Le grand n'importe quoi
de J. M. Erre

critiqué par Ludmilla, le 21 octobre 2016
(Chaville - 63 ans)


La note:  étoiles
Hommage à la littérature (SF mais pas seulement)
Autant « Le mystère Sherlock » m’avait déçue, autant j’ai aimé « Le grand n’importe quoi ». Comment décrire ce livre complètement farfelu (et très drôle) ?
Samedi 7 juin 2042 20h42 dans l’improbable village de Gourdiflot-leBombé,
- une fête d’anniversaire, soirée costumée avec culturistes
- une soucoupe volante
- un réfugié monégasque (déguisé en SpiderMan)
- des auteurs (ratés) de science-fiction
- Le dernier Bistrot avant la fin du monde
- J-Bob (ou Jean-Robert Rajonarimampianina), « un des premiers malgaches dépêchés en France après la révolution énergétique de 2026 »
- Des Homonymes Anonymes
- Le chat de Schrödinger
- Etc, etc..

« Le grand n’importe quoi » raconte vraiment une histoire avec tous ces éléments disparates (et quelques autres, je ne vais pas tout vous dire)
Enfin un livre qui fait rire et sourire. J’ai beaucoup aimé (et beaucoup ri).
Seul défaut, ça se termine trop vite, j’aurais dû le faire durer.

« Inquiet de nature et n'accordant qu'une confiance limitée à ses capacités physiques, Arthur faisait partie de ces gens qui n'aiment pas déambuler seuls en pleine nuit dans un village envahi par des extraterrestres. »

« Pendant près de quarante ans, le professeur Poyotte avait été l'un de ces inlassables chercheurs qui ont à coeur de rester fidèle à l'étymologie de leur activité en cherchant sans jamais, au grand jamais, trouver quoi que ce soit. »
Pas si loufoque que ça ! 8 étoiles

Jean-Marcel Erre (1971- ) est un écrivain français.
Ses romans, au rythme soutenu et à l'humour frisant l'absurde, sont une curiosité dans le paysage littéraire français.
"Le Grand N’importe quoi" parait en 2016 (Buchet-Chastel)

"Tout avait commencé, au soir du samedi 7 juin 2042, quand Arthur K. avait vomi sur sa fiancée.
Après avoir déambulé dans un village perdu en costume d'homme-araignée, il avait rencontré des extraterrestres qui avaient enlevé Alain Delon, il avait failli se faire exorciser par une vieille folle avant de s'habiller en prêtre pour prendre en stop sur son vélo la maire du village aux mains baladeuses. Pour couronner le tout, il était poursuivi par des culturistes costumés et courait le risque à tout moment de se prendre un coup de fusil. Arthur en tira une conclusion adressée à la cantonade dans les rues désertes: Mesdames, messieurs, nous nageons en plein grotesque."

Extrait qui pourrait résumer le roman si nous en abandonnions la lecture à la page 50.
C'est bien ce que j'ai failli faire, désabusé, consterné par tant de loufoqueries vides de sens.
Et, j'aurais fait là une terrible erreur.
J.M Erre passe rapidement la surmultipliée et fait alterner loufoque/humour scabreux avec du SENS.
Le sens de la vie, le poids de la littérature, l'intérêt de nos vies humaines, la prédestination.
Autant de thèmes "insérés" dans des tonnes de gags plus ou moins drôles.
J'avoue avoir été bluffé par ce court roman qui a bien failli me tomber des mains mais qui a trouvé un incroyable second souffle pour s'achever en apothéose.
Chapeau bas Mr J.M Erre !

Frunny - PARIS - 53 ans - 18 mai 2019


Soupe aux choux ? 9 étoiles

Le titre est particulièrement bien choisi ! C'est vraiment le grand n'importe quoi ! Un moment de grande rigolade assurée !
Samedi 7 juin, 20h42. Arthur K., écrivain de science-fiction non reconnu, ne sait pas que sa vie va changer quand il se rend avec son amie Framboise, à une soirée déguisée dans le petit village de Gourdiflot-le-Bombé. La fête commence mal : il se fait mettre dehors après avoir vomi sur sa fiancée. C'est cet acte qui va en entrainer une multitude d'autres…
J'avais lu le mystère Sherlock du même auteur l'an dernier et j'avais déjà apprécié la plume de l'auteur qui manie parfaitement l'humour et la progression de l'histoire avec une enquête en fond. Dans le grand n'importe quoi, c'est un peu la même chose, de l'humour, bien sûr mais aussi un mystère : que se passe-t-il dans ce trou perdu de Gourdiflot-le-Bombé* ? il y a des extraterrestres, des habitants un peu étranges, des Homonymes Anonymes… Un joyeux bazar qui donne un grand n'importe quoi.
J. M. Erre en profite pour se moquer de la présence toujours plus importante de la publicité à la télévision, des mystères de l'administration et de ses multiples redirections. Mais le top : Madagascar qui domine le monde, j'adore ! J'ai aimé aussi les petits clins d'oeil aux classiques de la science-fiction (Le guide du voyageur galactique par exemple).
L'auteur trimbale son lecteur dans tous les sens, on ne sait plus où donner de la tête. La fin m'a un peu étonnée mais elle est dans la lignée du roman. (Ce livre m'a un peu fait penser à Dévoiler le texte masqué pour ceux qui connaissent…) Il faut absolument que je relise cet auteur, j'adore son humour et ses histoires tordues. Une lecture à la croisée des genres !
*j'ai vérifié il n'y a pas de village se nommant Gourdiflot-le-Bombé (ouf, personne n'est vexé !). Sans doute une référence à La soupe aux choux où l'action se situe dans le hameau de Gourdiflot !

Shan_Ze - Lyon - 36 ans - 25 octobre 2016