roman. Cela m’a d’autant plus étonné que jusque là tout était si dense et si compact. Et voilà que je commençais à craindre pour la suite… Heureusement, cela ne dure pas et l’on retrouve vite la densité des pages précédentes.

Ne vous laissez pas décourager par les nombreux textes situés en bas de pages. Ils sont intéressants et nécessaires au développement du récit.

Donc, un nouveau bon livre de cet auteur si particulier qu’est Paul Auster.

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Entre fantastique et (dure) réalité

6 étoiles

Critique de Romur (Viroflay, Inscrit le 9 février 2008, 44 ans) - 6 novembre 2017

Sidney Orr est de retour chez lui après un long séjour à l'hopital. Il se remet doucement de ses blessures, puis reprend le stylo pour écrire dans un fascinant cahier bleu acheté chez le chinois du coin.
Son petit roman raconte les aventures d'un éditeur qui vient de recevoir un nouveau roman à publier (La nuit de l'oracle) quand il décide de tout plaquer et de changer de vie... Je m'attendais à ce que Paul Auster joue autour de cette mise en abîme du roman dans le roman dans le roman.
Mais les soucis financiers, conjugaux et la violence du New York des années 80 prennent le dessus et Sidney doit faire face aux coups qui menacent son amitié et son couple, comme si, mi-prophétie, mi-malédiction, les écrits du cahier bleu contaminaient son existence.

Soit. Mais le changement d'axe m'a un peu perturbé, puis on ne sait plus trop où Paul Auster veut aller. Trop de portes ouvertes et non refermées (sauf celle qui coince Nick). Il a évoqué avec plus de force le bitume new-yorkais et navigué avec plus de maîtrise entre imaginaire et réalité dans Brooklyn Follies ou La cité de Cristal.

Quand même

7 étoiles

Critique de Monocle (tournai, Inscrit le 19 février 2010, 57 ans) - 19 août 2014

Auster ne fait rien comme les autres et même quand il se perd un peu (comme je l'ai aussi ressenti aux deux tiers), il reste malgré tout un écrivain d'exception.
Un livre poignant.

Brillant

9 étoiles

Critique de Skinny (, Inscrite le 13 mai 2014, 32 ans) - 14 mai 2014

Jeune romancier new-yorkais, Sydney vient de réchapper d’une terrible maladie. Et voilà qu'un petit carnet bleu déniché dans une papeterie de Brooklyn va bouleverser sa vie et lui redonner le goût d’écrire. Cette histoire naissant sous sa plume va nous réserver de drôles de surprise à la Dashiell Hammett. Magie de l'écriture, inspiration ... et problèmes. Un roman de haute volée, du Paul Auster au sommet de son art. Entre polar et quête spirituelle, enquête à la Hitchcock et interrogation métaphysique. On retrouve le brillant, réaliste et surréliste Paul Auster tel qu'on l'aime dans cette digression littéraire de belle qualité.

Attention roman captivant !

8 étoiles

Critique de Le_squasheur (Paris, Inscrit le 16 décembre 2011, 42 ans) - 15 juin 2013

Ca commence par un mystérieux petit carnet bleu avec lequel le héros, écrivain de son état, trouve soudainement l’inspiration qui lui manquait. De façon quasi magique, tout un récit lui vient à l’esprit qu’il n’a plus qu’à coucher sur le papier. Récit qui devient d’ailleurs pour le lecteur presque plus important que l’histoire principale. Après de multiples péripéties, le héros de l’histoire secondaire se retrouve enfermé de l’intérieur dans une cave désaffectée à Kansas City : comment va-t-il s’en sortir ? On ne le saura jamais car l’auteur ne trouvera jamais la suite à ce début prometteur…

Enervant ? Oui et non. Car le thème du roman c’est justement d’analyser d’où vient l’inspiration, et quelle interaction il existe entre l’imaginaire de l’écrivain et sa vie réelle. Tout l’influence : il y a de multiples histoires dans l’histoire, des personnages qui surgissent de partout (mention spéciale au chinois Cheng et à la vénéneuse Martine), plein de fausses pistes, mais pourtant on s’y retrouve car c’est construit, et écrit, de main de maître. C’est bien simple, j’avais l’impression d’être dans la peau et la tête de l’écrivain en train de chercher l’inspiration mais en train de vivre aussi. Comment il attrape une idée, comment il la développe, comment il la perd ou se retrouve dans une impasse et même comment les idées qu’il brasse peuvent influencer sa vie réelle : tout est montré dans ce bouquin.

