Je sais pas de Barbara Abel

Je sais pas de Barbara Abel

Catégorie(s) : Littérature => Francophone , Littérature => Policiers et thrillers

Critiqué par Hcdahlem, le 2 novembre 2016 (Inscrit le 9 novembre 2015, 58 ans)
La note : 8 étoiles
Moyenne des notes : 9 étoiles (basée sur 4 avis)
Cote pondérée : 7 étoiles (1 743ème position).
Visites : 905 

Je sais pas

Une famille sans histoires ou presque. Le professeur Patrick Verdier, son épouse Camille et leur fille Emma, cinq ans. Jusqu’ici, elle a suivi « le chemin bucolique d’une vie sans histoires. » Seulement voilà, Camille aimerait ne pas mourir d’ennui. Aussi, pour pimenter ce quotidien trop lisse, cette femme discrète et raisonnable «dont la beauté, plastique comme intérieure, n’a pas encore révélé toute la mesure de sa puissance» va tromper son mari avec Étienne. Employé dans un restaurant, homme de caractère à la beauté virile, ce dernier jouit de davantage de liberté. Il n’a plus de femme et sa fille Mylène a déjà trouvé un débouché professionnel. Elle est institutrice et, comme souvent dans des petites villes, le hasard veut qu’elle s’occupe d’Emma.
Le destin de l’une et de l’autre va basculer lors d’une sortie scolaire. Après une altercation – Emma ne veut pas construire de cabane avec les autres élèves en présence de Mylène – la petite fille disparaît. Au moment de reprendre le bus pour rentrer, c’est le branle-bas de combat. Il faut essayer de retrouver Emma au plus vite, car la nuit va tomber. Les premières recherches restant vaines, il faut prévenir la police et les parents. Ce sera finalement Mylène qui découvrira la petite fille dans un trou, où elle finira par glisser également en voulant porter secours.
Désormais prisonnière dans ce piège, l’institutrice va parvenir à éjecter son élève hors de l’anfractuosité afin qu’elle puisse appeler de l’aide. Quand Emma rejoint ceux qui sont partis à sa recherche, c’est le soulagement général, même si Patrick menace de ne pas en rester là et de porter plainte contre la négligence coupable de l’établissement scolaire. Pour le capitaine Dupuis, l’affaire est classée. Il peut lever le camp avec ses hommes. Personne ne s’est encore rendu compte que Mylène manque à l’appel.
Étienne va s’inquiéter de l’absence inhabituelle de sa fille et demander à Dupuis de l’aide, même s’il ne porte pas vraiment les forces de l’ordre dans son cœur. Comme Emma, qui s’est blessée en tombant dans son trou, porte le foulard de Mylène comme pansement autour de son bras, on la presse de questions. Encore traumatisée, elle répond systématiquement «Je sais pas».
Et même si le policier, Étienne et Camille se doutent que la fille cache quelque chose, personne ne réussira à lui faire dire davantage que ces trois mots qui sonnent comme le coup de grâce pour Mylène. Car l’institutrice est diabétique et doit être secourue rapidement.
Mais le temps passe, les tensions s’exacerbent. Étienne fait désormais pression sur Camille pour que sa fille parle, sur la police qui devant tant de véhémence finit par fouiller dans le passé du cuisinier pour découvrir qu’il a déjà eu affaire à la justice. Le malaise croît de page en page, car Barbara Abel a construit son thriller avec beaucoup de finesse, notamment en donnant à chaque fois au lecteur un coup d’avance.
On suit Mylène dans son trou, essayant de se sortir de son mauvais pas puis, en parallèle, l’enquête de la police, les efforts quasi désespérés d’Étienne pour tenter de retrouver son enfant (« Qu'importe l'âge de nos enfants, le monde s'écroule autour de nous lorsqu'ils sont dans la tourmente.») et ceux de Camille qui craint aussi que cette histoire ne fasse exploser son couple, que sa liaison ne finisse par éclater au grand jour. Dans ce maelstrom de sentiments et d’émotions, on en viendrait presque à oublier l’«innocente» fillette et la lourde chape de mystère qui l’entoure.
Comme on peut s’y attendre de la part d’un auteur aussi talentueux que Barbara Abel, l’épilogue va être riche de rebondissements.
Je sais que cela fait un peu cliché d’écrire qu’il est difficile de ne pas lâcher le livre avant la fin, mais c’est pourtant le cas. Je vous suggère d’essayer à votre tour…
http://urlz.fr/4jkq

Connectez vous pour ajouter ce livre dans une liste ou dans votre biblio.

