La milliardaire
de Bernard Shaw

critiqué par Septularisen, le 8 novembre 2016
(Luxembourg - 50 ans)


La note:  étoiles
L’ARGENT NE FAIT PAS LE BONHEUR!
La pièce de G.B. SHAW (1856-1950) commence en 1934 dans le cabinet d’avocats de Me. Julius Sagamore, celui-ci reçoit Mme : Epifania Ognisanti di Parerga-Fitzfassenden (Eppy). Celle-ci veut que l’avocat lui rédige son testament, car malheureuse de sa vie de couple, elle a décidé de se suicider… Pourtant, fille unique d’un richissime homme d’affaires, elle a hérité de d’une immense fortune et a tout pour être heureuse. C’est une redoutable femme d’affaires à qui rien, ni personne ne peut résister et est mariée à un beau champion de tennis et boxeur accompli.

Arrivent alors son mari Alastair Fitzfassenden (Ally) et sa maîtresse Patricia Smith (Polly). Ils viennent consulter le même avocat, en vue de régler le divorce d’Ally et d’Eppy. Par un étrange concours de circonstances c’est ensuite M. Adrian Blenderbland (Andy) qui arrive, l’amant d’Eppy, et qui vient consulter le même avocat au sujet du même divorce… Me. Sagamore essaye de comprendre comment deux personnes aussi différentes et aux personnalités aussi contrastées qu’Ally et Eppy ont pu se marier. Eppy lui apprend alors qu’elle avait fait une promesse à son défunt père : Épouser le premier homme qui après qu’elle lui ai donné un chèque de cent cinquante livres, lui ramène cinquante mille livres dans les six mois ! Or Ally, bien qu’avec des moyens douteux a réussi le défi…

Un peu plus tard alors qu’ils dinent dans un restaurant, Eppy et Andy se disputent, car celui-ci a osé mettre en doute la moralité du père d’Epifania. Celle-ci, furieuse, le rosse et le jette en bas d’un escalier. Faisant un léger malaise, elle rencontre alors un médecin Égyptien pour qui elle à un coup de foudre immédiat. Elle lui propose tout de suite le mariage… Mais, celui-ci refuse tout net!
Il a lu,i fait une promesse à sa défunte mère. Il n’épousera que la femme qui, après avoir reçu de sa part deux cents piastres (trente-cinq shillings), s’aventure de par le monde!... Rien qu'avec cela, et les vêtements qu’elle porte sur elle. Et surtout, il faut qu’elle gagne sa vie toute seule, sans aucun appui, et ce pendant six mois!..

Comme presque toujours avec George Bernard SHAW, "La Milliardaire" est une très courte pièce (moins de cent pages), datée de 1934 en quatre actes, le deuxième et le troisième étant vraiment très courts. Le texte est simple et facile, la pièce se lit très vite. Comme souvent avec l’auteur Irlandais, il y a dans l’histoire beaucoup d’humour, et la pièce est à lire au deuxième et pourquoi pas même, au troisième degré. Sa lecture est un pur moment de bonheur et on s’esclaffe souvent aux turpitudes de cette femme milliardaire, qui par amour pour un homme choisit la misère… C’est avant tout, - sous le couvert d’une banale histoire de divorce -, une réflexion sur la société de l’époque, le capitalisme, la montée du fascisme, l’argent, la place de la femme dans la société de l’époque…

Bien entendu, il faut compter sur « l’esprit tortueux » et volontairement provocateur de l’auteur irlandais. Ici l’héroïne de l’histoire n’est pas une jeune fille innocente et bafouée par son mari. Que du contraire c’est une femme manipulatrice, tyrannique, qui insulte les gens, les rejette, les séduits, les bat et n’hésite pas à faire « le coup de poing » avec les hommes. On est donc bien loin ici de l’image idéale de femme de l’époque victorienne que l’on se fait souvent…

Rappelons que George Bernard SHAW a été le lauréat du Prix Nobel de Littérature 1925.