Mention spéciale à cette idée géniale des notes de bas de page qui te font sortir du récit et créent une distanciation, un effet de recul, qui donne une dimension supplémentaire au récit. Il y a l’histoire, les histoires dans l’histoire et le commentaire sur l’histoire ! Trop fort.

3,5 étoiles!

7 étoiles

Critique de Js75 (, Inscrit le 14 septembre 2009, 34 ans) - 20 septembre 2010

La Nuit de l'oracle est un roman écrit par Paul Auster.Le scénario est plutôt fouillé,assez prenant mais truffé de digressions parfois lassantes et frustrantes.Le style de l'auteur,d'un bon niveau,est riche.Un bon livre qui multiplie les mises en abîmes,à conseiller pour la construction narrative originale.

Pas vraiment captivant

5 étoiles

Critique de Laurent63 (AMBERT, Inscrit le 15 avril 2005, 43 ans) - 27 décembre 2009

C'est le premier livre de Paul Auster que j'ai l'occasion de lire. Mon choix s'est fait par l'intermédiaire de plusieurs blogs littéraires qui recommandaient la lecture de cet ouvrage. Pour un premier contact c'est plus difficile. Je ne sais pas si les autres romans sont dans le même style, mais je suis très déçu par la qualité de celui-ci. Le fait de raconter plusieurs histoires dans le récit de son personnage est très troublant, et je me suis un peu perdu dans toutes ces péripéties. Finalement je n'ai pas été mécontent de finir ce roman, et je ne crois pas que je lirai tout de suite un autre bouquin de cet auteur. Je ne suis pas captivé par ce type de livre, mais je ne porterai pas de jugement définitif sur l'auteur avant d'avant lu 2 ou 3 autres livres de lui. Si vous avez d'autres livres à lire, n'hésitez pas car celui-ci n'est pas des plus extraordinaires...

troublant

8 étoiles

Critique de Madame Charlotte (Argelès sur mer, Inscrite le 30 octobre 2008, 41 ans) - 19 janvier 2009

Je poursuis donc ma redécouverte du zigue avec délice et je commence à me rendre compte à quel point il va être difficile de parler des livres de Paul Auster sans tout dévoiler. La nuit de l'oracle met à nouveau en scène les thèmes récurrents de l'auteur, le mécanisme de l'écriture, le rapport de l'écrivain à son art, l'imaginaire, la perte. Dans une vertigineuse mise en abime, le narrateur, un écrivain qui reprend la plume après une longue hospitalisation, imagine l'histoire d'un éditeur qui change de vie et tente d'oublier son passé après avoir frôlé la mort, et cet éditeur lit un manuscrit où il est question d'un prophète. Certains éléments sont évoqués dans Dans le scriptorium, et c'est un vrai plaisir de les retrouver sous un autre aspect. Le personnage du narrateur se remet donc à écrire, dans un carnet bleu acheté sur un coup de cœur. On retrouve dans l'histoire qu'écrit Sydney Orr certains éléments de la vie de ce dernier. Et inversement. Sans verser dans le fantastique le récit prend une allure étrange et onirique, tout en subtilité, le réel se mêle habilement à l'imaginaire. Le vécu et l'inconscient de l'écrivain interfèrent avec son imagination. On en vient à se demander si l'inverse est possible, si les mots peuvent aussi influer sur le réel et le concret. Le thème du voyage dans le temps est aussi évoqué par le biais d'un scénario que le narrateur doit rédiger. Passé, avenir, réel, imaginaire, le roman flotte entre toutes ces dimensions, laissant le lecteur émerveillé par tant d'adresse et de cohérence. La fiction dépassant la réalité, le savoir inconscient influençant l'imaginaire. Thèmes fascinants formidablement traités, avec une clarté éblouissante malgré l'épaisseur du sujet, dans un style délicieux et définitivement très visuel.

Moyen

5 étoiles

Critique de Anonyme7 (, Inscrite le 14 avril 2004, 32 ans) - 11 septembre 2008

J'ai accroché au début, enjouée par la forme, intriguée par le fond... Et de fil en aiguille, ce qui m'avait plu - Nick Bowen, les mystères du carnet portugais, ... - s'est évaporé, laissant place à... un vide : platitude et désintérêt.