Les éditions

»Enregistrez-vous pour ajouter une édition

Les livres liés

Pas de série ou de livres liés.   Enregistrez-vous pour créer ou modifier une série

Le cycle infernal du mal

10 étoiles

Critique de Pascale Ew. (, Inscrite le 8 septembre 2006, 50 ans) - 22 février 2017

Emma, cinq ans, part en excursion avec sa classe pour faire des cabanes dans une forêt. Au moment du retour, elle reste introuvable. Trois professeurs partent à sa recherche, parmi lesquels Mylène, toute jeune institutrice diabétique. Cette dernière retrouve finalement l'enfant, tombée dans un profond trou. Alors qu'elle tente de l'en sortir, elle tombe à son tour. Elle réussit enfin à propulser Emma hors du trou, mais la petite peste s'enfuit sans un regard pour celle qui l'a sauvée. Lorsqu'elle est retrouvée saine et sauve, le soulagement est tel qu'on en oublie presque Mylène. Sauf qu'Emma a autour du bras le foulard de cette dernière en guise de bandage. Et quand on lui pose la question si elle a vu l'institutrice, tout ce que la petite répond se résume à "Je sais pas" !
Barbara Abel regorge d'imagination et son roman de rebondissements. Le récit est palpitant !
L'auteure pose la question du mal dès le plus jeune âge. Telle la question de l'oeuf et de la poule, le mal provient-il de la mère ou de l'enfant ?
Elle a l'art de mettre ses personnages dans des situations de dilemme insoutenable, de décrire des moments ténus de basculement qui plongent dans des abîmes inextricables. Personne n'en ressort tout blanc.

je sais pas mais je sais

9 étoiles

Critique de Ddh (Mouscron, Inscrit le 16 octobre 2005, 75 ans) - 13 décembre 2016

« je sais pas », une phrase qu'un enfant exprime souvent : il a tant de choses à apprendre ! Mais ici, cet enfant simule la vérité : il sait !
La petite Emma, 5 ans, est témoin d'une rencontre de sa mère avec un inconnu. Cela bouleverse sa vie et entraîne son entourage dans une spirale infernale. Quel entourage ! Celles et ceux qui gravitent autour d'Emma ne sont pas sans reproches... Emma non plus !
On retrouve ce que chaque antagoniste a vécu quelques années auparavant ; ce qui explique leur comportement actuel.
En bon polar, la police intervient qui essaie de dépatouiller le sac d'énigmes.
Barbara Abel ravit le lecteur aussi par son écriture : de courts chapitres et un changement de lieu au gré des ceux-ci. L'intérêt est relancé par un nouvel incident perturbant en fin de chapitre. L'énigme qui se développe petit à petit maintient le lecteur en haleine.

Aucun d'eux n'est un ange...

10 étoiles

Critique de Cristina21 (, Inscrite le 7 décembre 2014, 43 ans) - 4 décembre 2016

Au vu des nombreuses et élogieuses critiques concernant les romans de Barbara Abel, j’ai eu envie de découvrir cette auteure que je ne connaissais pas. J’ai donc choisi son tout dernier, à la couverture attirante et dont le synopsis a fini par harponner l’amatrice de thriller psychologique que je suis.

La veille d’une sortie scolaire, la petite Emma est témoin d’une scène : elle voit sa mère embrasser un autre homme que son père. Camille, la mère, sous le choc, n’aborde pas le sujet avec elle et espère que, compte-tenu de son jeune âge, celle-ci n’ait pas conscience de la gravité du geste.

La journée de la sortie scolaire touchant à sa fin, Emma disparait dans la forêt, juste avant le retour à l’école. Certains adultes partent à sa recherche mais, sans succès, contactent la police et les parents. A leur grand soulagement, la petite réapparait mais Mylène, l’institutrice de la fillette, ne revient pas. Que s’est-il passé dans la forêt ? Alors qu’à son retour Emma porte le foulard de sa maîtresse, ni la police, ni les parents n’obtiendront comme réponse de la fillette qu’un "Je sais pas". La panique s’empare alors de Camille qui craint que la fillette divulgue à tout moment la vérité à son père et que, de ce fait, son couple explose. Mais elle ne peut s’empêcher de se poser certaines questions : sa fille de cinq ans a-t-elle un rôle dans la disparition de l’institutrice ? Ne sait-elle réellement rien ou bien cherche-t-elle à se venger et à punir sa mère ? Mais alors, pourquoi s’en prendre à sa maitresse ? Si tel est le cas, peut-elle être reconnue coupable par la justice ? Dès le départ, un malaise s’installe. Les heures qui suivent la disparition de Mylène deviennent de plus en plus angoissantes, tant pour Camille, la mère de la petite Emma, que pour le père de la jeune institutrice, qui la menace – et pour cause, c’est lui l’amant. Jusqu’où une mère est prête à aller pour protéger son enfant et préserver sa vie de famille telle qu’elle l’était avant ce tragique évènement ?

Une institutrice pas appréciée de ses petits élèves. Une fillette au visage d’ange, réellement innocente "qui ne sait pas" ou vraie manipulatrice. Une mère de famille qui perd pied dans la crainte de la divulgation de sa trahison et qui, dans le doute, veut protéger sa fille. Un père vraiment imbu de sa personne. La police qui hésite entre disparition inquiétante ou volontaire. Un autre père qui s’inquiète et cherche sa fille car le temps presse, elle n’a pas eu sa dose d’insuline…

Un suspense omniprésent, une ambiante oppressante, des doutes et des questions pour tous les personnages qui amènent à ce leitmotiv tout au long de l’histoire "Je sais pas". Une fin scotchante tant dans le dénouement de l’affaire, le devenir du couple et le sort de la petite Emma…

Forums: Je sais pas

Il n'y a pas encore de discussion autour de "Je sais pas".