Harry Potter et l'enfant maudit
de Joanne Kathleen Rowling, Jack Thorne, John Tiffany

critiqué par Sundernono, le 9 novembre 2016
(Nice - 34 ans)


La note:  étoiles
19 ans après
Neuf années après la sortie de l’excellent Harry Potter et les reliques de la mort, dans lequel l’histoire du plus célèbre des jeunes sorciers semblait avoir définitivement pris fin, nous avons la surprise d’accueillir une huitième histoire, Harry Potter et l’enfant maudit, première aventure officiellement destinée à la scène.
Ce huitième tome retranscrit ainsi la pièce écrite par J.K Rowling et mise en scène par Jack Thorne et John Tiffany.
L’histoire débute là où nous avions quitté nos personnages favoris, à savoir sur le quai 9 ¾ de la gare King’s Cross Londres, dix-neuf années après la bataille finale de Poudlard. Harry et Ginny accompagnent leur deuxième fils, Albus Severus, qui s’apprête à faire sa première rentrée au sein de l’emblématique école des sorciers. Suivi de Rose, la fille de Ron et Hermione, Albus s’engage ainsi dans le Poudlard Express dans lequel les premières rencontres sont souvent déterminantes.

Il m’est très difficile de parler de l’histoire sans trop rapidement en dévoiler les grandes lignes. Disons que ce nouveau tome fait place à une nouvelle génération de sorciers même si l’histoire, à mon goût, n’offre que trop peu de changements et de nouveaux protagonistes. Cette limite provient très certainement du fait qu’il s’agisse d’une pièce de théâtre. Un roman l’aurait permis, pas ce format là. Cependant il est toujours agréable de retrouver les personnages qui ont marqué notre jeunesse. Des personnages symboles d’une saga riche de par son univers, son histoire, une saga qui a marqué nombre de lecteurs mais aussi de spectateurs.
La magie opère toujours, cependant le passage sous forme de pièce de théâtre crée un frein pour l’histoire. Elle limite les lieux, elle ne permet pas d’approfondir les nouveaux personnages, mais surtout elle limite le plaisir de lecture. Du moins est-ce mon avis, le format pièce de théâtre n’ayant jamais été ma tasse de thé. Cela saccade le rythme. Je trouve cela trop haché…
Néanmoins, malgré ce que je viens d’écrire, les pages défilent et l’on se retrouve facilement happé par une histoire tout de même prenante même si les ficelles sont parfois un peu grosses. Ainsi les 340 pages que compte ce huitième volet ne m’ont duré que quelques heures de lecture réparties sur trois jours.

Je ne peux finir cette critique sans évoquer le fait d’avoir trouvé cette nouvelle aventure comme étant superflue. Je l’ai trouvée bien moins riche et surtout moins mature que les tomes précédents. J’ai eu cette impression d’une régression. Le ton est parfois mièvre, trop gnangnan, les paroles trop lisses, comme téléphonées, les personnages trop manichéens. Sans oublier la confusion rencontrée durant certaines situations particulièrement embrouillées. Certes il ne faut pas oublier que cette lecture s’adresse aux plus jeunes mais nous avions tout de même été habitués à mieux. Bref l’émotion ne passe pas, ou disons difficilement, peut être qu’en scène cela serait le cas, mais pas ici. Dommage.

Bref une lecture tout de même agréable, une histoire plutôt prenante mais qui ne peuvent m’empêcher d’être tout de même un peu déçu.
Nouvel épisode 6 étoiles

Je ne suis pas le premier à donner mon avis sur ce nouveau volume des aventures du sorcier Harry Potter. En revanche, je ne fais pas partie des inconditionnels « fanatiques » qui se sont rués sur l’objet à sa sortie. J’ai vu tous les films que j’ai trouvés sympas mais je n’ai lu que le premier tome. De ce fait, je vais peut-être apporter un point de vue différent et sûrement moins exalté que la plupart des lecteurs, pris dans l’euphorie de cette saga prestigieuse.

Tout d’abord, je donne un conseil aux non-initiés qui voudraient enfin se lancer: il faut absolument avoir lu les livres ou vu les adaptations cinématographiques pour pouvoir appréhender ce huitième épisode. En effet, la connaissance des personnages et de leurs relations est indispensable à la compréhension de l’histoire. De plus, le format « pièce de théâtre » peut a priori rebuter, mais après quelques pages d’accommodation au genre, la lecture est agréable et je suis entré avec facilité dans le vif du sujet.

Dans ce vif du sujet, on retrouve les protagonistes dont on avait suivi les péripéties, mais une vingtaine d’années plus tard. Les auteurs introduisent donc la génération suivante et en font les acteurs de ces nouvelles aventures. Ils en profitent d’ailleurs pour brouiller les cartes, en nous présentant des enfants très différents de leurs parents, parfois même avec des comportements antagonistes. Ces « fils de » doivent assumer le passé de leurs ascendants et ils m’ont vraiment plu par leurs paradoxes qui les rendent plutôt crédibles.