L'oracle a vu juste : un génie est à l'oeuvre.

10 étoiles

Critique de Module (, Inscrit le 5 janvier 2008, 44 ans) - 6 septembre 2008

Accourez toutes affaires cessantes, cet écrivain est réellement prodigieux. Laissez-vous transporter dans cette sorte de labyrinthe, vous vous y perdrez, vous y ferez d'étranges rencontres, vous ne saurez plus à certains moments si ce que vous lisez renvoie à la fiction première ou à cette sorte de second récit, enchâssé fort habilement dans une trame narrative qui reste au demeurant totalement maîtrisée. En quoi P Auster est-il un génie de la littérature ? Il exhale de ses écrits ce doux parfum fait de ce bitume new yorkais et de ces profondeurs escarpées des grands espaces américains, écrivain du renouveau, des variations infimes et des grands questionnements, c'est aussi cela P Auster un auteur qui interroge, qui pose un regard, sans jamais être foncièrement inquisiteur, sans jamais se faire le diacre de ces donneurs de leçon qui pullulent dans cette littérature nombriliste qui à force de tourner sur elle même va bien finir par trouver son point d'équilibre : le néant.
Ah ! pour ce qui est de l'histoire... je vous renvoie à Jules, son intervention est comme à l'accoutumée, fort à propos et suffisamment explicite pour que je ne m'entiche pas d'y ajouter la moindre note inutile.
Encore un grand texte!!!!!!!!

La petite musique

5 étoiles

Critique de Hereith (, Inscrit le 1 février 2008, 35 ans) - 8 juillet 2008

Grande déception à la lecture de ce livre. Paul Auster est un de mes écrivains préférés mais là je n'ai pas du tout accroché.
Premier défaut : le récit principal avec ses personnages inintéressants. Au début ça louche du côté du roman à l'eau de rose et à la fin du côté du mélo (fin bâclée d'ailleurs, comme dans La Musique du hasard).
Deuxième défaut : l'artificialité des récits secondaires. Le remake de La Machine à remonter le temps est franchement ridicule. Quand on voit en plus comment est traité le livre original et HG Wells on a du mal à ne pas s'énerver Paul Auster ou pas.
Troisième défaut : le resuçée d'éléments déjà présents dans ses autres livres (Paper Palace cf Moon Palace,le jeu sur les couleurs cf Revenants, l'histoire glauque de came cf Smoke ou Brooklyn Boogie, les carnets cf Le Carnet Rouge...). Etre autoréférentiel ça peut-être intéressant mais trop c'est trop.

Il y a pourtant de bonnes idées dans ce livre (Ed Victory notamment), des moments sympathiques (la découverte de la papeterie), on reconnait la petite musique...mais justement il n'y a que la petite musique et la petite musique ça n'a jamais fait un grand livre.

Préférer : La Trilogie New-Yorkaise, Moon Palace, Le Livre des Illusions.

merveilleux

10 étoiles

Critique de Titom (, Inscrit le 8 juillet 2008, 48 ans) - 8 juillet 2008

Ce livre m'a captivé. Tout simplement. Quoi de mieux qu'un peu de magie, d'originalité ou qu'une histoire dans une autre pour vous amener vers un autre monde. L'art de vous faire voyager aux confins du rêve à travers de banales histoires tragiques. L'art du doux réveil lorsque le livre se dépose. Où suis-je? J'y ai cru!

Le seul livre que je me propose de relire.

Miroirs sur miroirs

9 étoiles

Critique de Pendragon (Liernu, Inscrit le 26 janvier 2001, 47 ans) - 21 juin 2006

Comme à l’habitude, Auster se joue des vies qui s’entrecroisent, se mêlent, se démêlent et… s’emmêlent. Il manie superbement bien toutes ces mises en miroir, ces quiproquos, ces relations fortuites qui ne sont pas uniquement le fruit du hasard, peu s’en faut !

L’histoire est celle d’un écrivain qui ressort d’un accident et qui tente vainement de se remettre à écrire, mais l’inspiration lui fait défaut. Un jour, il entre dans une petite boutique et achète un petit carnet bleu, il se met à écrire et… l’inspiration lui revient. Oui mais, qu’écrit-il ? Le passé, le présent, le futur ? Réalité ou fiction ? Si Sidney se pose ce genre de question, c’est qu’il y a d’étranges événements qui se coupent et se recoupent par rapport à l’histoire qu’il crée de ses propres mains. Il se décide à en parler à un de ses amis / mentors, John Trause, et… cela se complique car il reçoit alors une confirmation plus ou moins claire de l’aspect « étrange » du carnet bleu dans le sens où son ami est passé par les mêmes carnets !

