La plénitude du vide
de Trinh Xuan Thuan

critiqué par Colen8, le 16 novembre 2016
( - 76 ans)


La note:  étoiles
Etrange paradoxe cosmologique
Jusqu’à la théorie d’Einstein, l’Occident a eu du mal à admettre l’existence du vide pourtant considéré comme allant de soi par un Orient imprégné de taoïsme, de bouddhisme ou même d’hindouisme. L’hypothèse de l’atome se mouvant dans un espace vide formulée par les grecs anciens Empédocle et Démocrite, a été formellement rejetée par l’assertion « la nature a horreur du vide » d’Aristote, lequel a influencé pendant plus de vingt siècles les philosophes, mathématiciens, théologiens et savants. La théorie d’Einstein a donc sonné le glas de l’éther supposé dans lequel devait baigner l’univers des galaxies, des étoiles, du système solaire, de nos planètes, rejet ne pouvant laisser place qu’au vide intersidéral. Et contre toute attente ce vide plus absolu que celui produit par n’importe quelle expérience de physique classique est constitué d’une énergie invisible induisant des effets violents, brefs et tumultueux aux dimensions subatomiques. D’un tel champ d’énergie aurait émergé notre univers après le big bang.
C’est tout le talent de cet astrophysicien et écrivain enchanteur, chantre de la beauté et de l’harmonie du réel, de résumer l’histoire de la physique depuis la haute antiquité, pour aboutir aux quatre forces fondamentales que l’on tente d’unifier depuis un siècle. La théorie de la relativité générale reflète la force de gravité en macro-physique, la mécanique quantique donne les clés unissant les trois autres sous le terme électronucléaire. A celles-ci sont associés des champs au sein desquels interagissent sous forme à la fois d’ondes et de particules la matière, la lumière et l’énergie. La spectaculaire démonstration expérimentale du boson de Higgs qui a eu lieu dans l’accélérateur géant du CERN à Genève en 2013 n’a pas suffi à répondre à l’éternelle question du « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » déjà formulée par Leibnitz. La cosmologie moderne se perd en spéculations théoriques sur les cordes, la super-symétrie, les multivers (univers multiples), les branes, les univers cycliques, en attendant de percer le mystère qui n’en est pas un du point de vue des spiritualités judéo-chrétienne et orientale.