Le scénario se base sur des voyages dans le temps pour mélanger les anciens et les nouveaux personnages. Les scènes se succèdent entre action, humour, dialogues. On est transporté entre Poudlard et les lieux de « La coupe de feu », c’est souvent assez candide mais on ne s’ennuie jamais.
Dans le style, le point faible tient dans les didascalies. La description des expressions et des sentiments des acteurs est parfois un peu niaise. Outre ces petits défauts, j’ai apprécié cette petite expérience théâtrale pleine de sorcellerie, destinée à un jeune public. Même si le livre n’a rien de révolutionnaire ni de mémorable, il prolonge un brin la magie enfantine d’Harry Potter. Je pense quand même que certains fans vont être déçus de ne pas retrouver la maturité qui semblait apparaître dans les derniers volumes.

Killing79 - Chamalieres - 38 ans - 20 janvier 2017


Pour fan... 5 étoiles

Et encore... Il est difficile de porter un jugement sur ce livre, dans la mesure où il est vraiment écrit pour la scène, et avec une projection des effets - qui doivent être grandioses - et de la mise en scène.
Si effectivement, sur scène l'instant doit être grandiose, encore qu'il est à mon avis difficile de suivre l'intrigue si l'on n'a pas lu les aventures du cher sorcier, je n'ai pas tiré grand chose de cette lecture, qui fait opus rajouté aux romans. Le format ne permet aucun approfondissement de la psychologie des personnages, les changements de lieux incessants donnent un aspect morcelé...
A réserver - et encore - aux nostalgiques de la magie potterienne !

Cecezi - Bourg-en-Bresse - 37 ans - 3 janvier 2017


Un Potter à Serpentard 5 étoiles

J’ai beau tourner le truc dans tous les sens, je ne sais pas vraiment comment aborder ce nouvel épisode des aventures d’Harry Potter. A dire vrai, il s’agit plutôt d’une aventure avec Harry Potter puisque JK Rowling avait prévu un nombre précis de volumes pour mener l’histoire à son terme.
Reste que… Il est quand même question de retrouver un héros marquant, qui pour certains, les plus jeunes probablement, a été un compagnon de route plus important que pour un adulte. Reste que cet adulte que je suis, même pris tardivement par l’histoire du sorcier balafré, est bien content d’en reprendre quelques pages. Reste que… On reste sur sa faim. Un peu.
Le texte d’une pièce de théâtre, malgré les didascalies, ne permet pas une immersion complète dans le scénario. Ça doit le faire sur scène mais, malgré son talent, Rowling n’est pas dramaturge. En ce qui me concerne, aller au bout d’un livre en 3-4 heures relève de l’exploit et c’est pourtant ce qui s’est passé.
Or donc, c’est donc une histoire familiale qui se joue devant nous. L’histoire en elle-même n’est qu’un prétexte. Prétexte pour rappeler sous les feux des personnages dont on sait qu’ils surfent sur le succès et des décors devenus légendaires (la voie 9 ¾, Poudlard, la forêt hantée…). Prétexte pour étoffer un peu plus le corpus potterien. Prétexte, peut-être, pour l’auteur, pour pouvoir en finir enfin définitivement avec son héros symbolique dont le poids a fini par devenir une entrave. Un peu comme ces acteurs connus pour un seul rôle (au hasard, Mark Hammil), Rowling voit arriver un spectre ambivalent, biface : le succès grâce à Potter, le succès uniquement grâce à Potter. Rowling veut être l’écrivain d’autres choses, il lui faut en finir et si possible en beauté.
Ce qui veut dire, me semble-t-il, que nous aurons droit à au moins un autre livre car cette pièce, aussi sympathique soit-elle, recèle son lot de surprises que d’autres appelleraient incohérences. Ainsi, le père de l’enfant maudit du titre serait donc vous savez qui ! En soit, connaissant la psychologie du personnage, cela paraît totalement paradoxal et dangereux pour la cohésion de la série de romans. Mais le pire est l’identité de la mère, qui serait donc enceinte dans l’un des 8 volumes de la série… ! Je resterai évasif sur ce point.
Au rayon des nouveautés, on apprend que Potter a peur du noir et des pigeons… Je sais, c’est bizarre. On découvre aussi les enfants d’Harry et de Gini mais seul Albus est développé puisque c’est le vrai héros de l’histoire. On plaint les acteurs choisis pour jouer James, l’aîné, et Lily, la plus petite. Apprendre leur texte n’a pas dû être bien long…
Histoire familiale donc, entre Harry, qui essaie d’être un père sans modèle (le sien est mort et son père de substitution, Dumbledore (tiens, la correction automatique connaît le nom du directeur de Poudlard) n’a jamais su lui montrer simplement qu’il tenait à lui), et un fils qui essaie de vivre avec son encombrant patronyme. De l’autre côté du miroir, Scorpius Malefoy, fils de Drago, tout aussi encombré par son nom et la réputation de son père, et meilleur ami d’Albus. Etrangement, Harry voit cette relation d’un bien plus mauvais œil que Drago. Il faut dire qu’Albus est le seul Potter à Serpentard ! Même si on le voit venir rapidement, ça fait drôle.
Cette pièce, malgré tout l’affect qu’elle draine, ne fera pas un véritable épisode des aventures d’Harry Potter. Au mieux, elle fera office de porte entrouverte sur un univers que l’on pas vraiment envie de refermer. D’ailleurs, le show continue puisque sort au cinéma un film situé dans l’univers crée par JK Rowling, sans aucun des personnages centraux. Le vrai chapitre final ?

Numanuma - Tours - 44 ans - 14 novembre 2016