Nous assistons alors à l’influence grandissante de trois histoires en parallèle, les unes sur les autres, représentées par le passé – l’histoire vraie, le présent – l’écriture dans le carnet et le futur – la réalisation ou l’influence du présent écrit sur l’histoire vraie ! Cercle parfait, Auster / Stanley peut rester ad vitam aeternam dans cette spirale ! Oui mais ! Oui mais, la magie a toujours un prix et c’est par ce prix que le cercle sera brisé et que Stanley retrouvera une vie « normale ».

Grand fan d’Auster devant l’éternel, je ne peux évidemment le comparer qu’à lui-même puisque aucun n’écrit aussi bien que lui ! Et donc, par rapport à ses autres romans, je placerais celui-ci dans la moyenne supérieure de ses œuvres de par l’ambiance créée et de par la limite, ma foi fort peu tangible, entre le réel et le « surréel ».

Totalement captivant

9 étoiles

Critique de Alphabétix (, Inscrit(e) le 16 mars 2006, - ans) - 25 avril 2006

Totalement captivant, un style en apparence simple mais une structure complexe, un roman dans le roman dans le roman… une maîtrise absolue. Je ne suis pas parvenu à le laisser avant la dernière page.

entre fiction et réalité

8 étoiles

Critique de Nana31 (toulouse, Inscrite le 29 janvier 2006, 48 ans) - 9 mars 2006

un roman particulier qui amène de nombreuses réflexions sur la puissance de l'écriture, le lien entre la fiction et la réalité, l'anticipation de l'avenir.
le récit est captivant, pour moi c'est un très bon roman de l'auteur pourvu d'imagination créative.

On ne sait pas toujours où il va

5 étoiles

Critique de Tyty2410 (paris, Inscrite le 1 août 2005, 31 ans) - 31 janvier 2006

J'ai adoré Le livre des illusions et Brooklyn folies ...mais là je dois dire que je suis assez perplexe . Je l'ai fini cette nuit (grâce à une insomnie) . Au départ j'ai vraiment trouvé ça passionnant ...l'histoire de Sydney Orr et de son roman ..je me demandais comment allait se terminer son livre ...1ère déception quand je m'apercois que celui-ci ne finira pas alors que je lisais plus ce livre pour nick bowen que pour sidney Orr.
2ème déception lorsque je n'ai pas compris le sens de ce carnet ; un sens un peu prémonitoire mais j'ai vraiment trouvé ça " trop " disons too much ...Lorsqu'il redige le "soap amoureux de sa femme on se demande si c'est la réalité ou son imagination ...Je n'ai pas compris où Paul auster a voulu nous mener , je ne trouve rien dans cette histoire , je ne vois pas de distinction entre le début et la fin ...J'espère que les autres seront mieux ....

Moyen

3 étoiles

Critique de Zondine (, Inscrite le 24 septembre 2005, 50 ans) - 25 janvier 2006

Quand tu dis nouveau roman c'est sûrement sans compter celui qui est sorti à la rentrée ? Je ne l'ai pas encore lu mais la nuit de l'oracle m'avait passablement ennuyée. A trop vouloir expliquer il avait fini par ne plus savoir où il nous emmenait et j'ai bien failli être fâchée après ca.

Mine d'Orr pour carnet bleu

8 étoiles

Critique de Nothingman (Marche-en- Famenne, Inscrit le 21 août 2002, 37 ans) - 7 janvier 2006

Sidney Orr est un écrivain qu'une terrible maladie a failli laisser sur le carreau. Après quelques mois de convalescence, le désir d'écrire le reprend. Il va donc coucher une histoire sur un carnet bleu portugais acheté à un mystérieux papetier chinois. Un point de départ archi simple pour un roman qui ne l'est pas tant que ça. Auster joue avec nous tout le long de ce récit imbriquant allègrement la réalité de Orr et la fiction qu'il couche sur papier. D'où question : dans quelle mesure le monde crée dans la fiction influe-t-il sur quotidien de l'écrivain ?
Auster propose un vrai jeu de pistes, labyrinthique, dans lequel le lecteur échafaude des hypothèses et fait des liens entre tous les personnages. Bref un roman qui demande un peu d'implication. Seul petit reproche, j'ai senti un peu vite le dénouement final mais ça ne reste que personnel. Un des meilleurs romans de Paul Auster en tous les cas !

Perdu

3 étoiles

Critique de Aaro-Benjamin G. (Montréal, Inscrit le 11 décembre 2003, 48 ans) - 4 juin 2005

Je me sens toujours coupable lorsque j’abandonne un livre que je suis supposé aimer. Auster m’avait pourtant impressionné avec « Léviathan » Ici, je suis déboussolé. Rien ne m’accroche. Cette histoire d’un écrivain qui raconte l’histoire de son roman tout en nous confiant les banalités de sa vie, et ce accompagné de notes de bas de page interminables, m’a donné l’impression de faire du sur place.

Mésaventures d'un écrivain à New York

9 étoiles

Critique de Dirlandaise (Québec, Inscrite le 28 août 2004, 62 ans) - 30 mai 2005

Encore une fois, Paul Auster a réussi à m'entrainer dans une de ses histoires dont lui seul à le secret. Se remettant d'une maladie qui a failli lui être fatale, Sydney Orr, écrivain habitant New York avec sa femme Grace, se remet tranquillement et reprend peu à peu sa vie normale. Quelques mois de convalescence, et le voilà se baladant dans le quartier quand il entre dans une petite papeterie, le "Paper Palace" (tiens, ça me rappelle quelque chose !) tenu par Mr. Chang. Il découvre sur une étagère quatre carnets fabriqués au Portugal de quatre couleurs différentes. Il achète le carnet bleu et de retour chez lui, il se met aussitôt à écrire. Le carnet bleu se révèle alors doté d'étranges pouvoirs.

Un très bon Paul Auster que j'ai eu beaucoup de plaisir à lire. Les personnages sont très attachants, surtout le narrateur et bien que l'histoire soit un peu échevelée, c'est agréable et divertissant. L'écriture est claire et me rappelle un peu l'écriture de Nancy Huston. C'est le même style direct et envoutant qui vous fait entrer dans le récit comme si vous en étiez un des personnages. Par contre, les notes de bas de page très longues m'ont un peu agacée et l'histoire de l'éditeur enfermé dans la pièce souterraine, j'aurais aimé qu'il la finisse. J'étais impatiente de connaître le moyen d'évasion qu'il aurait employé mais bon... ce n'est pas très grave finalement.

Décidément, un très bon écrivain que ce Paul Auster.


Fondu enchaîné

8 étoiles

Critique de Saint-Germain-des-Prés (Liernu, Inscrite le 1 avril 2001, 49 ans) - 24 janvier 2005

D’habitude, je rédige mes critiques très rapidement après avoir refermé le livre, ce n’est pas le cas cette fois. J’étais un peu mal à l’aise. En y repensant, je crois que Paul Auster a l’inconvénient de ses qualités : auteur génial, il nous a tant accoutumés à des chefs-d’œuvre que lorsqu’il produit un livre un tantinet moins bon, la déception nous guette. Alors que, si l’on fait abstraction de la réputation de l’écrivain, « La nuit de l’oracle » reste quand même un très bon ouvrage, bien au-dessus de la moyenne. C’est que l’habitude rend exigeant…

Paul Auster, en bon funambule, sait comment garder son public en haleine. Lorsque les couleurs (ici, le bleu) sont des guides comme les petits cailloux d’Hansel et Gretel, lorsque réel et fiction sont mêlés malicieusement, lorsque l’objet devient sujet, lorsque la trame de la vie se fond et se confond dans les méandres de la création littéraire, nous sommes en face du Paul Auster de toujours, celui qui nous fait rêver les yeux bien ouverts, celui qui nous en met plein la vue, qui nous éblouit, qui nous fait vaciller.

Après tout cela, comment pourrais-je lui reprocher les minuscules maladresses de ce dernier livre ?

Décorticage

7 étoiles

Critique de Saint Jean-Baptiste (Ottignies, Inscrit le 23 juillet 2003, 81 ans) - 18 novembre 2004

J'ai suivi le compte-rendu de la venue de Paul Auster à Bruxelles par les dames et les demoiselles de son fan-club, très présentes aussi sur CL. Je sais maintenant qu'il est grand, poivre et sel, ses yeux attirent les regards, le sourire est généreux, et puis la voix, ah ! la voix, …et puis quoi encore ? Eh ! Bien encore fallait-il que cet écrivain, venu des Amériques, sût écrire ! Eh ! Oui, incontestablement Paul Auster sait écrire, il écrit même très bien.
Sa "Nuit de l'Oracle" raconte une histoire très curieuse où l'on voit des personnages réels qui racontent l'histoire de personnages fictifs qui écrivent des romans où sont créés d'autres personnages et ces histoires s'entremêlent assez curieusement. C'est très spécial. Le lecteur est tour à tour intrigué, bercé, séduit par ce récit comme par une petite musique à la fois allègre et nostalgique, parfois irréelle et parfois très réaliste.
J'ai beaucoup aimé la manière dont l'auteur nous raconte sa hantise d'écrivain devant la feuille blanche et sa fascination devant le surgissement du passé dans le présent et du présent dans le futur Et puis la puissance des mots : "Les mots peuvent altérer la réalité et par conséquent ils sont trop dangereux pour être confiés à un homme qui les aime par-dessus tout".
Dans tout son récit, l'auteur fait preuve d'une très fine psychologie, de beaucoup d'humanité et sa description du New York au quotidien est très attrayante, mais je reste un peu sur ma faim quand-même ; oserais-je le dire, selon moi, ce n'est pas un "grand" livre. C'est un récit bien écrit, finement raconté, mais, après lecture des critiques et critiques éclairs, je dois dire que je m'attendais à mieux quand-même.
Et croyez le bien, je ne dis pas ça, parce que moi, je ne l'ai pas vu !

Labyrinthe de verre

9 étoiles

Critique de Bluewitch (Quelque part sous les étoiles, entre Bruxelles et Charleroi, Inscrite le 20 février 2001, 38 ans) - 12 novembre 2004

Destin créé de hasards, de mots, de rêves, de réalité brute et pourtant un tout de fiction pure sous les doigts d'Auster et sa magie. Il nous mène un peu partout, intégrant la fiction dans la fiction, découpant des morceaux de l'une et de l'autre, les assemblant, les séparant, les mélangeant. Tout se tient et finalement, tout est instable. On suit ce récit, on l'apprécie (beaucoup), on l'écoute, on se laisse séduire. Pour refermer enfin le livre et s'apercevoir, quelques minutes plus tard, lorsque la brume du roman s'est dissoute, que de nombreuses questions restent sans réponse. Comment expliquer le rêve de Grace? Comment comprendre l'énigme de M.R. Chang et des fameux carnets bleus? Et bizarrement, ces questions ne nous viennent pas spontanément à l'esprit lors de la lecture, parce que, en fin de compte, leur importance dépasse de loin celle de leurs réponses.
Une perception déroutée, où les repères ne se créent qu'au compte-gouttes, où les limites de la réalité sont tremblantes et fines, tout en gardant un pied ancré dans ce qui fait de cette réalité un palpable quotidien.
Délectable.

Jeux de miroirs

8 étoiles

Critique de Saule (Bruxelles, Inscrit le 13 avril 2001, 52 ans) - 2 juillet 2004

On peut dire que l'auteur fait fort avec ce roman, en quelque sorte il raconte l'histoire d'un écrivain qui a un ami écrivain qui lui conseille d'écrire une histoire sur un écrivain qui décide de changer de vie. Ca parait compliqué mais ça ne l'est pas, relisez la critique de Jules et vous comprendrez mieux !

J'ai bien aimé ce livre : il y a du rythme, des surprises, j'apprécie l'imagination débordante de l'auteur, par exemple quand il invente un scénario sur le thème de la machine a voyager dans le temps c'est vraiment brillant. L'histoire de l'homme qui décide de changer de vie sur un coup de tête peut paraître éculée mais ce n'est qu'une des facettes de ce roman. En fait ce roman touche a beaucoup de choses, a tel point qu'en le fermant on ne sait plus trop de quoi il s'agissait.

En ce qui concerne les rapports entre la réalité et la fiction, c'est une question intéressante mais peut-être Auster la pose-t-il à l'envers. Le futur n'est-il pas souvent pressenti de manière non consciente, ce qui peut s'exprimer dans les rêves ou dans l'écriture ? Je pense aussi à Don delillo qui avait écrit un livre sur un attentat terroriste sur les tours du WTC bien avant le 11 septembre fatidique.

Mouaif

7 étoiles

Critique de Zz (, Inscrit le 19 mai 2004, 40 ans) - 3 juin 2004

Je ne sais pas pourquoi mais ce livre ne m'a pas convaincu. Un peu trop de va et viens peut-être ... Un je ne sais quoi de ... Je ne sais pas ...
Par contre, l'ambiance dégagée est digne d'un Mr Vertigo ou autre Paul Auster. On navigue entre réel et irréel ... J'adore.

En bref, je reste assez mitigé mais je préfère quand même à Tombouctou (que je n'avais pas du tout aimé).

Zz

l'amour de l'écriture

10 étoiles

Critique de Candy2004 (, Inscrite le 22 février 2004, 38 ans) - 10 mai 2004

Ce livre m'a plongée dans un monde parallèle, onirique et apaisant.. tellement éloigné de la réalité que la fin de la lecture m'a fait comprendre que finalement, l'essentiel est de connaître ces moments irréels tout en conservant un peu quand même les pieds sur terre. Faire la différence entre l'écriture et la vie, la fiction et la réalité, c'est ce à quoi tend Sidney ORR, auteur de romans à succès, marié à la plus belle femme du monde, qui aurait tout pour être heureux. Sauf que l'écriture le contrôle allant même jusqu'à le rendre fou. Quel est donc le pouvoir de cet étrange carnet bleu portugais qui procure à Sid une inspiration incommensurable?? C'est un véritable bonheur pour cet homme convalescent mais qui a son mauvais tour: ce carnet et cette puissance de l'écriture le gouvernent. Il ne sait plus qui il est ni ce qu'il fait. Tout simplement il ne sait plus où est le vrai du faux. Ce roman, sans plonger dans la mise en abîme insistante et les digressions languissantes nous attache plus que jamais à la réalité de la vie.

« Petites » contrariétés.

10 étoiles

Critique de Ocenebres (Liège, Inscrit le 12 avril 2004, 60 ans) - 25 avril 2004

Magnifique livre comme ceux auxquels Auster nous a habitué mais au style encore plus épuré (le recours au dictionnaire est quasi superflu). Mélange entre fiction et réalité(s ?), romans dans le roman, interrogations sur le sens (prémonitoire ?) de l’écriture. Une qualité constante dans la progression du récit risque d’amener le lecteur à passer une nuit blanche s’il commence ce livre le soir et s'il veut savoir …

la liberté du romancier

9 étoiles

Critique de Sottovoce (Bruxelles, Inscrit(e) le 19 février 2004, 62 ans) - 20 avril 2004

C'est un excellent roman que nous livre à nouveau Auster, en tout cas pour moi qui suis une inconditionnelle. C'est un vrai plaisir de lecture, où l'on retrouve ses thèmes de prédilection: le hasard, les coïncidences, le mélange constant et envoûtant entre réalité et fiction et surtout, dans ce cas, le pouvoir des mots, un des thèmes principaux du livre, l'écriture comme acte prophétique. Il se demande si les mots peuvent être dangereux, s'ils ont une puissance propre et l'idée semble le séduire. Les romans permettent en tout cas toutes les contradictions et toutes les libertés.
Vivement le prochain!

une leçon d'écriture

10 étoiles

Critique de Hambraine (Fosses La Ville, Inscrit le 18 mars 2004, 66 ans) - 8 avril 2004

Il y a deux jours, je découvrais sur l'étal de mon libraire la dernière livraison de Paul Auster. Sitôt vu, sitôt acquis. Je l'achève à l'instant emporté par une lecture quasi non interrompue. C'est du tout grand Auster. De la virtuosité à l'état pur. Quelle réflexion sur le lien entre réalité et fiction, sur la puissance de l'écriture! Jules m'a pris de vitesse pour une critique détaillée et je m'accorde avec ce qu'il écrit y compris à propos à propos du léger (mais très léger) fléchissement ressenti au deuxième tiers du livre. J'ai comme lui également apprécié la leçon que nous donne l'auteur sur la façon magistrale de mettre en place une trame romanesque. Et enfin, il y a en filigrane tout au long de l'oeuvre New York, cette ville si peu américaine... Vivement le prochain roman de Monsieur Auster.

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  Auster Le Grand 4 Bluewitch 23 juin 2006 @ 14:44
  conclusion et confusion 1 Entropy 25 octobre 2004 @ 20:49

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